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Les néonicotinoïdes menacent aussi la vie aquatique, selon des chercheurs

Des poissons nagent dans l'océan
Les néonicotinoïdes menacent également les invertébrés marins et les poissons des eaux côtières de l'Atlantique, selon des chercheurs. Photo: ICI Radio-Canada
Radio-Canada

Les néonicotinoïdes, ces insecticides connus comme des « tueurs d'abeilles », ont des effets néfastes non seulement sur les pollinisateurs, mais aussi sur les invertébrés marins et les poissons des eaux côtières de l'Atlantique, selon des chercheurs.

Un texte de François Pierre Dufault

Des scientifiques de plusieurs pays se sont rassemblés à Ottawa, mardi, dans l'espoir de convaincre les parlementaires que les néonicotinoïdes utilisés dans l'agriculture menacent les fondations de la biodiversité, voire la santé humaine.

Ces scientifiques forment un groupe de travail au sein de l'Union internationale pour la conservation de la nature. Ils ont publié en 2015 un examen exhaustif de plus de 1100 recherches révisées par des pairs sur les néonicotinoïdes.

Une mise à jour du rapport a été rendue publique mardi.

Les néonicotinoïdes, aussi appelés « neonics », sont des pesticides à base de nicotine utilisés couramment par les agriculteurs pour éradiquer les insectes comme les pucerons, les tétranyques, les limaces et les punaises, autant dans les champs de grandes cultures que dans les vergers.

« Ce qu'on a découvert, c'est qu'il y a des impacts non seulement sur les invertébrés pollinisateurs, mais [...] lorsque les pluies arrivent, ces insecticides qui sont très persistants sont lessivés et finissent dans les cours d'eau [...] où ils ont un impact très important sur les invertébrés aquatiques », explique le chercheur Jean-Marc Bonmatin, du Centre national de la recherche scientifique en France, et vice-président du Groupe de travail sur les pesticides systémiques.

L'exemple européen

Depuis 2013, l'Union européenne interdit l'utilisation des trois néonicotinoïdes les plus populaires dans tous les champs qui attirent les abeilles et elle prévoit élargir l'interdiction à d'autres cultures. La France se prépare à bannir complètement la substance du pays dès l'an prochain.

Le Groupe de travail sur les pesticides systémiques demande à Ottawa et aux provinces d'emboîter le pas à l'Europe et d'interdire les néonicotinoïdes.

Les néonicotinoïdes utilisés au Canada sont entre 5000 et 10 000 fois plus toxiques que ne l'était le DDT qui a été interdit dans les années 1970.

Jean-Marc Bonmatin, vice-président du Groupe de travail sur les pesticides systémiques

Le chercheur Jean-Marc Bonmatin dit qu'en Europe, les agriculteurs et les scientifiques n'ont observé aucune baisse substantielle des récoltes depuis que les néonicotinoïdes y ont été bannis, il y a quatre ans.

L'Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire de Santé Canada a conclu qu'un des trois néonicotinoïdes les plus communs, l'imidaclopride, devrait être complètement banni. Il est cependant peu probable qu'Ottawa prenne une décision finale à ce sujet avant encore un an.

L'Ontario a commencé à imposer des limites d'utilisation de néonicotinoïdes en 2015, mais seulement pour le maïs et les fèves de soya. Le Québec a proposé une réglementation similaire plus tôt cette année.

Aucune des quatre provinces de l'Atlantique n'a pour l'instant légiféré sur l'utilisation des néonicotinoïdes.

Avec des informations de La Presse canadienne

Environnement