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Samuel Girard et Kim Boutin en toute humilité

Samuel Girard

Samuel Girard

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Ils ont remporté les sélections olympiques canadiennes (Nouvelle fenêtre), mais gardent les deux pieds sur terre à l'aube d'une saison qui les mènera à leurs premiers Jeux en février. Samuel Girard et Kim Boutin affichaient une confiance prudente, mercredi, deux jours avant leur départ pour Budapest, premier arrêt de la Coupe du monde de courte piste.

Un texte de Guillaume Boucher

Samuel Girard est à l’aise d’être étiqueté comme « le patineur à battre au Canada » à la lumière de ses performances aux essais olympiques : sept victoires en neuf épreuves. Mais ceux qui ont fini derrière lui, Charles Hamelin et Charle Cournoyer, « sont encore là et font encore de bonnes courses », fait-il remarquer.

« Gagner au niveau canadien, c’est un bel honneur, mais ça ne change rien au niveau international », ajoute-t-il.

Et à l’international, la prochaine saison transcendera les questions du genre : qui est le meilleur au Canada? Ce sera une affaire d’équipe. Dans les quatre Coupes du monde précédant les Jeux, l’enjeu sera de récolter un maximum de points pour donner un maximum de trois places au pays dans chacune des épreuves individuelles à Pyeongchang.

« Si je fais des 4es ou des 5es places, je ne serai pas déçu, dit Samuel Girard. Des podiums, on en veut tous, mais ce n’est pas l’objectif principal. »

Pour attaquer cette nouvelle saison, le patineur de 21 ans a encore en tête la leçon d’humilité qu’il a apprise l’an dernier avant de conclure sa saison avec l’argent au 1500 m et la 3e place au classement général des Championnats du monde.

« La saison dernière, j’ai vécu des émotions que je devais vivre avant les Jeux olympiques, raconte-t-il. J’ai commencé super fort avec deux médailles d’or et une d’argent à mes deux premières Coupes du monde. Les deux Coupes du monde suivantes, je suis peut-être arrivé trop confiant. Ç’a été mes moins bonnes compétitions de la saison.

C’était mauvaise décision par-dessus mauvaise décision. Je me suis remis en question, je me suis demandé ce qui n’était pas correct. J’en ai tiré une ligne directrice: même si ça va bien, il ne faut pas s’asseoir sur ses lauriers et penser que ça va être facile.

Samuel Girard, gagnant des essais olympiques canadiens de courte piste

Mieux gérer les imprévus

Kim Boutin non plus ne s’accroche pas au souvenir de sa victoire aux sélections olympiques, entre autres parce que deux de ses principales rivales, Marianne St-Gelais (Nouvelle fenêtre) et Valérie Maltais (Nouvelle fenêtre), se sont retirées de la compétition après avoir subi une commotion cérébrale. Le forfait de St-Gelais, avant même la première course, l’a déstabilisée.

« Compétitionner contre Marianne, ça amène de plus gros défis. Je suis contente d’avoir gagné les sélections, mais j’aurais aimé ça courser contre elle », dit-elle.

Les malheurs des autres aux sélections olympiques lui ont rappelé que les imprévus prennent beaucoup de place dans son sport. « S’entraîner fort, ce n’est pas tout », rappelle la patineuse de 22 ans.

Mieux gérer les imprévus est l’un des objectifs de sa saison qu’elle place sous le sceau de l’apprentissage. Elle veut aussi apprendre à mieux connaître ses adversaires, comment elles coursent, pour mieux pouvoir les défier.

En tant que « jeune qui expérimente encore », Kim Boutin pense pouvoir apprendre beaucoup des vétéranes de l’équipe, surtout de Marianne St-Gelais, quelqu’un sur qui elle peut s’appuyer dans cette saison olympique stressante.

« Je suis quelqu’un qui pose beaucoup de questions. Ça nous a permis de nous rapprocher Marianne et moi, explique la patineuse de Sherbrooke. Marianne est une fille qui déborde d’assurance. C’est plus difficile pour moi à ce chapitre. Juste par un regard avant un relais, par exemple, elle peut me calmer. Ce n’est rien de gros, de petites choses qui font en sorte que je suis plus posée. »

Kim Boutin Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Kim Boutin

Photo : fotosports.ca

Kim Boutin a remporté deux médailles l’an dernier en Coupe du monde, dont l’or au 1500 m à Dresde. Elle ne chiffre pas ses objectifs pour cette nouvelle saison, parce que ce qui compte à ses yeux dans sa route vers Pyeongchang, c’est son cheminement. Les sélections olympiques lui ont donné de bonnes bases pour construire.

« Dans ma tête, aux sélections olympiques, j’ai coursé comme si c’était les Jeux, explique-t-elle. J’essaie de garder le même état d’esprit pour la saison. »

Le plus difficile sera sans doute de doser ses énergies dans cette longue et atypique saison. Après avoir joué sa qualification olympique en août, elle doit avoir les jambes pour traverser quatre Coupes du monde à l’automne, puis arriver au sommet de sa forme à Pyeongchang en février.

Il y a quatre grosses compétitions qui s’en viennent. Je dois les prendre une après l’autre, garder les pieds sur terre. Ne pas mettre toutes mes énergies dans une compétition et ne plus en avoir ensuite.

Kim Boutin, gagnante des essais olympiques canadiens de courte piste

Patinage artistique

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