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  • Une première rentrée pour les cégeps en 1967

    Caméra 67, 3 octobre 1967

    Le 18 septembre 1967, les douze premiers collèges d'enseignement général et professionnel ouvrent leurs portes. Créés dans la foulée du rapport Parent, les cégeps remplacent les collèges classiques et marquent la fin d'une époque. Retour en archives sur les débuts d'une institution unique au Québec qui a essuyé son lot de critiques à travers le temps.

    À l’aube des années 1960, la formation universitaire est encore peu accessible au Québec. L’enseignement offert aux Québécois est empreint d’une forte tradition religieuse et ne correspond plus aux réalités des sociétés modernes. Le gouvernement Lesage met alors sur pied la Commission Parent afin de réformer le système d’éducation. La création des cégeps et des écoles secondaires polyvalentes en sera la pièce maîtresse.

    Quelques semaines après l’ouverture des premiers cégeps, le journaliste Claude-Jean Devirieux prend le pouls de cette nouvelle institution. D’entrée de jeu, son reportage à l'émission Caméra 67 met en relief la mission du cégep : augmenter la scolarisation à travers la gratuité et une meilleure distribution des institutions. Le taux de diplomation universitaire des Québécois est alors le plus faible au pays.

    Les cégeps ont été mis sur pied à peine quelques mois après l’adoption du projet de loi 60 à l’Assemblée nationale du Québec. Une précipitation qui se fait sentir dans les nombreux défis exposés dans le reportage. Dès le départ, le cégep compte deux types d’étudiants, ceux qui souhaitent entrer sur le marché du travail et ceux qui visent la poursuite de leurs études. Or, les administrateurs ont bien du mal à recruter des enseignants pour la formation technique. Tout est à instaurer, et ce, sans compter que le Québec vit alors une pénurie de techniciens. La formation préuniversitaire, bien qu’elle comporte des options variées, se rapproche davantage du « cours classique ».

    À l’émission Si Jeunesse pouvait du 1er mars 1969, l’animateur Yves Corbeil pose la question : le cégep, réforme ou révolution? Pour faire le point sur la réforme du système d’éducation, il s’entretient avec les principaux intéressés. Parmi les témoignages d’étudiants recueillis dans cet extrait, il en ressort que la réforme a certainement été faite trop rapidement. Deux ans après leur naissance, les cégeps ne sont « absolument pas rodés » et manquent de « personnalité » ou de « fini ».

    À travers le temps, les cégeps ont fait l’objet de nombreuses critiques quant à la qualité de l’éducation et le niveau des étudiants acceptés. L’émission Le 60 du 17 décembre 1974 donne le ton par le titre de son reportage : Le cégep ou l’aboutissement d’une réforme avortée. Le journaliste Claude-Jean Devirieux y dresse un portrait plutôt négatif de la réforme scolaire.

    Il est inutile de faire des tests pour constater à quel point les cégépiens s’expriment difficilement par la parole. Une simple dictée à partir d’un article d’un journal suffira pour constater que l’expression écrite est aussi déficiente.

    Le journaliste Claude-Jean Devirieux

    Le journaliste confronte les étudiants sur leur pauvreté intellectuelle, que ce soit à travers l’exercice d’une dictée ou d’un test de connaissances générales. Sa conclusion est dure : le cégep « n’a pas encore trouvé sa vocation » et représente la « médiocrité institutionnalisée ».

    Le 15 mars 1979, l’émission Femme d’aujourd’hui reçoit un jeune auteur qui souhaite communiquer une image beaucoup plus positive du cégep. Jean Lanoix n’a que 21 ans et se décrit comme « un ancien cégépien heureux ». Dans son livre Comment réussir et vivre heureux au CEGEP, il donne quelques conseils pratiques s’adressant aux étudiants de cinquième secondaire. Il explique à l’animatrice Françoise Faucher qu'il souhaite qu'on adopte une attitude plus positive face au cégep et qu'on en tire tous les bénéfices. Il cite en exemple le foisonnement des relations humaines et les larges possibilités d’implication dans la vie étudiante.

    50 ans plus tard, le débat sur la raison d’être des cégeps revient fréquemment dans l’actualité. Avec 48 cégeps répartis à travers le Québec, on peut toutefois dire que cette institution est bien enracinée dans le système d’éducation québécois.

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