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Des fouilles archéologiques sur la rivière Mitis

Le pont Bergeron surplombe la rivière Mitis
Le pont Bergeron surplombe la rivière Mitis Photo: Radio-Canada / Isabelle Damphousse
Radio-Canada

Une équipe d'archéologues a étudié les terrains de l'embouchure de la rivière Mitis au début du mois de septembre afin d'en apprendre davantage sur l'histoire de ce lieu de rassemblement. Leurs recherches ont permis de détecter la présence d'activités humaines aux abords de la rivière, 8000 ans avant notre ère.

Un texte d’Isabelle Damphousse

L’embouchure de la rivière Mitis est l'une des rares à ne pas être habitée dans la région. Pourtant, elle est un lieu de rencontre depuis des millénaires.

Avant l’arrivée des Européens, les Premières Nations s’y rassemblaient.

Au début du 19e siècle, un manoir et un petit moulin à scie sont construits sur la pointe de la rivière par la famille MacNider. Quelques décennies plus tard, c’est au tour des frères Price de transformer la pointe pour y établir les installations de leur entreprise forestière.

Cet été, une équipe de trois archéologues a participé à la tâche ardue de documenter l’historique de l’embouchure de la rivière afin de préserver l’héritage archéologique des lieux.

Selon Geneviève Treyvaud, qui dirige les fouilles, l'érosion côtière menace les données archéologiques.

On veut documenter la modification de l'embouchure de la rivière Mitis parce qu'on sait qu'elle est très sensible à l'érosion, donc il y a une perte de données.

Geneviève Treyvaud, archéologue

Découverte surprenante

Les travaux de l’équipe d’archéologues laissent entrevoir la présence d’activités humaines dans l’embouchure durant la période du Paléoindien.

À l’aide d’un géoradar, un instrument qui fait en quelque sorte une échographie du sol sans le creuser, ils ont trouvé les restes d’un feu de foyer vieux de 8000 ans avant notre ère devant la maison d’Elsie Reford aux Jardins de Métis. Cette découverte laisse croire que les lieux étaient fréquentés par des populations qui provenaient du sud du continent.

La maison d'Elsie Reford Les restes d'un feu de foyer gisent sur la terrasse de la maison d'Elsie Reford aux Jardins de Métis. Photo : Radio-Canada

Selon l’archéologue Geneviève Treyvaud, la terrasse où les touristes observent le fleuve Saint-Laurent aux Jardins de Métis était, il y a 8000 ou 10 000 ans, une « paléoplage ».

« Le niveau du fleuve était beaucoup plus haut », explique-t-elle.

Documenter l’érosion à travers le temps

Les fouilles archéologiques permettent aussi d’en apprendre un peu plus sur l'évolution de l'érosion des berges à travers le temps.

L’équipe a prélevé des échantillons de sol organique à marée basse dans le fleuve Saint-Laurent. Selon leur analyse préliminaire, entre 30 et 50 mètres de terrain ont été perdus depuis les années 1800 sur la pointe de la rivière Mitis.

Les fouilles archéologiques ont permis de découvrir le dernier des murs du manoir des MacNider. Une partie des fondations du manoir des MacNider a été avalée par la mer. Photo : Radio-Canada

De plus, les archéologues ont constaté que la majeure partie des fondations de ce qui était autrefois le manoir des MacNider a été avalée par le fleuve.

Il ne reste qu’un des quatre murs du bâtiment. Ce mur, qui est visible de la plage, est aussi menacé de disparaitre en raison de l’érosion des berges.

Les recherches archéologiques de cet été ont été réalisées grâce à une entente d'un peu plus de 15 000 $ entre le ministère de la Culture, les Malécites de Viger et les Jardins de Métis.

L'équipe espère avoir le financement nécessaire pour poursuivre ses travaux l'été prochain.

Bas-Saint-Laurent

Archéologie