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Les programmes d’immersion française victimes de leur succès en Ontario

Des élèves en immersion française

Des élèves en immersion française

Photo : Canadian Parents for french

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La popularité des programmes d'immersion française au Canada a monté en flèche depuis leur création dans les années 1970 et les effets se font ressentir en Ontario. Des conseils scolaires tentent de s'ajuster à la demande, parfois aux dépens de familles qui se voient limiter l'accès aux programmes.

Un texte de Marie-Hélène Ratel

En Ontario, plus de 10 000 élèves s’ajoutent chaque année aux programmes d’immersion française. Ce nombre croissant représente certains défis pour les conseils scolaires, dont le recrutement d’enseignants qualifiés.

Mais les effets vont plus loin. À l'ouest de Toronto, au Halton District School Board, l’immersion est devenue le choix de prédilection de beaucoup de familles. Le directeur associé de l’éducation David Boag explique que dans certaines écoles, la quantité de jeunes en immersion a surpassé celle des élèves inscrits au programme d’anglais courant.

Dans certains cas, nous nous sommes retrouvés avec seulement quatre ou cinq jeunes inscrits en anglais en 1re année.

Une citation de : David Boag, directeur associé de l'éducation, Halton District School Board

Depuis septembre, les élèves des écoles publiques de Halton doivent attendre une année supplémentaire avant de commencer le programme. Dès la 2e année, tous leurs cours seront en français, alors que les cohortes précédentes avaient 50 % de leurs cours en anglais et l'autre moitié en français en 1re et 2e année.

M. Boag souligne qu’en retardant l’entrée au programme, les parents auront une meilleure compréhension de ce qui convient à leur enfant en milieu scolaire et pourront prendre une décision plus éclairée.

Mécontentement et inquiétudes

Étienne Durafour s'inquiète des changements au conseil scolaire public anglais de Halton.

Le père de famille Étienne Durafour est inquiet

Photo : Radio-Canada / Marie-Hélène Ratel

Mais le changement est loin de faire l’unanimité. Étienne Durafour, un père de famille de Burlington, a peur que la cohorte de son fils soit utilisée comme cobaye.

On prend des décisions sans vraiment regarder l’éducation des enfants. On change des programmes sans savoir quel impact cela aura sur les enfants.

Une citation de : Étienne Durafour, père de famille

Il critique notamment le fait que la décision du conseil scolaire ne s’appuie sur aucune étude prouvant les bienfaits pédagogiques d’une telle approche.

M. Durafour avait choisi d’envoyer son fils à l’école Mohawk Gardens en raison du programme réputé d’immersion française. Il s’inquiète maintenant de l’impact sur l’apprentissage de l’anglais et du français chez les élèves qui feront leur entrée plus tardivement dans le programme.

 

Du côté de l’organisme Canadian Parents for French, qui milite pour l’éducation en français comme langue seconde, on se questionne sur l'accessibilité au programme.

Selon la directrice générale pour l’Ontario, Betty Gormley, retarder l’entrée en immersion limite l’accès aux élèves. Elle ajoute que l’enseignement doit commencer le plus tôt possible pour en assurer le succès, soit à la maternelle ou dès la 1re année.

Ça ne suit pas les meilleures pratiques. En attendant à la 2e année, ça rend le programme un peu plus faible.

Une citation de : Betty Gormley, directrice générale de Canadian Parents for French, pour l’Ontario
Tableau dans une classe de françaisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les écoles francophones du Manitoba – victimes du phénomène de l'immersion française – peinent à recruter assez d'enseignants qualifiés pour répondre à la demande fulgurante.

Photo : iStock

Des limites sur le nombre d’inscriptions

Le Halton District School Board n’est pas le seul à avoir effectué récemment des changements dans l'accès à ses programmes d'immersion.

Toujours dans le sud de l'Ontario, le Simcoe County District School Board a instauré cette année une limite de deux classes d’immersion française de 20 élèves par année scolaire dans ses écoles. Dans certaines écoles plus petites, la limite est fixée à une seule classe.

Le surintendant de l’éducation spécialisée, Chris Samis, rapporte qu’au moment de la rentrée scolaire cette année, un peu moins de 100 élèves étaient inscrits sur une liste d’attente dans l’espoir d’être intégrés au programme. Il souligne par ailleurs que les enseignants qualifiés en français sont en demande partout dans la province.

En 2013, le Peel District School Board a quant à lui imposé une limite de 25 % d’inscriptions à ses programmes d’immersion française. Cette nouvelle mesure doit être révisée par le conseil d’administration cette année.

Selon les estimations de Betty Gormley de Canadian Parents for French, le changement instauré au conseil scolaire public de Peel a limité l’accès au programme à 700 élèves, au cours des trois dernières années.

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