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Masculin, féminin : les femmes luttent pour l’égalité cinématographique

Les femmes luttent pour l’égalité cinématographique
Radio-Canada

L'absence des femmes derrière la caméra, non seulement sur le plan créatif, mais aussi sur le plan technique, est un problème inhérent à l'industrie du cinéma depuis sa naissance. À Winnipeg, le Winnipeg Film Group cherche à changer cette réalité avec le Women's Film and Video Network.

Un texte de Rosalie Loiselle

C’est lors d’une table ronde au festival Reel Pride, en 2015, que Monica Lowe, distributrice pour le Winnipeg Film Group, a eu l’idée de créer ce réseau. Il sert aux femmes manitobaines qui travaillent dans l’industrie du cinéma à se rassembler pour discuter de ce qu'elles vivent, échanger de l’information et former des liens professionnels. Selon Monica Lowe, c’est un endroit agréable où les femmes n’ont pas à craindre de ne pas avoir assez de connaissances sur l’industrie : « Le réseau encourage l’appui et la communauté, et pousse pour que les femmes s’aident entre elles. »

Toutes les questions sont encouragées, et le but est de créer une atmosphère propice à l’apprentissage. Monica Lowe dit qu'un grand nombre des femmes qui sont déjà venues à ces rencontres dans le passé estimaient ne pas savoir quelle serait leur prochaine étape professionnelle et ne se sentaient pas toujours à l’aise dans des environnements de travail majoritairement masculins.

Les femmes sous-représentées

Selon une recherche datant de 2015, réalisée par le groupe Women in View, au cours des années 2013 et 2014, dans les 91 longs métrages financés par l’organisme fédéral Téléfilm Canada, seuls 17 % étaient réalisés par une femme, 22 % avaient été scénarisés par une femme et seulement 12 % avaient une directrice photo.

Dans les films financés par Téléfilm Canada et produits dans l’Ouest canadien, 14 % de femmes agissaient comme réalisatrices (3 sur 21), 18 % comme scénaristes (5 sur 28), et 13 % comme directrices photo (3 sur 23).

Il est important de noter que, selon les recherches de Women in View, « plus l’investissement est important, plus grande est la disparité entre hommes et femmes à la réalisation ». La majorité des réalisateurs recensés dans cette étude ont travaillé sur des projets avec des budgets de plus de 1 million de dollars, alors que la majorité des réalisatrices travaillaient sur des projets de moins de 1 million de dollars.

 
 

« On a besoin d’avoir des hommes qui travaillent avec nous. »

Jennifer Smith, distributrice de Video PoolJennifer Smith, distributrice de Video Pool Photo : Radio-Canada

Jennifer Smith, distributrice du Video Pool Media Arts Centre, à Winnipeg, travaille souvent avec des femmes dans les domaines du film et de la vidéo. Elle estime que cela ne suffit pas de dire qu’on veut l’égalité dans l’industrie du cinéma: « Ce n’est pas assez. On a besoin d’avoir des hommes qui travaillent avec nous. »

Danielle Sturk, une réalisatrice manitobaine, croit que la solution est d’avoir plus de mentorat pour les filles qui veulent entrer dans l’industrie du septième art. C’est un problème qui commence dès l'enfance, dit-elle. « Je vois encore dans notre système scolaire qu’on apprend aux jeunes filles à être parfaites, à s’assurer que tout est prêt avant d’avancer, à peut-être prendre moins de risques. Avec les garçons, très jeunes, on les encourage à prendre des risques, à sauter du sofa, à essayer de nouvelles choses, et je vois ça dans les jeunes cinéastes. Je vois énormément d’hommes qui ne se questionnent pas, qui ont leurs idées et qui foncent. »

Les organismes de financement gouvernementaux sont aussi d’accord sur le fait qu’il doit y avoir des efforts concrets pour continuer à faire avancer les femmes dans le monde du cinéma. Selon l’étude de Women in View en 2015, Téléfilm Canada a annoncé qu'il souhaitait créer une série de films qui représentent de façon plus précise la population canadienne d’ici à 2020.

Danielle Sturk, réalisatrice manitobaineDanielle Sturk, réalisatrice manitobaine Photo : Radio-Canada

Le groupe Women in Film + Television Vancouver estime, lui, que l’initiative de Téléfilm Canada est trop vague. Le groupe estime que l’organisme doit se fixer des objectifs beaucoup plus spécifiques et rechercher une représentation complètement égale entre les hommes et les femmes dans les projets qu’il finance. Danielle Sturk est d'accord : « Je crois que cela devrait être appuyé par une somme d’argent et que les chiffres soient là. »

D’après la réalisatrice Manitobaine, le Women’s Film and Video Network est un véhicule pour permettre aux femmes de s’encourager et d’échanger idées et ressources. « Je pense que c’est le moment pour les femmes de faire des films et d'ouvrir grand la porte et de prendre leur place », dit-elle.

La première rencontre de l’année du Women’s Film and Video Network aura lieu le mercredi 20 septembre au Winnipeg Film Group.

Manitoba

Cinéma