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Québec entend faciliter l'accès à la naloxone en cas de surdoses d'opioïdes

Des opioïdes

Des opioïdes

Photo : La Presse canadienne / Graeme Roy

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec se dote de nouveaux outils pour mieux prévenir les surdoses. Il va notamment autoriser les premiers intervenants en situation d'urgence à administrer la naloxone. Une enquête épidémiologique est aussi en cours.

Québec a annoncé, mercredi, qu'il veut accroître l’accessibilité de la naloxone, un antidote contre les opioïdes.

Le gouvernement veut permettre à toute personne, notamment les policiers et les pompiers, d’administrer la naloxone, lors d’un cas de surdose.

La naloxone, un puissant antidote

La naloxone bloque temporairement les effets des opioïdes sur le consommateur.

Selon les experts, elle permet à une personne de reprendre sa respiration et prévient une surdose.

Une seringue usée et un flacon ouvert sur lequel est apposé une ordonnance pour naloxone sont sur le pavé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Naloxone sert à contrecarrer les effets d'une surdose d'opioïdes.

Photo : Radio-Canada / Christian Molgat

Québec veut aussi améliorer l’accès gratuit à la naloxone en pharmacie, en mettant sur pied un programme universel qui serait géré par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ).

Si vous pensez que dans votre entourage il y a quelqu’un qui peut faire une surdose, vous [pourrez] vous rendre à la pharmacie et l’obtenir gratuitement.

Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie

Le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette, admet qu’il y a une hausse des surdoses liées aux opioïdes au Québec, mais que la province « n’est pas rendue en situation de crise. »

« On savait que ça allait arriver ici », indique M. Barrette. « La consommation et la fréquence, la prévalence des surdoses, elle est extrême à Vancouver. Progressivement, on l’a vue arriver dans les derniers mois à Toronto. Il est inévitable que ça va se rendre chez nous. Alors il y a lieu de mettre en place aujourd’hui, d’une façon formelle, les moyens pour tous les intervenants dans le milieu. »

Une trousse de naloxoneAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une trousse de naloxone

Photo : Radio-Canada

Le ministre Barrette dit ne pas avoir d’évaluation précise des coûts de la naloxone qui sera disponible gratuitement dans les pharmacies. Mais il précise que c’est un médicament qui ne coûte pas cher.

Ce n’est pas une question de coûts, mais une question d’épargne de vies. [La naloxone] est un médicament qui ne se calcule même pas en dollars, la dose. On ne s’attend pas à ce que les 8,2 millions de Québécoises et Québécois s’en aillent chercher une dose de naloxone.

Gaétan Barrette

Mieux encadrer les prescriptions

Québec se penche aussi sur le contrôle des prescriptions et de la distribution d’opioïdes par les professionnels de la santé, ce que réclamait le Collège des médecins depuis plusieurs années.

« Le Collège réclamait l’accès à l’ensemble des données nominatives reflétant les pratiques professionnelles des médecins en ce qui a trait aux prescriptions des opioïdes », explique le président-directeur général du Collège des médecins, le Dr Charles Bernard, par voie de communiqué. « Ce programme de surveillance en temps réel permettra enfin au Collège d’intervenir en amont auprès des médecins qui présentent un profil déviant de prescription de narcotiques. »

Le gouvernement annonce aussi qu’une enquête épidémiologique est en cours. Le Collège des médecins du Québec participera à cette enquête, qui permettra entre autres d’obtenir plus de renseignements sur les prescriptions d'opioïdes au Québec.

Notons que la dernière enquête épidémiologique sur le sujet remonte à 2014, à la suite d’une vague de surdoses à Montréal.

Au printemps et à l'été 2014, 233 cas de surdoses ont été répertoriés dans la métropole québécoise, dont 28 décès. La Direction régionale de santé publique de Montréal avait alors décidé de mener une enquête.

Des mesures bien accueillies

Le Collège des médecins du Québec applaudit aussi la mesure qui permettra aux premiers intervenants d'administrer de la naloxone en situation d’urgence.

« Le Collège considère qu’il est essentiel de permettre à toute personne première intervenante qui fait face à une situation de surdose d’opioïdes d’administrer la naloxone », soutient le Dr Charles Bernard.

« C’est pourquoi le Collège des médecins avait soumis pour approbation, il y a plus de six mois, une modification de son règlement à l’Office des professions. Cette initiative permettra certainement de sauver des vies. »

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