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La crise des Rohingyas ressemble à un « nettoyage ethnique », dit Freeland

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Feeland lors d'une manifestation à Toronto.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Feeland lors d'une manifestation à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, affirme que le gouvernement est très inquiet du sort de la minorité musulmane au Myanmar et assure qu'il parlera en son nom à l'Assemblée générale des Nations unies, la semaine prochaine.

Le Canada demandera aussi l'accès à l'État du Rakhine que des milliers de Rohingyas ont été forcés de fuir, a dit Chrystia Freeland après avoir admis pour la première fois lors d’une manifestation à Toronto organisée par Burma Task Force que les violences perpétrées contre la minorité musulmane ressemblent à un nettoyage ethnique.

« Selon ce qui est rapporté, cela ressemble beaucoup à un nettoyage ethnique et ce n’est pas acceptable », a dit la ministre.

« Ce n’est pas acceptable pour les Canadiens et je suis très fière que des Canadiens fassent entendre leurs voix ici au Canada. »

— Une citation de  Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères
Des manifestants à Toronto
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Les manifestants étaient nombreux

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Le rassemblement était l’un des deux organisés dans la Ville Reine samedi où des centaines de manifestants ont demandé la fin des violences contre les Rohingyas.

La puissante armée du Myanmar est accusée d'avoir incendié les maisons de quelque 400 000 musulmans, les forçant à fuir vers le Bangladesh en tant que réfugiés.

L’autre manifestation avait été organisée devant Queen’s Park.

L'un des participants, Farid Ullah a raconté avoir fui son pays pour s'établir au Canada, il y a une dizaine d'années. Il vient d'apprendre que dans son village d'enfance tout a été brûlé et que les habitants ont été tués par balles, incluant des membres de sa famille.

 

Alerter la communauté internationale

L’ONG Human Rights Watch qui a dévoilé des images satellites montrant environ 700 maisons brûlées dans un village rohingya presse le gouvernement du Myanmar de permettre à des observateurs indépendants d’entrer dans le pays.

Chrystia Freeland a promis que le Canada dénoncerait la situation lors de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine. La dirigeante de facto du pays et prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, a annoncé plus tôt cette semaine qu’elle ne s’y rendrait pas. Elle a fait l'objet de nombreuses critiques pour ne pas avoir dénoncé les violences contre les Rohingyas.

Des inquiétudes

La conseillère municipale, Kristyn Wong-Tam qui était présente à l'un des rassemblements à Toronto a expliqué que pour elle le problème était « personnel ».

« En tant que bouddhiste, je peux vous dire que je suis très inquiète, très inquiète que les gouvernements birmans osent se servir de la religion pour persécuter une autre minorité religieuse, a-t-elle affirmé. Je ne peux pas imaginer quelqu’un qui se dit bouddhiste, un pays à majorité bouddhiste, dire que ça représente les valeurs de notre philosophie, notre croyance, notre religion. »

« Ce qui se passe dans l’État du Rakhine pour les Rohingyas ne représente pas le bouddhisme que je connais. »

— Une citation de  Krystin Wong-Tam, conseillère municipale de Toronto
Les conseillers municipaux Krystin Wong-Tam et Neethan Shan à sa gauche.
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Les conseillers municipaux Krystin Wong-Tam et Neethan Shan à sa gauche.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

Le problème est aussi personnel pour le conseiller Neethan Shan qui a raconté avoir lui-même fui un pays situé près du Myanmar.

« J’ai échappé à un génocide au Sri Lanka, en tant que Tamoul… Je me souviens des politiciens qui venaient et qui disaient une chose lors des rassemblements, mais qui ne faisaient rien lorsqu’il le fallait », a-t-il dit.

« J’y suis retourné cette année et lorsque j’ai touché le sol où des dizaines de milliers de personnes sont mortes en quelques jours, je me suis souvenu du silence du gouvernement canadien. En tant que politicien, je dis ceci : c’est à nous de faire agir les politiciens. »

Avec des informations de Philippe de Montigny

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