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Combattre un incendie dans la « station secrète » du métro

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un wagon du métro de Montréal dans la « station secrète »

La STM a un centre d'entraînement unique en son genre pour prendre part à des simulations presque aussi vraies que nature.

Photo : Radio-Canada / Vincent Maisonneuve

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Endroit clos, le métro de Montréal peut devenir problématique en cas d'urgence, comme le déclenchement d'un incendie. C'est pourquoi les opérateurs doivent tous passer par un centre d'entraînement unique en son genre pour prendre part à des simulations presque aussi vraies que nature. Visite de la station la moins connue du métro de Montréal.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Une forte détonation, de la fumée se dégage de la troisième voiture de la rame. « Priorité, priorité! » L’opérateur du train sonne l’alerte. Nous sommes dans le centre d’entraînement de l’unité de prévention des incendies de la Société de transport de Montréal, en quelque sorte la « station secrète » du métro.

Pour y pénétrer, on doit se rendre en plein milieu d’un parc, devant un bâtiment à peine plus grand qu’un cabanon. Une fois à l’intérieur, nous descendons trois étages sous terre pour arriver dans une réplique grandeur nature d’un segment de la ligne orange. Derrière les tourniquets se trouvent un bout de station et un tunnel long d’une cinquantaine de mètres.

On appelle ça la 69e station secrète du métro de Montréal.

Éric Gagnon, inspecteur formateur de la section de prévention des incendies à la STM

L’endroit est gardé secret par mesure de sécurité. Aujourd’hui, pour réussir son examen final, l’opérateur Billy Yu doit démontrer qu’il sait comment réagir si le feu prend dans le métro.

Simulation d'incendie à l'intérieur du métro de MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les opérateurs du métro de Montréal doivent réagir rapidement en cas d'incendie dans un tunnel.

Photo : Radio-Canada / Vincent Maisonneuve

M. Yu s’installe dans la cabine de pilotage. Quelques secondes plus tard, on entend une importante détonation. Un pneu vient d’éclater. Le train n’avance plus et une épaisse fumée se dégage de la voiture arrière. L’opérateur prévient la salle de contrôle, qui lui ordonne de couper le courant.

Les informations que Billy Yu doit relayer doivent être claires et précises. Les pompiers de la STM veulent rapidement savoir où se déployer et, surtout, comment activer le puissant système de ventilation, car il faut repousser la fumée dans le bon sens pour permettre l’évacuation des passagers. Une fois l’évacuation terminée, l’opérateur tente de maîtriser le brasier en activant un des boyaux installés dans le tunnel.

Éric Gagnon au centre de commandes, micro à la mainAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éric Gagnon, inspecteur formateur de la section de prévention des incendies à la STM

Photo : Radio-Canada / Vincent Maisonneuve

L'opérateur ne sera pas seul longtemps. Mais, dans les premières minutes, son intervention est cruciale. L'opérateur a des tâches très précises à faire. Ce n'est pas quelque chose qui se passe à toutes les semaines. C’est très peu probable, mais c’est possible. On préfère former l'opérateur à agir en conséquence.

Éric Gagnon, inspecteur formateur de la section de prévention des incendies à la STM

Évidemment, la simulation se déroule dans un environnement contrôlé. La fumée n’est pas toxique et des torches de sécurité, utilisées lors d’accidents de la route, simulent le brasier.

Lors d'une simulation. un opérateur tente d'éteindre un incendie dans le métro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Après l'évacuation des passagers, l'opérateur doit tenter d'éteindre le brasier.

Photo : Radio-Canada / Vincent Maisonneuve

Néanmoins, l’exercice reproduit fidèlement les circonstances qui ont mené au violent incendie de 1971, le pire de l’histoire de la société de transport. Le feu avait éclaté à la station Henri Bourassa. En l’absence d’une ventilation adéquate, l’épaisse fumée empêchait les pompiers d’approcher du brasier. L’opérateur avait péri dans les flammes. Il a fallu, à l’époque, plus de 30 heures pour maîtriser l’incendie. Une tragédie qui a fait des dégâts évalués à plus de 30 millions de dollars, en dollars d’aujourd’hui.

Billy Yu n’aura peut-être jamais à faire face à une telle situation, mais l’opérateur juge néanmoins nécessaire de bien s’y préparer. « Ça nous apporte de la confiance dit-il. Dans le cas d'une évacuation, on sait ce qu’il faut faire. »

La STM est, en Amérique, l’une des rares sociétés de transport à disposer d’un tel simulateur. En plus des opérateurs, on y entraîne l’ensemble des pompiers de Montréal. On peut y reproduire 2500 scénarios d’urgences. Un centre de formation pour se préparer au pire et éviter une tragédie.

Incendie survenu dans le métro de Montréal en 1971Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En 1971, un incendie éclate à la station Henri Bourassa. Les pompiers mettront 30 heures à éteindre le brasier.

Photo : STM

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