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Colloque sur l’islamophobie : mobiliser par la réflexion

Un homme prie devant un coran ouvert, les paumes vers le ciel.

Un homme prie devant un coran.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un colloque sur l'islamophobie se tient jeudi et vendredi à l'Université Laval. Il est organisé par un professeur en anthropologie qui veut débattre et exposer les enjeux de ce phénomène, au moment où des tensions sont palpables dans la région de Québec.

Un texte de Cathy Senay

« Je suis bouleversé, je suis très inquiet et paradoxalement je suis rassuré », précise d’entrée de jeu le professeur Abdelwahed Mekki-Berrada.

Le moment était tout désigné selon lui pour mettre sur pied le premier colloque sur l’islamophobie à Québec. L’année 2017 a démarré avec l’attentat à la grande mosquée qui a fait 6 morts et 5 blessés.

À cette tragédie s’ajoutent les autres incidents à caractère haineux qui se sont produits au lieu de culte depuis juin 2016.

Il y a eu également le véhicule incendié du président du Centre culturel islamique, Mohamed Labidi, devant sa résidence. Une enquête est en cours. Il n’y a toutefois aucun élément prouvant qu’il s’agit bel et bien d’un crime haineux.

Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur en anthropologie Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur en anthropologie

Photo : Radio-Canada

Le chercheur Mekki-Berrada croit qu’il avait la responsabilité de faire quelque chose pour contrer les tensions, soit de mobiliser les gens et les amener à réfléchir sur ces grandes questions.

Les universitaires, on ne se prononce pas ou si peu là-dessus, en tout cas à Québec. Un petit peu à Montréal mais dans le reste du Québec, personne ne parle d’islamophobie.

Une citation de : Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur de l'Université Laval

La radicalisation, la cyberviolence et la place de la femme musulmane font partie des enjeux discutés.

M. Mekki-Berrada tient à ce que ces discussions aient lieu à l’abri de toute polémique.

« Quand j’ai ouvert le colloque, j’ai dit il y a peut-être des personnes d’extrême droite musulmanes ou non musulmanes, mais si elles sont là, elles sont les bienvenues. »

Le professeur se défend toutefois de montrer qui que ce soit du doigt.

Ce que je pointe du doigt, c’est une situation tendue, complexe à Québec, au Québec et dans le reste du monde.

Une citation de : Abdelwahed Mekki-Berrada, professeur de l'Université Laval

La méconnaissance de l’islam

Le cofondateur et vice-président du Centre culturel islamique de Québec Boufeldja Benabdallah fait partie des conférenciers. Il donne des moyens concrets pour lutter contre l’islamophobie. « Il faut mettre le paquet sur l’emploi, organiser davantage de rendez-vous d’échanges culturels », mentionne-t-il.

Deux agents du Service de police de Québec (SPVQ) assistent au colloque en tant qu’observateurs, dont le lieutenant Jean-François Vézina, responsable des relations avec les communautés culturelles.

Il faut réfléchir sur la médiatisation des incidents à caractère haineux, selon lui, car celle-ci peut avoir un effet négatif d’entraînement.

Ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas en parler. Je pense qu’il faut être prudent avant de qualifier les événements tant qu’on n’est pas certains du qualificatif qu’on peut leur donner.

Une citation de : Jean-François Vézina, responsable des relations avec les communautés culturelles au SPVQ
Deux cochons se promènent dans la boue. Un message haineux a été épinglé en haut de la photo.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une photographie d'une ferme de cochons a été envoyée dans le colis haineux.

Photo : Centre culturel islamique de Québec

Le colloque se tient à la salle 4512 du pavillon Maurice-Pollack de l’Université Laval.

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