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Nouveau siège social d'Amazon : tout n'est pas rose

Un bout d'emballage en carton avec un grand logo d'Amazon imprimé dessus
Une boîte de livraison d'Amazon Photo: Reuters
Radio-Canada

Alors que les principales villes canadiennes compétitionnent pour tenter d'obtenir un nouveau siège social du géant du commerce en ligne, des voix s'élèvent à Seattle pour dénoncer certains inconvénients liés à l'arrivée d'Amazon.

Un texte de Nicolas PhamTwitterCourriel 

L’arrivée dans une région métropolitaine d’un géant tel qu’Amazon, et d’une véritable armée d’employés qualifiés dont le salaire moyen atteint les 100 000 $, promets de chambouler plusieurs secteurs. Et rapidement.

C’est ce qui s’est produit à Seattle, où le siège social actuel de la compagnie emploie 40 000 personnes.

Margaret O’Mara, professeure d’histoire à l’Université de Washington, étudie les villes et l’industrie de la technologie.

Amazon a grandi tellement rapidement… en amenant de plus en plus de résidents, et des résidents fortunés.

Margaret O’Mara, professeure d’histoire, Université de Washington

Elle explique que puisque la compagnie est située directement au centre-ville, l’expansion du géant a eu « un impact immédiat sur la circulation, le logement et la dynamique urbaine de la ville ».

Nombre d’édifices : 33. Employés : environ 40 000. Emplois indirects : environ 50 000. Restaurants : 24. Investissement en immobilisation : 3,7 milliards $ US. Coûts d’exploitation : 1,4 milliard $ US. Salaires : 25,7 milliards $ US. Nuités dans des hôtels : 233 000. Montant versé au système de transport en commun pour les déplacements des employés : 43 millions US $Agrandir l’imagePrincipaux chiffres d'Amzon à Seattle Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

« Seattle était déjà aux prises avec des problèmes liés au transport avant l’arrivée d’Amazon, poursuit-elle. Le marché immobilier était déjà saturé et les membres de la classe moyenne avaient de plus en plus de difficultés à résider au centre-ville ».

Selon Margaret O’Mara, la croissance exponentielle d’Amazon a donc exacerbé ces problèmes auxquels Seattle était déjà confrontée.

Beaucoup de gens sont frustrés de ce que Seattle est devenue et ils blâment Amazon.

Margaret O’Mara, professeure d’histoire, Université de Washington

Hausse des plaintes

Violet Lavatai, qui représente l’Association des locataires de l’État de Washington, fait écho aux observations de la professeure.

Elle dit constater une hausse du nombre des plaintes concernant l’augmentation des loyers et du nombre de locataires qui peinent à se trouver un logement.

Les employés de la technologie font beaucoup d’argent. Leur arrivée et celle des promoteurs étrangers qui en profitent font monter le prix des loyers. C’est inacceptable.

Violet Lavatai, Association des locataires de l’État de Washington

Violet Lavatai affirme que son association s’adresse en ce moment à la Ville de Seattle pour tenter de trouver une solution.

Ce que Seattle vit en ce moment, ce sont aussi les conséquences d’un boom qui est positif, ce sont les conséquences d’autant de prospérité.

Margaret O’Mara, professeure d’histoire, Université de Washington

La Ville de Seattle comblée

Du côté de la municipalité, on fait l’éloge du géant du commerce en ligne.

Rebecca Lovell, du Bureau du développement économique de Seattle, affirme que la Ville est « reconnaissante de la présence transformatrice d’Amazon, qui est un moteur économique important, un partenaire dans la communauté et un champion de l’innovation ».

Amazon attire et développe le talent et pousse les entreprises en démarrage. Elle a fait de Seattle sa demeure, son laboratoire d’innovation et un tremplin pour l’emploi local et international.

Rebecca Lovell, Bureau du développement économique de Seattle

Citant une croissance soutenue, Amazon a annoncé le 7 septembre qu’elle était à la recherche d’une région métropolitaine en Amérique du Nord afin d’y établir un deuxième siège social, qui sera au moins aussi important que celui construit progressivement à Seattle au cours de la dernière décennie.

Vancouver, Toronto, Montréal, et Calgary ont entre autres annoncé leur intention de présenter leur candidature.

La compagnie, qui emploie 380 000 personnes dans le monde, compte en engager près de 50 000 de plus pour travailler dans ses nouveaux locaux, dont la construction représentera des investissements pouvant dépasser les cinq milliards de dollars américains.

Windsor

Économie