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Légalisation du cannabis : ne permettons pas la culture personnelle, plaident des policiers

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Plant de cannabis

Photo : Radio-Canada / Travis Golby

La Presse canadienne
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Faire pousser de la marijuana à la maison ne devrait pas être autorisé, même si la substance deviendra légale au Canada, ont plaidé mardi des représentants des forces de l'ordre, exhortant du même souffle le gouvernement fédéral à renoncer à sa date butoir du 1er juillet 2018.

La culture de plants de pot à domicile entre en contradiction avec l'un des principaux objectifs de la légalisation du cannabis, qui est de tenir la marijuana loin des jeunes Canadiens, a fait valoir un trio de policiers devant le comité parlementaire qui étudie cette semaine le projet de loi C-45.

En plus d'exposer les enfants au pot, la culture de plants de marijuana à la maison - le projet de loi permet de faire pousser jusqu'à quatre plants de cannabis d'une hauteur maximale de 100 centimètres - pose des risques pour la santé (moisissures) et pour la sécurité (danger d'incendie), a exposé Rick Barnum, de la Police provinciale de l'Ontario (PPO).

Il existe également un risque de « surproduction », qui pourrait faire fleurir un réseau parallèle qui serait possiblement « encore plus prévalent » dans le futur régime récréatif que celui constaté dans le régime médical actuellement en place, selon ce qu'a fait valoir le sous-commissaire.

« Santé Canada évalue qu'un plant intérieur produit 28 grammes. Cela ne reflète pas la réalité de la culture de la marijuana, la PPO estimant [...] qu'un plant cultivé à l'intérieur produit en moyenne 60 à 100 grammes », a-t-il soutenu devant les élus du comité permanent de la santé.

Et « la plupart des plants de cannabis cultivés à l'intérieur atteignent une hauteur de quatre pieds (environ 120 centimètres), ce qui dépasse la limite de 100 centimètres », a fait remarquer M. Barnum.

Son collègue de l'Association canadienne des chefs de police, Mike Serr, a abondé dans le même sens et a prévenu les députés qu'il était carrément « impossible » que les policiers puissent respecter la date butoir du 1er juillet 2018, car la formation des agents nécessitera davantage de temps, selon lui.

Échéancier rigoureux

À en croire les propos tenus par le député libéral Bill Blair, qui pilote le dossier de la légalisation du cannabis, le gouvernement de Justin Trudeau n'a pas l'intention d'accéder favorablement à la demande de sursis.

« Je pense qu'il est important que nous fassions le travail le plus rapidement possible », a insisté l'ancien chef de police de Toronto lors d'une mêlée de presse en marge de la réunion du comité, mardi midi.

« Nous avons établi un échéancier assez serré, un échéancier rigoureux, mais le défi est important, et tout le monde travaille très fort pour y arriver. »

— Une citation de  Bill Blair, député libéral

Les représentants des corps policiers qui ont comparu mardi ne sont pas les seuls à avoir demandé plus de flexibilité au fédéral.

Le gouvernement du Québec avait aussi réclamé un délai - la requête a été balayée du revers de la main par le gouvernement de Justin Trudeau, selon ce qu'a récemment affirmé la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

La ministre a cependant assuré que le gouvernement de Philippe Couillard serait « prêt » dans les délais prescrits.

Elle présidait d'ailleurs mardi, à Gatineau, la dernière d'une série de consultations publiques mises sur pied pour orienter l'élaboration de la loi-cadre québécoise.

Celle-ci devrait être déposée « tôt cet automne, le plus possible » à l'Assemblée nationale, a confirmé Mme Charlebois en mêlée de presse dans les couloirs de l'hôtel où se tenait cette ultime rencontre.

Entre autres paramètres, le gouvernement y précisera quel sera l'âge légal pour acheter de la marijuana au Québec. Le projet de loi fédéral établit à 18 ans l'âge minimal national pour se procurer de la marijuana, mais laisse aux provinces et aux territoires la latitude pour hausser cet âge.

L'Ontario a décidé d'arrimer l'âge minimal pour l'achat de marijuana à celui pour l'achat d'alcool dans la province, soit 19 ans.

S'il est « clair » que le Québec « cherche une certaine cohérence avec l'Ontario », cela ne signifie pas pour autant que « cohérence veut dire identique », a signalé mardi la ministre Charlebois en marge de la consultation publique de Gatineau.

« Il faut agir avec rigueur, et je veux tenir compte de l'opinion de la population, des organismes qui sont venus nous présenter des mémoires, des experts [...] et de la faisabilité juridique », a-t-elle offert.

Selon ce qu'a pu confirmer mardi La Presse canadienne, la Coalition avenir Québec (CAQ) recommandera mercredi de fixer l'âge légal à 21 ans - une prise de position qu'a refusé de commenter Lucie Charlebois.

Le Bloc se tourne vers Québec

Le Bloc québécois, un parti qui n'est pas reconnu à la Chambre des communes, n'a pas de voix à la table du comité fédéral qui étudie C-45.

La dirigeante bloquiste Martine Ouellet a donc fait le déplacement à Gatineau pour partager sept suggestions concernant la légalisation du cannabis.

Elle a notamment prié le gouvernement québécois de « rapatrier » la production du cannabis - comme la santé, l'agriculture et le commerce, il s'agit d'un champ de compétence du Québec, a soutenu Mme Ouellet.

 

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