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Où sont les candidats acadiens chez les progressistes-conservateurs?

Six candidats ont été nominés chez les progressistes-conservateurs en prévision des élections provinciales en 2018
Six candidats ont été nominés chez les progressistes-conservateurs en prévision des élections provinciales en 2018, tous des anglophones du sud de la province. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Aucun candidat francophone ou acadien n'a encore signalé son désir de se présenter sous la bannière progressiste-conservatrice lors des élections provinciales de 2018. Les analystes sont pourtant unanimes : le parti doit séduire cet électorat pour avoir une chance de l'emporter.

Un texte de Catherine Allard

À un peu plus d'un an des prochaines élections provinciales, les candidats du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick (PCNB) sont connus dans six circonscriptions. Tous sont anglophones et se présentent dans des circonscriptions du sud de la province.

Les candidats progressistes-conservateurs confirmés :

  • Kirk MacDonald (Fredericton-York)
  • Glen Savoie (Saint-Jean-Est)
  • Pam Lynch (Fredericton-Grand Lake)
  • Brian Macdonald (Fredericton-Ouest-Hanwell)
  • Carl Urquhart (Carleton-York)
  • Ross Wetmore (Gagetown-Petitcodiac)

Le politologue Roger Ouellette croit que le choix d’un nouveau chef unilingue anglophone, Blaine Higgs, pourrait nuire au parti.

Nous sommes dans la ligne droite. Et visiblement le chef et le parti n’ont toujours pas réussi à aller dénicher des candidats francophones.

Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton

« Certains l’avaient mentionné à ce moment-là [lors de la course à la direction]. Il fallait un chef qui puisse être bilingue, un chef qui puisse rejoindre l’ensemble de la province, dont les francophones. Visiblement Blaine Higgs n’était pas ce candidat. »

Un ancien ministre conservateur espère que les Acadiens resteront fidèles au PCNB

Paul Robichaud, présent à l’assemblée générale annuelle du parti en fin de semaine à Edmundston, espère que cette situation n’empêchera pas les francophones de la province de soutenir le PCNB.

« Les francophones, les Acadiens de cette province, ont tout à gagner en étant présents dans un éventuel gouvernement dirigé par M. Higgs et à ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier qui est celui du Parti libéral du Nouveau-Brunswick », a-t-il affirmé, interviewé lors de l’assemblée.

Paul Robichaud, ministre des Pêches du N.-B. de 1999 à 2002.Paul Robichaud, ministre des Pêches du N.-B. de 1999 à 2002. Photo : Radio-Canada

Bien que la question de la représentation acadienne ait été posée à plusieurs reprises pendant l'assemblée, elle est demeurée taboue.

L’ancien ministre et vice-premier ministre demeure confiant cependant. « Tout est possible », estime-t-il.

De son côté, l’ancien député fédéral Bernard Valcourt souligne que la représentation est cruciale pour tout parti qui souhaite être élu. « Les stratèges savent très bien que pour former un gouvernement, il faut que tu aies une représentation de partout en province. »

Bernard ValcourtL'ancien député fédéral conservateur Bernard Valcourt Photo : ICI Radio-Canada

Ce dernier prévoit que le PCNB « dirigera des efforts dans le Nord [de la province] », afin d’y séduire l’électorat francophone.

« Les gens du Nouveau-Brunswick sont assez intelligents et assez raisonnables pour regarder qu’est-ce que les partis vont proposer », a-t-il ajouté, persuadé que les électeurs verront plus loin que le débat sur la représentation acadienne.

Difficile de gagner sans les francophones

« Nous avons un tiers de la population et des circonscriptions qui sont francophones, donc ça m’apparait très très difficile pour tout parti politique au Nouveau-Brunswick d’ignorer complètement les francophones », explique Roger Ouellette.

Lors des dernières élections provinciales en 2014, la victoire a échappé aux progressistes-conservateurs de David Alward, notamment en raison de la perte de certaines circonscriptions francophones.

« En 2014, ils ont perdu de quelques sièges. Ce sont les circonscriptions francophones qui ont fait la différence. Imaginez s’ils avaient conservé leurs sièges francophones, comme dans Shippagan et dans le Madawaska, les conservateurs auraient conservé le pouvoir », croit Roger Ouellette.

La carte électorale après les élections générales, en septembre 2014La carte électorale après les élections générales, en septembre 2014 Photo : Radio-Canada

Quel avenir pour Madeleine Dubé?

Le mystère plane toujours sur l’avenir politique de Madeleine Dubé, la seule députée francophone du PCNB. Celle qui est députée de la région d’Edmundston depuis 1999 n’a toujours pas confirmé si elle avait l’intention de se lancer dans une nouvelle course. Elle dit qu'elle prévoit annoncer ses intentions environ six mois avant les élections.

« Cinq ou six mois avant la date de l'élection je m'assois avec ma famille et on décide si on arrête ou si on continue. Ce sera la même chose cette année encore, une bonne discussion familiale et on annonce publiquement la décision », dit-elle.

Madeleine Dubé est la seule députée francophone du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-BrunswickMadeleine Dubé est la seule députée francophone du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Si Madeleine Dubé décide de ne pas être candidate, ce sera encore un message clair que les francophones ne sont pas bienvenus dans le parti conservateur dirigé par Blaine Higgs et ça n’augure pas bien pour les prochaines élections.

Roger Ouellette, politologue à l’Université de Moncton

Il y a de l'intérêt, assure Blaine Higgs

Le chef du PCNB, Blaine Higgs, affirme que des francophones se sont montrés intéressés à présenter leur candidature aux prochaines élections provinciales.

« Évidemment, plusieurs des personnes qui ont déjà été nominées sont des candidats sortants. Mais nous avons également de l’intérêt dans les circonscriptions où nous n’avons pas également de député », a dit Blaine Higgs, en anglais, au micro de Radio-Canada Acadie.

Brian Higgs a été élu chef des progressistes-conservateur le 22 octobre 2016Brian Higgs a été élu chef des progressistes-conservateurs le 22 octobre 2016 Photo : CBC/Paul Hantiuk

« On travaille à rebâtir dans les régions francophones pour créer un niveau d’engagement politique pour notre parti. Ce travail doit être fait et la façon qu’on fait ça c’est d’assurer à la communauté francophone et acadienne qu’il y a une place dans le parti pour eux », ajoute le chef de cabinet de Blaine Higgs, Paul d’Astous.

Les bleus perdent du terrain dans les intentions de vote

Si les élections avaient eu lieu cette semaine, les Néo-Brunswickois auraient été moins nombreux à voter pour les progressistes-conservateurs qu’au printemps.

Selon le plus récent sondage de la maison Corporate Reseach Associates (CRA), les libéraux maintiennent leur avance dans les intentions de vote avec 47 % des voix, comparativement à 32 % pour les progressistes-conservateurs.

En mai, 33 % des Néo-Brunswickois avaient affirmé qu’ils appuieraient les progressistes-conservateurs.

« Les choses peuvent bouger, mais le temps commence à compter », conclut Roger Ouellette.

Le PCNB tient son assemblée générale annuelle à Edmundston les 15 et 16 septembre.

 

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