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Duterte réduit à 23 $ le budget de la Commission des droits de la personne aux Philippines

Le président philippin fait l'inspection de ses gardes en costume de cérémonie.
Le président philippin ne croit pas être en mesure de terminer sa guerre contre les trafiquants de drogue avant la fin de son mandat, dans quatre ans et demi. Photo: Reuters / Romeo Ranoco
Radio-Canada

Les partisans du président Duterte au Congrès se sont prononcés en faveur de deux projets de loi controversés destinés à priver la Commission des droits de la personne de son budget et à destituer la chef de la Cour suprême du pays. L'opposition crie à la dictature.

Selon l’opposition, le président Rodrigo Duterte tente par ces projets de loi controversés de museler l’opposition et d’écarter les adversaires de la guerre aveugle qu’il mène dans le pays contre le trafic de drogue.

Cette offensive majeure des autorités nationales contre de présumés utilisateurs et trafiquants de drogue a fait des milliers de morts jusqu’ici dans le pays.

Pour l’opposition et les défenseurs des droits de la personne, il s’agit d’un crime contre l’humanité.

Par ce vote du Congrès tenu mardi soir, le gouvernement Duterte fixe à 1000 pesos (23 $ CA) le budget annuel de la Commission des droits de la personne pour l’année 2018.

Cela nous place sur une trajectoire directe vers la dictature.

Francis Pangilinan, sénateur et chef du Parti libéral

Sans détour, le président Duterte a expliqué que cette mesure de rétorsion est directement liée à l’enquête que mène actuellement la commission sur les milliers de morts de sa guerre contre la drogue.

« Il n’a que ce qu’il mérite », a lancé Rodrigo Duterte à l’endroit du président de la commission Jose Gascon.

Aux Philippines, cette commission est un organe indépendant prévu par la Constitution du pays pour surveiller le travail de l'exécutif qui, lui, a la mainmise sur la police et les forces armées.

Élu en 2016 en promettant d'éradiquer le trafic de drogue dans le pays, Rodrigo Duterte a fait abattre des milliers de personnes depuis son arrivée au pouvoir. Selon la police, 3800 toxicomanes ou trafiquants présumés ont été abattus par les forces de l’ordre. Des milliers d'autres personnes ont quant à elles été tuées dans des circonstances inexpliquées.

La destitution de la présidente de la Cour suprême réclamée par les alliés de Duterte

La Cour suprême du pays constitue un autre important garde-fou constitutionnel. Or, lors des travaux de la Commission sur la justice, les représentants fidèles au président Duterte ont voté en faveur d’une motion réclamant la destitution de la présidente de la Cour suprême, Maria Lourdes Sereno, l’accusant de corruption.

Nous considérons ceci comme une tentative de harcèlement et d'intimidation de la Cour suprême. […] Les institutions conçues pour être les organes de surveillance du gouvernement, particulièrement en matière de droits de l'homme, sont attaquées et affaiblies.

Teodoro Casino, ancien représentant du parti de gauche Bayan Muna
Des citoyens manifestent contre la guerre meurtrière que mène le président Duterte contre la drogue.Des citoyens manifestent contre la guerre meurtrière que mène le président Duterte contre la drogue. Photo : Reuters / Romeo Ranoco

Mme Sereno s'était récemment montrée particulièrement critique envers la campagne antidrogue du président Duterte.

En 2016, elle avait aussi écrit au président pour s'inquiéter du fait qu'il avait publiquement accusé sept juges d'être mêlés au trafic de drogue.

Le président Duterte avait répliqué en menaçant de décréter la loi martiale.

Cette motion de destitution de la juge Sereno tout comme la réduction du budget de la Commisison des droits de la personne, doit encore franchir des étapes dans le processus législatif philippin pour entrer en vigueur.

En cas d'adoption par la Chambre en session plénière, il faudrait ensuite que le Sénat approuve la destitution de Mme Sereno et le nouveau budget de la Commision des droits de la personne.

Au cours de la fin de semaine, le président Duterte a aussi promis de « détruire » un autre de ses opposants, le sénateur Antonio Trillanes, farouche opposant à sa guerre antidrogue.

Avec les informations de AFP

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