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Pour la première fois en 10 ans, la faim progresse dans le monde

Un enfant exténué reçoit un morceau de pain à Mossoul.

Un enfant exténué reçoit un morceau de pain à Mossoul.

Photo : Reuters / Alaa Al-Marjani

Reuters

Pour la première fois en dix ans, la faim dans le monde a progressé l'an dernier, d'après une étude d'agences de l'ONU, publiée vendredi. L'étude explique cette progression par l'effet combiné d'une multiplication des conflits, du réchauffement climatique et des difficultés économiques.

En 2016, la malnutrition a frappé 815 millions de terriens, soit 11 % de la population mondiale et 38 millions de plus que l'année précédente, indique le rapport 2017 sur l'état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde.

Plus de la moitié des personnes concernées - 489 millions - vivent dans des pays en conflit, comme le Soudan du Sud, frappé par la famine cette année pendant plusieurs mois.

Des situations d'insécurité alarmantes menacent de se transformer en famines dans d'autres pays touchés par les conflits comme le nord-est du Nigeria, la Somalie et le Yémen.

Avec 20 % de la population accablée par la faim, l'Afrique subsaharienne est la région du globe proportionnellement la plus touchée. En nombres bruts, l'Asie, avec 520 millions de personnes souffrant de la faim, occupe la tête de ce classement.

« Au cours de la dernière décennie, le nombre de conflits violents s'est considérablement accru », souligne le rapport, qui met aussi en avant leur caractère « plus complexe et plus inextricable ».

La faim ainsi que toutes les formes de malnutrition ne seront pas éliminées d'ici 2030, à moins que l'on ne s'attaque à tous les facteurs qui compromettent la sécurité alimentaire et la nutrition.

Extrait du rapport de l'ONU

Les cinq agences de l'ONU qui collaborent au rapport sont l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds international de développement agricole (FIDA), le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

En finir avec la faim dans le monde est l'un des 17 objectifs de développement durable que se sont fixés les Nations unies pour l'horizon 2030.

La malnutrition est aussi la conséquence de sécheresses intenses et prolongées, dont le nombre va augmenter avec le réchauffement climatique.

L'humanité « mise en examen »

David Beasley, directeur du Programme alimentaire mondial, qualifie les chiffres compilés par ce rapport de « mise en examen de l'humanité ».

« Avec la somme de succès de la technologie et de la santé, nous devrions évoluer dans l'autre direction », a-t-il dit lors de la présentation du rapport.

Nous appelons les dirigeants de la planète à exercer la pression nécessaire pour mettre un terme à ces conflits, de sorte que nous puissions atteindre cet objectif de "faim zéro".

David Beasley, directeur du Programme alimentaire mondial

Les agences associées à ce rapport appellent à de nouvelles méthodes de travail, visant « à la fois à répondre aux besoins urgents et à traiter les racines des famines », explique Zlatan Milisic, directeur adjoint du PAM chargé des programmes.

Dans les pays en guerre, cela signifie que les agences humanitaires doivent passer plus de temps à comprendre les complexités du conflit et à travailler au retour de la paix.

« Nous disposons d'un grand nombre d'études qui disent que l'insécurité alimentaire ne mène pas directement au conflit, mais qu'elle en est un facteur très puissant. À l'inverse, la sécurité alimentaire est considérée comme un facteur du maintien de la paix », poursuit Zlatan Milisic.

Concernant l'enfance, le rapport montre que les enfants souffrant de retards de croissance sont passés de 29,5 % en 2005 à 22,9 % en 2016. Par rapport à 1990, le recul est de l'ordre de 40 %.

« Les taux de retard de croissance chez les enfants sont en baisse partout dans le monde, mais demeurent très élevés dans la majeure partie de l'Afrique », note le rapport, qui précise que 155 millions d'enfants de moins de cinq ans sont toujours affectés par ces troubles qui peuvent nuire à leur développement futur.

« Nous observons un déclin, mais nous savons aussi que ce déclin n'est pas aussi rapide que nous le souhaiterions pour respecter les objectifs de développement durable », a déclaré Victor Aguayo, directeur de l'UNICEF pour la nutrition.

Toutefois, une tendance inquiétante se dessine avec l'augmentation de l'obésité infantile. On estime à 41 millions le nombre d'enfants en surpoids à travers le monde.

« L'obésité va affecter de plus en plus les pauvres du fait d'une mauvaise alimentation et d'une mauvaise hygiène de vie », prévient Victor Aguayo.

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