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Gabe Langlois, une joie de vivre à partager

Gabriel "dancing Gabe" Langlois

Photo : Radio-Canada / Bertrand Savard

Radio-Canada

Gabriel Langlois, alias « Dancing Gabe », est une personnalité des plus marquantes. Depuis presque 30 ans, ses danses lors des matchs des équipes sportives professionnelles de Winnipeg ravissent le public. Ayant reçu un diagnostic d'autisme à l'âge de 3 ans, son histoire en est une de persévérance, de tolérance et de joie de vivre.

Né en 1963, Gabriel « Gabe » Langlois est le troisième de six enfants. Ses parents ont vite constaté que quelque chose n’allait pas : le petit ne fixait pas les gens du regard et n’a pas marché avant son troisième anniversaire.

Son frère Richard et sa soeur Claudette se souviennent de cette période. « Ça lui a pris pas mal d’années avant de commencer à parler. La seule personne qui ne perdait pas espoir était ma mère », explique Richard Langlois.

L'enfant reçoit par la suite son diagnostic : il est autiste, une condition peu connue à l’époque.

Un choix difficile

Ami de la famille et surtout de la mère de Gabe Langlois, aujourd’hui décédée, Daniel Perron a écrit un livre sur la vie de la vedette improbable.

Gabe avait beaucoup de problèmes de comportement. Il n’aimait pas les bruits, se mettait les mains sur les oreilles, se jetait à terre, criait, faisait des crises. […] Il n'a pas parlé avant l'âge de 10 ans.

Daniel Perron, auteur, « Dancing Gabe: One Step at a Time »

Angélina Langlois tenait à élever son fils à la maison, mais quand elle commence à éprouver des problèmes de santé, s’occuper de son fils autiste devient de plus en plus difficile.

« Le spécialiste lui a dit : “Écoutez, Mme Langlois, si vous ne placez pas Gabe, ça va être vos six enfants dont vous ne pourrez plus vous occuper” », relate M. Perron.

En 1969, à contrecoeur, les Langlois décident de placer l'enfant dans un centre psychiatrique à une heure de route de Winnipeg.

Des soins novateurs

« Le cheminement auquel on s’attendait dans ces années-là, c’était qu’on l’envoie à l’institution psychiatrique et que, bon, il n’en sorte jamais », raconte Daniel Perron.

Par chance, un projet pilote vient tout juste d’être mis en place, qui a pour but de faciliter la réintégration communautaire des patients, un concept novateur en santé mentale.

Peu de temps après son arrivée au Centre de développement de Portage-la-Prairie, Gabe Langlois est placé dans l’une des résidences abritant le programme spécial. « Gabe, [en] son temps, a reçu les services, la formation, l’attention dont il avait besoin pour se développer », soutient M. Perron.

À l’âge de 9 ans, il est transféré en famille d’accueil dans le village de Treherne, où il fréquente une école publique et se retrouve dans la classe d’une religieuse qui était une bonne amie de Mme Langlois.

« Après deux ans, elle a téléphoné à Mme Langlois, puis lui a dit : “Moi je suis convaincue que Gabe est prêt à retourner chez lui”. Quand il est revenu chez lui, je sais que Mme Langlois s’est engagée et a dit à Gabe : “Je ne te laisse plus jamais partir” », confie l’ami des Langlois.

Un point tournant

Quelques années plus tard, le père de Gabe Langlois s'éteint. Tous ses enfants héritent de son grand amour pour le sport. Les frères de Gabe Langlois pratiquent plusieurs sports, mais le Winnipégois ne semble pas avoir le même talent athlétique que les autres membres de sa famille.

En 1984, il se rend à son premier match de football : les Blue Bombers de Winnipeg affrontent les Argonauts de Toronto. Au milieu du match, durant une pause musicale, il se lève et se met à danser.

Je voulais faire plaisir aux partisans. […] Ça les a comme rendus fous! [Je me sentais] tellement bien. C’était extraordinaire!

Gabe Langlois

« Quand la musique jouait, il dansait et les partisans l'encourageaient. C’était si fantastique de voir son visage, comme il était heureux. Il voyait les partisans comme étant les siens », se souvient Claudette Langlois, sa soeur.

L’année suivante, Gabe Langlois se rend à tous les matchs de la saison des Blue Bombers. Il assiste aussi aux matchs de hockey des Jets et aux parties de baseball des Goldeyes, tandis que les médias le surnomment affectueusement, « Dancing Gabe ».

En 1991, les Jets lui donnent son premier chandail personnalisé et il fait l’objet d’un reportage sur un réseau de télévision national.

Boom! Je passais à la télé nationale, d’un bout à l’autre du pays.

Gabe Langlois

« Dancing Gabe » devient le visage le mieux connu du sport professionnel au Manitoba. Il est au coeur des manifestations lorsque les Jets quittent Winnipeg en 1996, et le premier à entrer dans le nouvel aréna du centre-ville, où les Jets ont fait leur retour. En plus, il reçoit, au fil des ans, une trentaine de chandails personnalisés d’équipes manitobaines ainsi que des abonnements de saison.

Les soirs de match, il est ni plus ni moins une vedette, assure sa soeur.

« On ne peut pas faire deux pas sans que quelqu’un nous arrête : “Dancing Gabe! Est-ce que je peux prendre une photo avec toi?” Ça me touche tellement quand je vois son immense sourire. J’adore ça! », avoue-t-elle, rayonnante de fierté.

Avec les informations de Marc-Yvan Hébert de Second Regard

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