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Hydro-Québec ferme la porte à un barrage sur la rivière Magpie

La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur.
La rivière Magpie, dans la région de la Côte-Nord, est l’une des dernières grandes rivières sauvages du Québec, avec ses 280 km de longueur. Photo: SNAP Québec/Charlene Daubenfeld
Radio-Canada

Hydro-Québec confirme que le projet de construction de centrales hydroélectriques sur la rivière Magpie n'est pas dans ses cartons. La décision a été saluée par plusieurs intervenants qui souhaitent faire de cette rivière une aire protégée.

Un texte de Jean-Louis Bordeleau

« Il n'y a pas de projet, rassurez-vous tout le monde, cette rivière on n’y touche pas, et on ne va pas là », a dit le porte-parole d'Hydro-Québec, lors d'une manifestation pour la protection de la rivière Magpie, tenue jeudi devant les bureaux d'Hydro-Québec à Montréal.

Dans son plan stratégique 2009-2013, Hydro-Québec planifiait la construction de six barrages hydroélectriques sur la rivière de 277 kilomètres de long. Hydro-Québec lorgnait la rivière Magpie pour y produire 850 mégawatts, soit la consommation de près de 27 000 foyers québécois.

Un autre porte-parole d'Hydro-Québec, Mathieu Rouy, indique que le projet n'est plus dans le plan stratégique et que les études d'impacts n'ont pas été réalisées. Du même souffle, il confirme qu'Hydro-Québec ne projette construire aucun autre barrage, étant donné le surplus d'électricité actuel de la société d'État : « Il n'y a rien qui est considéré ».

« Si on se reparle dans 10 ans, peut-être que le discours sera différent. Il peut se passer beaucoup de choses. Dans les années 2000, on prévoyait une forte augmentation de la demande d'électricité et ça ne s'est pas concrétisé finalement, explique-t-il. [...] On a beaucoup d'énergie qui est disponible, donc même si on remporte des appels d'offres pour les États-Unis, on a plus d'énergie que ce qu'on pourrait sortir pour l'instant »,

Le prochain plan stratégique sera publié en 2020.

Une centrale de 40 mégawatts est déjà en fonction près de l'embouchure de la rivière Magpie. Une firme privée gère le barrage mis en service en 2007.

Tourisme

En entrevue à Boréale 138, le directeur général de la Société pour la nature et les parcs section Québec, Alain Branchaud, pointe l'étude de l'Université du Québec à Chicoutimi (Nouvelle fenêtre), qui chiffre à 180 millions de dollars les retombées économiques du tourisme sur la rivière Colorado, une rivière comparable à la Magpie.

Alain Branchaud soutient que le développement de la rivière Magpie est une « excellente occasion pour diversifier l'économie ».

À long terme, la Magpie a un potentiel récréotouristique fort intéressant et ce, de niveau international

Luc Noël, préfet de la MRC de la Minganie

En 2004, Robert Kennedy Junior, de passage dans la région pour s'opposer à la construction du premier barrage, avait comparé la rivière à la Mona Lisa. « Le Québec a la Mona Lisa dans son grenier », avait-il lancé.

Aire protégée

Dans un communiqué, la Société pour la nature et les parcs (SNAP) salue la confirmation d'Hydro-Québec. Du même coup, l'organisme demande au ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, d'instaurer une aire protégée dans le secteur pour garantir la préservation à long terme de la rivière.

Le gouvernement projette créer une réserve de biodiversité de 1575 kilomètres carrés dans le secteur nord-ouest du cours d'eau. La SNAP souhaite cependant étendre ce secteur protégé à l'ensemble de l'affluent.

Le ministre n'était pas disponible pour commenter le dossier.

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