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Procès pour terrorisme : un autocuiseur saisi chez la famille de l'accusée

Un croquis de cour de Sabrine Djermane et d'El Mahdi Jamali
Un croquis de cour de Sabrine Djermane et d'El Mahdi Jamali Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Trois jours après l'arrestation de deux étudiants soupçonnés de terrorisme en 2015, les policiers ont découvert un autocuiseur dans la résidence de la famille de la jeune femme. Cet appareil était mentionné dans une recette pour fabriquer une bombe, retrouvée chez le couple, a-t-on appris mardi lors du procès au palais de justice de Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

L'autocuiseur de neuf litres a été trouvé sur la tablette d'une garde-robe dans le salon des parents de Sabrine Djermane, sur la 15e avenue, à Montréal, le soir du 17 avril 2015.

Le caporal Gilles de l'Étoile, de l'Équipe intégrée de la sécurité nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), a expliqué aux jurés que l'appareil était toujours enveloppé dans du plastique, à l'intérieur de sa boîte, et semblait neuf.

Un autocuiseur à l'intérieur de sa boîte qui a été trouvé chez la famille de Sabrine Djermane.L'autocuiseur qui a été trouvé chez la famille de Sabrine Djermane. Photo : Photo fournie par la cour

Questionné à savoir si le marathon de Boston avait été évoqué lors de la perquisition, le policier a affirmé ne pas s'en souvenir.

Les avocats des accusés ont fréquemment posé cette question aux policiers pendant les contre-interrogatoires, depuis le début du procès la semaine dernière.

Au printemps 2015, Sabrine Djermane, 18 ans, louait depuis peu un condo avec son petit ami El Mahdi Jamali sur l'avenue Aird à Montréal. C'est là qu'une recette manuscrite pour fabriquer une bombe avec un autocuiseur a été saisie par les policiers sur une table de chevet.

La recette manuscrite pour fabriquer une bombe à l'aide d'un autocuiseur qui a été saisie par les policiers.La recette pour fabriquer une bombe à l'aide d'un autocuiseur qui a été saisie par les policiers. Photo : Photo fournie par la cour

Selon le ministère public, les indications avaient été recopiées mot à mot par l'étudiant de 18 ans à partir d'une recette de bombe d’Al-Qaïda.

Une troisième perquisition, cette fois dans la chambre d'El Mahdi Jamali chez ses parents, rue Louvain à Montréal, a permis aux policiers de mettre la main sur un sac de plastique du magasin Dollarama contenant d'autres éléments mentionnés dans la recette, notamment des clous, de la colle, des piles et du ruban adhésif.

Un sac de plastique du magasin Dollarama qui contient notamment des clous, de la colle, des piles et du ruban adhésif.Le sac de plastique qui a été trouvé chez El Mahdi Jamali. Photo : Photo fournie par la cour

Perquisition au Collège de Maisonneuve

Deux jours après l'arrestation du couple, le casier qu'il partageait au Collège de Maisonneuve a fait l'objet d'une perquisition en pleine nuit afin de « minimiser l'impact médiatique » et assurer la sécurité.

Selon la sergente-détective Michèle Beaudoin de la GRC, des experts en explosifs ont fait des prélèvements à l'intérieur du casier et des objets ont été saisis. Aucune information n'a encore été révélée au jury sur le résultat des expertises.

Sabrine Djermane, 21 ans, et El Mahdi Jamali, 20 ans, sont détenus depuis leur arrestation le 14 avril 2015. L'enquête à leur sujet a débuté quatre jours plus tôt, après que la sœur de la jeune femme a fait un signalement aux policiers. Elle craignait que le couple se soit radicalisé.

El Mahdi Jamali et Sabrine DjermaneEl Mahdi Jamali et Sabrine Djermane Photo : Courtoisie

Le ministère public veut démontrer que les deux étudiants avaient la ferme intention de se rendre en Syrie pour se joindre au groupe armé État islamique, et qu'ils avaient accumulé du matériel destiné à fabriquer des bombes.

Ils sont accusés d'avoir tenté de quitter le Canada en vue de commettre un acte terroriste à l'étranger, de possession d'une substance explosive, d'avoir facilité un acte terroriste et d'avoir commis une infraction au profit d'un groupe terroriste.

Le procès se poursuit mercredi.

Justice et faits divers