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Le N.-B. veut éviter que les grands malades psychiatriques se retrouvent à l’hôpital ou en prison

Une affiche du bureau de santé mentale de Moncton

Des services seront offerts en communauté pour s'assurer que les patients souffrant d'une maladie mentale grave suivent leur traitement.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À partir du 1er novembre, les autorités médicales au Nouveau-Brunswick pourront forcer un patient à prendre ses médicaments, même s'il est chez lui, dans sa communauté. Le gouvernement provincial a modifié sa loi sur la santé mentale pour s'assurer que les traitements prescrits sont suivis.

Un texte de Michelle LeBlanc

Le Nouveau-Brunswick est l’une des dernières provinces à s'engager dans cette voie, où les intervenants communautaires sont appelés à jouer un plus grand rôle. Selon l’ombudsman Charles Murray, ces changements permettront aux patients d’avoir une plus grande autonomie.

Dans les situations de graves problèmes de santé mentale, on voit trop souvent un cycle où les gens sortent de l’institution, mais il n’y a pas l’appui nécessaire pour avoir du succès dans la communauté.

Charles Murray, ombudsman du Nouveau-Brunswick

Le gouvernement s’est engagé à embaucher huit coordonnateurs des soins en santé mentale, dans chacune des régions où des bureaux de santé mentale existent. Des équipes multidisciplinaires sont aussi mises sur pied pour s’assurer d’un suivi régulier avec les patients touchés.

La mise en place des « plans de soins communautaires supervisés » était l’une des recommandations du Groupe de travail provincial sur la santé mentale (Nouvelle fenêtre).

Éviter la prison ou l’hôpital

Pour Luc Doucet, qui a été directeur du Centre de rétablissement Shepody pour les prisonniers souffrant de maladie mentale, ces plans de soins communautaires supervisés permettront d’éviter l’incarcération de patients qui commettent des crimes quand ils sont en psychose.

« Ce qui arrive souvent, lorsque les personnes sont en communauté, (elles) prennent leur médicaments, se sentent bien. Elles se disent “Je suis guérie; je n’ai pas besoin de mes médicaments” », explique-t-il.

Luc Doucet s'entretient avec la journaliste à l'extérieurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Luc Doucet voit d'un bon oeil les modifications apportées par le gouvernement provincial à la loi sur la santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Ian Bonnell

Selon lui, c’est à ce moment-là que les ennuis commencent. « Il y a des personnes à qui ça cause de très sérieux ennuis. Il y a des personnes qui peuvent commettre des délits. Il y a des personnes qui vont mettre leur vie à risque ou la vie d’autrui à risque. On veut vraiment éviter ça. »

Il pense aussi que les familles seront soulagées par ces changements, qui préviendront aussi les hospitalisations forcées en temps de crise.

Même son de cloche de la part du psychiatre Louis Thériault, qui estime qu’entre 75 et 80 patients pourraient être suivis en communauté. Selon lui, ces suivis réguliers avec les patients éviteront aussi l’intervention des services d’urgence.

Des ressources suffisantes?

Le travailleur social Claude Snow œuvre depuis des années auprès des personnes défavorisées - dont plusieurs souffrent de problèmes de santé mentale - dans la région de Caraquet. Bien qu’il voit d’un bon œil les plans de soins communautaires supervisés, il se demande si les ressources seront véritablement disponibles.

L’expérience nous montre qu’il n’y a plus personne, que les gens ne sont pas remplacés. Il n’y a qu’une poignée d’intervenants dans chaque bureau (de santé mentale). Ce n’est pas assez pour donner les services qu’il faut, même actuellement.

Claude Snow, travailleur social

Dans les réseaux de santé Vitalité et Horizon, il y a actuellement cinq postes de psychiatre à combler.

L’ombudsman Charles Murray pense qu’il faudra surveiller la situation de près.

Charles Murray en studio à FrederictonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'ombudsman Charles Murray estime que les changements donneront plus d'indépendance aux personnes souffrant de maladie mentale.

Photo : Radio-Canada

« Je ne dirais pas confiant, je suis optimiste. Dans notre travail, on a le rôle de vérifier quels seront les résultats de ces changements. C’est clair que sans les ressources nécessaires, avoir un plan sur papier, ça ne sert pas à grand-chose », dit-il.

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