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L’alerte Amber, c’est quoi?

Environ 64 % des enfants disparus sont localisés en moins de 24 heures.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le bulletin de nouvelles est interrompu, des informations apparaissent sur les panneaux le long des routes : une alerte Amber vient d'être déclenchée. Qu'est-ce qui motive le lancement d'une telle alerte? Quelles sont les implications? Et au final, est-ce que l'alerte Amber, c'est utile? Explications.

L'alerte Amber est déclenchée rapidement lorsqu'un enfant disparaît et que l'on craint pour sa vie. Elle permet d'avertir la population par tous les moyens médiatiques possibles : radio, télévision, Internet, médias sociaux, téléphones, affichage dans les endroits publics comme les gares, les métros, les aéroports, les autoroutes, etc.

Son objectif est simple : diffuser de l'information le plus vite possible puisque chaque minute compte dans les cas d’enlèvements d’enfants.

Cet outil-là nous permet, en cas d’extrême urgence, d’avoir plus de personnes qui surveillent, ce qui peut faire la différence.

Vincent Rozon, commandant à la section des crimes majeurs du SPVM

Photo : iStock

Les renseignements diffusés décrivent l’enfant, le suspect et le moyen de transport utilisé.

Tous les citoyens sont invités à porter attention à ces descriptions, à ouvrir l'œil et à communiquer avec la police s’ils sont témoins de quelque chose qui se rapporte à l’alerte. Les gens peuvent appeler au 911, au 310-4141 ou au *4141 pour les cellulaires, ou peuvent encore communiquer avec leur police locale.

Au Québec, deux corps de police sont autorisés à déclencher une alerte Amber : le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et la Sûreté du Québec (SQ). La Gendarmerie royale du Canada (GRC) est partenaire du programme à travers le Canada.

Pour déclencher une alerte Amber, il faut que :

1. Les policiers aient des motifs raisonnables de penser qu’un enfant a été victime d’un enlèvement.
2. Les circonstances montrent que l’enfant risque de subir des lésions corporelles graves ou qu'il est en danger de mort.
3. Les policiers possèdent assez d’informations sur l’enfant, le suspect et le véhicule pour que la diffusion immédiate du message les aide à retracer l’enfant.

Le temps compte

La diffusion de l’alerte est d’une durée minimale de cinq heures, à compter de son activation auprès des partenaires médiatiques et associés. Si l’alerte est activée après 21 h, elle devra être diffusée minimalement jusqu’à 9 h le lendemain. Sa durée dépend des circonstances entourant l’enlèvement et varie d’un incident à l’autre. Dans la plupart des cas, cette durée ne dépasse pas cinq heures.

À titre d'exemple, à Radio-Canada, des alertes sont diffusées sur les téléphones cellulaires, sur le site web, à la radio et à la télévision (sous forme de bande défilante) pendant les deux heures suivant leur déclenchement. Après cette période, l’intérêt public dicte la suite de la couverture.

Identifier ou pas l’enfant

Lors du lancement d’une alerte, le prénom et le nom de l’enfant sont publiés afin de permettre de le retrouver le plus rapidement possible. Toutefois, lorsque l’alerte est terminée, les médias doivent taire son identité afin de respecter son droit à la vie privée. À partir de ce moment, les téléjournaux, les médias sociaux, et les articles doivent désormais parler de « l'enfant enlevé » sans donner son prénom, ni son nom.

Un acronyme, trois significations

A.M.B.E.R signifie en français « Alerte médiatique, but : enfant recherché ».
A.M.B.E.R vient initialement de l'acronyme de l'anglais « America's Missing: Broadcast Emergency Response »

Cette alerte a d’abord été nommée ainsi en l'honneur d'une jeune Américaine de neuf ans, Amber Hagerman, qui fut enlevée et tuée au Texas en 1996. À l’époque, un voisin avait donné la description du suspect et du véhicule ayant servi à enlever la fillette, mais celle-ci avait été retrouvée morte quatre jours plus tard. Son meurtrier n’a jamais été identifié.

Cette histoire avait mené le Congrès américain, le 30 avril 2003, à adopter l'AMBER Alert Bill pour assurer l'application uniforme de l'alerte dans tous les États.

Photo : Getty Images / Alex Wong

Au Québec, le système d'alerte Amber a été instauré le 26 mai 2003.

L'Alberta a été la première province canadienne à adopter ce programme, à la fin de 2002.

Toutes les autres provinces ont maintenant en place un système d'alerte Amber. À ce jour, 105 alertes ont été déclenchées à travers le pays. La plupart des enfants ont pu être sauvés, mais quatre ont été retrouvés sans vie.

 

Justice et faits divers