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Référendum en Catalogne : les indépendantistes en campagne, l’Europe observe

Des indépendantistes catalans sont rassemblés devant l'arène de Tarragone, où la campagne pour le « oui » sera officiellement lancée jeudi soir.

Photo : Getty Images / JOSEP LAGO

Radio-Canada

Au moment où les indépendantistes catalans lancent leur campagne pour le oui en vue du référendum sur l'autodétermination de leur région, le 1er octobre (Nouvelle fenêtre), la Commission européenne a envoyé jeudi un message ambigu quant à l'attitude qu'elle entend adopter dans ce dossier.

« Nous avons toujours dit qu'en la matière, nous allions suivre en les respectant les arrêts de la Cour constitutionnelle espagnole et du Parlement espagnol », a indiqué son président Jean-Claude Juncker, dans une entrevue accordée à Euronews.

« Mais il est évident que si un oui à l’indépendance de la Catalogne voyait le jour – [c’est] à voir –, nous respecterions ce choix », a aussitôt ajouté le chef de l’exécutif européen. « Mais la Catalogne ne pourra pas devenir le lendemain, le jour après le vote, membre de l’Union européenne. »

« La Catalogne sera soumise à un processus d’adhésion, comme l’ont été les États membres qui nous ont rejoints après 2004 », a encore dit M. Juncker.

Un partisan du oui présent dans les anciennes arènes de Tarragone affiche clairement ses couleurs en vue du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un partisan du « oui » présent à l'aréna de Tarragone affiche clairement ses couleurs en vue du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne.

Photo : Reuters / Albert Gea

Cette position est pour le moins équivoque dans la mesure où le gouvernement minoritaire du premier ministre Mariano Rajoy considère depuis toujours que ce référendum est illégal. Le parti socialiste, qui soutient tacitement son gouvernement, est du même avis.

La Cour constitutionnelle a pour sa part décidé la semaine dernière de suspendre la loi de référendum adoptée par la majorité indépendantiste au Parlement régional de la Catalogne, en attendant que la Haute Cour de Madrid se prononce sur le fond. Elle s’est ainsi rendue aux arguments du gouvernement Rajoy.

Les indépendantistes catalans n’ont jamais caché qu’ils entendent faire fi de l’opinion de Madrid et des tribunaux du pays, et aller de l’avant avec leur référendum. Ils considèrent d’ailleurs que la Cour constitutionnelle est une institution illégitime et politisée.

Lors d’un rassemblement dans la ville de Tarragone, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Barcelone, quelque 8000 indépendantistes ont scandé : « Nous voterons! », « Nous n'avons pas peur, nous n'avons pas peur! ».
Ils se donnent deux semaines pour convaincre les Catalans de participer à ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle.

Mercredi, le parquet général d’Espagne a ordonné aux procureurs de la Catalogne d’ouvrir une enquête (Nouvelle fenêtre) sur les centaines de maires qui seraient prêts à mettre des locaux à la disposition de l’exécutif catalan pour ce scrutin. Ces derniers doivent être convoqués par la justice à cette fin, voire être arrêtés, s’ils refusent de collaborer.

 Catalogne : vers une rupture avec l'Espagne?  

Selon le dernier sondage officiel paru en juillet, l’appui à l’indépendance atteindrait 41,1 %, en baisse de 3,2 points de pourcentage par rapport à ce qu’il était au mois de mars.

Environ sept Catalans sur dix sont cependant en faveur de la tenue du référendum d’autodétermination.

La Catalogne compte environ 7,5 millions d'habitants, soit environ 16 % de la population espagnole.

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