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Langues autochtones : pénurie de professeurs qualifiés et certifiés

Russell Murdock avec son fils, Kingston, âgé de 5 ans.

Russell Murdock avec son fils, Kingston, âgé de 5 ans, dans la classe de maternelle bilingue crie à l'École Isaac Brock de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Margaux Watt

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La culture et les langues autochtones sont de plus en plus présentes dans les salles de classe, menant à une augmentation de la demande pour des enseignants qui maîtrisent les langues autochtones. Mais avec le nombre de locuteurs de langues autochtones en déclin, des divisions scolaires ont du mal à trouver des enseignants qualifiés et certifiés.

« Nous avons des difficultés à trouver des enseignants de langue Dakota. Peu de gens voient un tel métier comme une carrière », déclare Kevin Tacan. Employé par la Division scolaire de Brandon depuis 21 ans, c'est l'un des gardiens de la langue Dakota.

La division scolaire offre, pour une deuxième année, des cours de langues autochtones pour les élèves du secondaire, mais a eu du mal à pourvoir le poste d'enseignant de langue Dakota pour le début de la nouvelle année scolaire.

« Nous essayons de ramener l'estime de soi et la confiance à nos jeunes, car à cette période de leur vie, peu après la puberté, ils sont censés être prêts pour la cérémonie de quête de vision ainsi que d'autres cérémonies. Leur langue est importante pour ce genre de choses », a déclaré Kevin Tacan.

Selon les données du dernier recensement, au Canada, le nombre de personnes ayant comme langue maternelle une langue autochtone est passé de près de 26 % en 1996 à 14,5 % en 2011, ce qui a entraîné des efforts pour revitaliser les langues autochtones.

Kevin Tacan a longtemps oeuvré pour que la langue Dakota soit enseignée dans une classe d'une école secondaire. Il espère également que plus de jeunes jouent un rôle dans la revitalisation de la langue.

Faire des langues autochtones un choix de carrière

« Il serait bon de voir beaucoup de nos jeunes, qui sont passionnés par la langue, la faire avancer et en faire un choix de carrière », explique Kevin Tacan.

Selon lui, il est important pour les jeunes d'apprendre la langue dans les salles de classe, car « cela leur donne l'occasion de regarder l'instruction différemment, avec des yeux autochtones ».

Bien que la Division scolaire de Brandon ait eu du mal à pourvoir son poste d'enseignant en langue Dakota, Kevin Tacan dit s'attendre à combler le poste d'ici la semaine prochaine.

Le cas de la langue michif, notamment, démontre la nécessité de trouver une façon différente de recruter des enseignants.

La Division scolaire de Brandon offre actuellement jusqu'à quatre crédits de niveau secondaire dans quatre langues autochtones différentes, cri, anishinaabe, dakota et michif.

Au Manitoba, toute personne qui enseigne dans une école secondaire doit avoir un baccalauréat en éducation. Cependant, avec des langues comme le michif qui diminuent rapidement, il existe peu de locuteurs qui possèdent également un diplôme.

Le manque d'enseignants qualifiés qui parlent des langues comme le michif a incité la division scolaire à utiliser des permis d'enseignement limités qu'elle doit renouveler chaque année. Ces permis accordent aux enseignants une autorisation spéciale pour enseigner sans avoir obtenu de diplôme d'études.

Mise en place d'un programme bilingue

Rob Riel est directeur de l'éducation autochtone et de l'accueil des nouveaux arrivants de la Division scolaire de Winnipeg. Il déclare que la division offre des cours de langues autochtones dans au moins cinq écoles de la division. Celle-ci a été en mesure de trouver des locuteurs de langues pour enseigner, mais a eu du mal à les empêcher de rechercher un autre emploi.

Élève et enseignante dans une classe bilingue à l'École de maternelle Isaac Brock de Winnipeg.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Élève et enseignante dans une classe bilingue à l'École de maternelle Isaac Brock de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada / Courtney Rutherford

« Ils font face à une telle demande, ils se dirigent vers des postes provinciaux, dans d'autres divisions scolaires ou dans des universités », souligne Rob Riel. « Ils se rendent tous compte de la force et des améliorations qu'ils peuvent apporter à leur programmation et du soutien que les étudiants peuvent obtenir. »

Dans le but de renforcer les langues autochtones, la Division scolaire de Winnipeg a mis en place des cours bilingues d'ojibwé et de cri à l'École Isaac Brock, de Winnipeg.

Le programme bilingue a commencé l'année dernière avec un premier groupe d'élèves.

Rob Riel a bon espoir que le programme puisse se développer auprès d'étudiants plus âgés à l'avenir.

 

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