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La police du Grand Sudbury revoit des plaintes jugées sans fondement d'agressions sexuelles

La police du Grand Sudbury

La police du Grand Sudbury rouvre des dossiers d'agressions sexuelles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La police du Grand Sudbury rouvre des dossiers d'agressions sexuelles. Elle s'était engagée en mars à entreprendre un examen complet de la manière dont les policiers traitent, enquêtent et déclarent les allégations d'agression sexuelle de la part de membres de la communauté.

Un texte de Sophie Houle-Drapeau

C'est à la lumière de la série d'articles « Unfounded » du Globe and Mail que la police a décidé d'éplucher les dossiers de plaintes d'agression sexuelle (Nouvelle fenêtre)classées comme non fondées de 2010 à 2016.

Le quotidien révélait en février que ce taux était de 33 % dans la capitale du nickel.

Après une révision interne, la police du Grand Sudbury en vient à la conclusion que le taux exact s'élève à 7 %.

Un comité externe composé de cinq représentants d'organismes œuvrant auprès des victimes a aussi passé en revue une partie des dossiers.

Le pourcentage avancé par la police du Grand Sudbury en conférence de presse mercredi représente les cas où la police peut prouver hors de tout doute que l'agression sexuelle n'a pas eu lieu.

« Ce sont souvent des cas rapportés par une tierce partie qui s'avère sans fondement », précise le détective responsable de la révision interne, Jordan Buchanan.

M. Buchanan donne l'exemple d'un enseignant qui alerte la police après avoir entendu une conversation entre deux jeunes en croyant que l'un d'eux a été agressé.

Les policiers découvrent alors qu'ils discutaient d'un film et que le jeune en question n'a pas été victime d'agression sexuelle.

Les autres cas toujours sous la loupe

Dans les autres cas, le chef de police parle d'un manque d'informations pour poursuivre les procédures.

Paul Pedersen indique que la majorité des enquêtes aurait dû demeurer ouverte malgré le peu de preuves plutôt que d'être fermées et déclarés sans fondement.

Paul Pedersen, chef de police du Grand Sudbury

Paul Pedersen, chef de police du Grand Sudbury

Photo : Radio-Canada

« Il existait une certaine confusion autour de la définition de ce qui devait entrer dans la catégorie sans fondement », soutient-il.

Paul Pedersen assure que ces cas font toujours l'objet d'examens approfondis afin de s'assurer que les procédures ont été respectées.

La police cherche notamment à savoir si tous les témoins ont été interrogés et si toutes les preuves possibles ont été recueillies.

En cas de manquements, la police rouvrira les enquêtes et pourrait porter des accusations.

Un dialogue s'ouvre

Affirmer qu'il s'agit d'une simple erreur de classification est « un peu décourageant » aux yeux de la directrice générale du centre Victoria pour femmes.

Gaëtane Pharand croit que cela éveille un peu de scepticisme ce qui n'aide pas à améliorer la confiance des victimes à dénoncer les agressions sexuelles.

Gaëtane Pharand, directrice générale du centre Victoria pour femmes

Gaëtane Pharand, directrice générale du centre Victoria pour femmes

Photo : Radio-Canada / Sophie Houle-Drapeau

Mme Pharand qui siège au comité externe de révision d'une partie des dossiers demeure toutefois satisfaite du dialogue qui s'ouvre avec la police du Grand Sudbury.

Là, on veut voir comment ça va se transformer en meilleures pratiques. Donner de meilleures formations aux policiers qui reçoivent les victimes et qui doivent enquêter

Gaëtane Pharand, directrice générale du centre Victoria pour femmes

Cette oreille attentive des policiers sudburois aux commentaires des organismes qui travaillent directement avec les victimes, ne se trouve pas dans toutes les communautés, soutient-elle.

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