•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une murale au parc Victoria de Sherbrooke sème la controverse

Cette murale située au parc Victoria de Sherbrooke suscite la controverse.

Cette murale située au parc Victoria de Sherbrooke suscite la controverse.

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Rousseau

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une oeuvre située au parc Victoria de Sherbrooke devra être modifiée pour recouvrir les corps des femmes dénudées. Tout d'abord menacée d'être complètement effacée, la Ville a finalement reculé et a consenti à ce que des corrections y soient apportées.

La murale d'Olivier Bonnard est inspirée de l'oeuvre La Danse de Henri Matisse. Elle représente deux femmes nues qui sont en suspens dans les airs avec des instruments de musique qui cachent leur pubis. Elle a été peinte en vue du Festival Bohémia qui aura lieu en fin de semaine prochaine.

La conseillère municipale Hélène Dauphinais, qui juge l'oeuvre sexiste, explique que la Ville n'a pas pu donner son aval au croquis, comme le veut la politique en place. « On a une commission des arts visuels qui n'a même pas pu se prononcer. On va lui demander de nous conseiller sur la pertinence de l'oeuvre et sa valeur », affirme-t-elle.

Autre son de cloche des organisateurs du festival : « C'est un malentendu. Je crois qu'il y a eu de nouvelles personnes en poste quand on a reçu le financement. On a eu le croquis tard. Quand on a contacté le comité Tags et graffitis, on s'est fait dire que ce n'était pas nécessaire [d'avoir une autorisation], alors on est allé de l'avant », fait valoir l'une des organisatrices de l'événement, Jessika Wilson.

La présidente du comité Tags et graffitis, Chantal L'Espérance, confirme qu'il y a eu un malentendu. « Ce qu'on a soutenu dans le projet, c'était la partie "événement d'art urbain", donc des oeuvres réalisées sur des panneaux amovibles devant public. On s'est dit, s'il y a des nus, c'est plus au moins grave puisqu'après l'événement, les panneaux sont remisés. »

Autorisation ou pas, la nudité dans la murale dérange. Pour Mme Dauphinais, cette murale n'a tout simplement pas sa place au parc Victoria. « La féministe » en elle se dit « qu'encore une fois, ce sont des femmes nues qui sont présentées et qu'on y idéalise le corps de la femme ». De plus, elle ajoute que « cette nudité-là inciterait à venir faire des graffitis à caractère sexuel. »

Entre autres modifications, on demande que les parties intimes des femmes soient recouvertes. « J'ai eu cette commande pour un festival qui représente la liberté et l'ouverture d'esprit. C'est sûr que c'est une murale qui peut paraître libertine. [...] En étant Sherbrookois moi-même, je m'attendais à plus de flexibilité [de la Ville] », déplore Olivier Bonnard.

« Il n'y a rien de choquant et je ne m'attendais pas à ce que ça choque quelqu'un. Je me suis inspiré d'une oeuvre de Henri Matisse. »

— Une citation de  Olivier Bonnard, artiste muraliste

L'artiste y voit là une forme de censure. « C'est un peu le rôle des artistes de tester cette censure, mais dans ce cas, il n'y a rien d'obscène. On est en 2017 et une murale comme ça n'est pas acceptée à Sherbrooke? C'est un peu surprenant. Des peintres faisaient des oeuvres comme ça, des oeuvres plus osées, à la Renaissance! »

« C'est plate que ça prenne cette tournure. C'est plate pour les filles du festival surtout qui travaillent fort. »

Pour éviter qu'une telle situation se reproduise, le comité Tags et graffitis va revoir ses critères. « On va resserer nos critères lorsque c'est sur des murs publics pour s'assurer que c'est fait en bonne et due forme. On va aussi resserer nos critères lorsque c'est dans un parc. Tout ce qui est nudité, on va l'ajouter pour que ça soit clair et qu'il n'y ait pas d'ambiguïté », explique Mme L'Espérance.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !