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Subventionner un aréna pour les Flames aurait peu d’intérêt économique, selon des spécialistes

Vue aérienne du Saddledome de Calgary

Le Saddledome de Calgary est presque le plus vieil aréna de la Ligue nationale de hockey.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Subventionner des installations pour les équipes sportives professionnelles peut se justifier au nom de l'urbanisme, de l'image d'une ville ou pour des raisons politiques, mais parler de retombées financières est largement exagéré, jugent les économistes.

« La recherche est assez claire : de telles subventions ne créent pas de bénéfice global pour une ville en général », résume Trevor Tombe, professeur d’économie à l’Université de Calgary, après l’échec des négociations entre les Flames de Calgary et la Ville.

« Les gens qui dépensent à l’aréna de Calgary, ce sont des dépenses qu’ils ne font pas ailleurs dans la même région », détaille l’économiste Germain Belzile, chercheur associé à l’Institut économique de Montréal. À ses yeux, « les retombées économiques, c’est un concept qui est largement faux ».

C’est vraiment un argument de vente, pas plus.

Germain Belzile, chercheur associé à l’Institut économique de Montréal

Trevor Tombe dit que des subventions à une équipe professionnelle ne profitent généralement qu’à la carrière des élus qui les votent. « D’un point de vue cynique, je dirais que ça fait donne l’occasion d’une très belle photo dans les médias. »

Un aréna ou des bibliothèques?

Glen Hodgson, associé au Conference Board et coauteur d’un livre sur l’économie du sport professionnel, ajoute que l’argent dépensé dans les arénas de hockey l’est aux dépens des autres infrastructures comme les centres récréatifs ou les bibliothèques.

Selon lui, des subventions peuvent se justifier, même en l’absence de retombées économiques, si elles contribuent à un réaménagement de la Ville.

Il cite en exemple les 614 millions de dollars investis à Edmonton pour la construction de l’aréna au centre-ville, dont la majorité a été financée par la Ville et une surtaxe sur la vente des billets. « Ça ressemble à une dépense, jusqu’à ce qu’on regarde l’effet sur le centre-ville où la vie économique est en train de revenir. »

Le même argument ne fonctionne pas à Calgary où le centre-ville est déjà très vivant, estime-t-il.

Le hockey crée des sourires

« La recherche montre qu’il y a des effets positifs qu’on ne peut pas mesurer », pointe aussi Dan Mason, professeur de gestion du sport à l’Université de l’Alberta. Il rappelle les sourires qu’on voyait à Edmonton pendant les séries de la Ligue nationale de hockey à la fin de la saison dernière. « En général, les subventions sont plus importantes que ces effets positifs », conclut-il toutefois.

Les Flames ont annoncé mardi leur retrait des négociations avec la Ville de Calgary sur la construction d’un aréna pour remplacer leur Saddledome vieillissant.

Alberta

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