•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le CH accuse encore un sérieux retard en matière de recrutement

Artturi Lehkonen

Artturi Lehkonen

Photo : Getty Images / Minas Panagiotakis

Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

BILLET - Depuis 2009, le département de recrutement amateur du Canadien se situe au 26e rang dans la LNH quant au nombre de matchs disputés par ses choix de repêchage. Pour le CH, c'est une amélioration de trois rangs par rapport au classement couvrant la période 2008-2015 que Radio-Canada avait établi la saison dernière.

À compter du repêchage de 2009, les 29 autres formations de la LNH ont vu leurs choix de repêchage (collectivement) disputer une moyenne de 2262 matchs dans la grande ligue. Ceux du Canadien en ont disputé 1368, soit un écart négatif de 39,79 % par rapport à la moyenne du marché. Au classement de l’an dernier, le Tricolore accusait un retard de 56,8 % par rapport à la moyenne de la LNH.

La logique veut que les organisations participant régulièrement aux séries éliminatoires aient plus de difficulté à faire progresser leurs choix de repêchage jusqu’à la LNH en raison de leurs rangs de sélection plus tardifs. Cette réalité donne encore plus de valeur au rendement des recruteurs des Ducks d’Anaheim, qui occupent le 1er rang et qui ont vu leurs choix de repêchage disputer pas moins de 3436 matchs en huit ans.

Les Ducks ont pris part aux séries sept fois sur neuf depuis la saison 2008-2009, exactement comme le Bleu-blanc-rouge.

Depuis 2009, les Ducks ont procédé à 53 sélections au repêchage amateur, alors que le Canadien en a fait 52. Dans leur banque de choix, les Ducks avaient toutefois 19 choix de premier et de deuxième tours. De son côté, le CH a souvent cédé des choix de repêchage dans des échanges et n’a sélectionné que 13 fois dans les deux premiers tours durant cette période.

Les choix de premier tour des années 2009 à 2016 des Ducks ont jusqu’à présent disputé en moyenne 219 matchs dans la LNH. Ceux du Canadien en ont joué 103 en moyenne, soit moins de la moitié.

***

Les Blackhawks de Chicago, qui ont participé aux séries éliminatoires chaque année depuis la saison 2008-2009 et qui ont remporté trois Coupes Stanley durant cette séquence, se démarquent aussi de belle façon dans le classement de cette année (couvrant les repêchages de 2009 à 2016).

Les Blackhawks ont bondi de 10 places et leur équipe de recrutement amateur se situe désormais au 6e rang de la ligue. Les jeunes joueurs recrutés par Chicago ont disputé 2884 matchs dans la LNH. Les Hawks ont en quelque sorte battu l’indice du marché par 27,5 %.

À l’inverse, les Rangers de New York ont déboulé de 14 échelons au classement. Les Blueshirts se situent dorénavant au 29e rang de la ligue. Depuis 2009, seulement cinq de leurs choix de repêchage sont parvenus à s’établir dans la LNH : Chris Kreider, Jesper Fast, J.T. Miller, Brady Skjei et Anthony Duclair (qui a été cédé aux Coyotes de l’Arizona).

À Montréal, durant cette même période, seulement 4 des 52 sélections de l’équipe sont parvenues (jusqu’à présent) à se tailler un poste de partant dans la LNH : Brendan Gallagher, Nathan Beaulieu (envoyé à Buffalo cet été), Alex Galchenyuk et Artturi Lehkonen. Il sera donc intéressant de surveiller si d’autres choix de repêchage de l’organisation comme Charles Hudon (5e tour en 2012) et Michael McCarron (1er tour en 2013) parviendront à faire partie de la formation cette saison.

Fait à souligner : les Maple Leafs de Toronto, dont bien des gens vantent le système de recrutement, apparaissent au 27e rang de ce classement, juste derrière de Canadien.

Entre 2009 et 2016, les recruteurs des Leafs ont acheminé six joueurs partants jusqu’à la LNH : Nazem Kadri, Morgan Rielly, William Nylander, Mitch Marner, Auston Matthews et Connor Brown. Or, les cinq premiers joueurs apparaissant sur cette liste ont été sélectionnés en tout début de séance, parmi les huit premiers, à leur année de repêchage respective. Outre ces sélections très avantageuses, les recruteurs torontois n’ont donc rien révolutionné.

***

Il est impossible de tirer des conclusions absolues d’un tel classement parce que chaque organisation fait face à des circonstances différentes.

N’empêche, le recrutement amateur constitue la principale, et la moins coûteuse, source d’approvisionnement des équipes. Une déficience à ce chapitre crée inévitablement de fortes pressions internes et oblige la direction à laisser vieillir son effectif, ou encore à dépenser davantage pour acquérir de nouveaux talents sur le marché de l’autonomie ou par voie des échanges.

Certaines équipes compétitives comme le Canadien, les Rangers et les Penguins de Pittsburgh parviennent encore à composer avec un tel manque d’approvisionnement.

Toutefois, le cas des Canucks de Vancouver montre à quel point il est important de parvenir à corriger le tir.

Après avoir dominé la ligue au début des années 2010, les Canucks ont été incapables de se renouveler par la voie du repêchage (ils figurent au 30e rang du classement). Ils ont graduellement chuté au classement, au point de rater les séries trois fois au cours des quatre dernières années. Les jumeaux Sedin ont maintenant 36 ans, la direction multiplie les coups d’épée dans l’eau sur le marché de l’autonomie, et nul ne sait quand cette équipe pourra à nouveau espérer une participation au grand tournoi printanier.

 

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !