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La pénurie de suppléants persiste dans les écoles du Nouveau-Brunswick

Des élèves en classe lèvent la main pour répondre à la question du professeur.

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le manque d'enseignants suppléants continue de se faire sentir, dans les écoles du Nouveau-Brunswick, et pousse même certains districts à lancer des appels aux parents pour trouver de la relève.

Au conseil scolaire francophone le plus important dans la province, le district Sud, le bassin de suppléants a fondu de près de moitié depuis l’an passé. De 430, il est passé à 250.

La pénurie est telle qu’elle oblige les directions d’école à faire « un peu de gymnastique » pour éviter de laisser des élèves sans surveillance, affirme Monique Boudreau, directrice générale du District scolaire francophone Sud.

« On doit demander à un autre membre du personnel s’il a une période de préparation, s’il peut prendre la classe, donc ça occasionne vraiment des problèmes, puis on doit respecter aussi la convention collective des enseignants… Ça veut dire qu’un enseignant ne peut pas superviser 50 élèves à l’intérieur d’une salle de classe. »

La directrice générale du district scolaire francophone Sud du Nouveau-Brunswick, Monique Boudreau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice générale du district scolaire francophone Sud du Nouveau-Brunswick, Monique Boudreau.

Photo : Radio-Canada

Parfois, les directeurs ou directrices d’école doivent eux-mêmes aller en salle de classe lorsqu’il n’existe aucune autre solution.

Appel à tous

Le district Sud est tellement à court de suppléants qu’il a lancé un appel aux parents, lors des réunions avec les parents tenues à l’occasion de la rentrée.

La situation inquiète l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick (AEFNB).

« On s’inquiète quant à la qualité de l’éducation qu’ils [les enfants] vont recevoir la journée où on n’a pas de suppléance, déclare Lucie Martin, présidente de l'association [...] Les enseignants qui doivent laisser tomber leur période de préparation ou qui doivent joindre plusieurs classes ensemble pour assurer un accompagnement à tous nos élèves, c’est certainement problématique. »

Lucie MartinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Lucie Martin entreprendra son mandat de présidente de l'AEFNB le 1er août.

Photo : Radio-Canada

Concurrence de l'immersion

La pénurie s’est aggravée depuis que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a ramené l’immersion française au niveau de la première année, dans les écoles anglophones de la province. Bien des enseignants francophones qui étaient à la recherche d’un emploi ont alors pu obtenir un poste à temps plein.

Autre facteur : de moins en moins d’étudiants choisissent la carrière d’enseignant. Il y a six ans, 150 diplômés sortaient de la Faculté de l'éducation de l'Université de Moncton. Le printemps dernier, 50 étudiants seulement ont reçu leur diplôme.

Le baccalauréat n'est pas exigé

Pour compenser, le district Sud est prêt à accepter, à des postes de suppléants, des candidats qui n’ont pas de diplôme universitaire, quitte à leur donner une formation.

« De la formation, des sessions d’orientation, même la possibilité de se rendre à l’école comme un stage, ça peut même être une journée d’orientation et cette personne-là va être capable de suivre un enseignant dès son arrivée à l’école, jusqu’à ce que les enfants quittent pour prendre l’autobus. On va tout leur expliquer au niveau de la sécurité, de la surveillance dans la salle de classe [...] »

Face à des exigences qui semblent avoir baissé à l'égard des candidats, les parents sont partagés. Dawn Després-Smyth, par exemple, aurait préféré que le baccalauréat reste de rigueur pour les suppléants.

« Je suis un peu surprise, honnêtement, parce que moi, je suppose, quand j’envoie mes enfants à l’école, qu’ils se retrouvent entre des mains compétentes, de gens qui ont passé à travers un bac en éducation [...] D’avoir de si bas standards pour des suppléants, ça me déçoit un petit peu. »

Une autre mère que nous avons rencontrée, Rosalba Santori, croit toutefois que les candidats qui ont fait des études universitaires partielles peuvent avoir des compétences suffisantes pour un poste de relève.

D'après des informations de Catherine Dumas

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