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Un projet d’incubateur d’entreprises francophones dans l'Ouest à risque

Logo du projet
FrancoPreneurs a des bureaux à la Cité francophone d'Edmonton, à Calgary et à Winnipeg. Photo: Radio-Canada

Le projet FrancoPreneurs, du Conseil de développement économique de l'Alberta (CDEA), est à la traîne et inquiète son bailleur de fonds, selon des documents obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Un texte d'Emma Hautecoeur

Le CDEA visait grand avec le projet FrancoPreneurs : des espaces de cotravail dans tout l’Ouest canadien où les entrepreneurs francophones pourraient travailler, réseauter, et aussi profiter de l’expérience en affaires des employés du CDEA et affiliés pour amener plus loin leur entreprise ou idée d’entreprise. Des formations en ligne et un programme de mentorat devaient également venir compléter la gamme de services et générer des revenus.

Mais, jusqu’à maintenant, la marchandise n’a pas été livrée, tant et si bien que, dans les documents remontant à mai, on peut lire que la Diversification de l'économie de l’Ouest (DEO), une branche du ministère du Développement économique, a cru bon d’augmenter la cote de risque du projet à « élevé ».

Le bailleur de fonds surveille de près la progression de l’équipe du nouveau directeur du CDEA, Étienne Alary, qui a pris les rênes de l'organisme en juin, après plus d'un an de transition difficile.

On a fait un déficit avec FrancoPreneurs l’année dernière; on ne se le cachera pas.

Étienne Alary, directeur du Conseil de développement économique de l'Alberta

Un défi de taille

Pour Étienne Alary et les deux coordonnateurs qu’il a choisis pour offrir les services, le défi est de taille : ils doivent générer 30 % de revenus indépendants, ou 135 000 $, pour pouvoir toucher le reste du financement fédéral, indique le directeur. Il a d’ailleurs demandé un report de la date de fin du projet de cinq mois, jusqu’en août 2018. Si les objectifs ne sont pas atteints, le CDEA risquerait de ne pas toucher un peu plus de 200 000 $.

« Générer 30 % des revenus, c’est un défi parce que le contexte économique a changé. Vendre des services, c’est peut-être moins attrayant pour les entreprises », convient M. Alary.

La contribution totale de la DEO, approuvée en 2015, était de près de 450 000 $ pour trois ans.

Qui plus est, FrancoPreneurs est un projet pan-Ouest, le CDEA étant financièrement responsable de la mise sur pied du projet dans trois autres provinces : la Colombie-Britannique, le Manitoba et la Saskatchewan. Pour l’instant, seul le Manitoba offre un espace de travail collaboratif et un service de mentorat fort de 12 mentors.

Trois personnes travaillent autour d'une table avec des ordinateurs portables.Des entrepreneurs travaillent dans l'espace de travail collaboratif de FrancoPreneurs au Manitoba. Photo : Christian Fais

Un projet qui a tardé à prendre son envol

Étienne Alary est conscient que la plupart des francophones n’ont toujours aucune idée de ce qu’offre FrancoPreneurs.

Il dit avoir revu les priorités, contraint par l’obligation de rentabilité du projet. L’espace de cotravail dans les bureaux de son organisme, à Edmonton, a été reconfiguré pour être loué trois jours par semaine au Campus Saint-Jean pour des cours.

« On a un nouveau vent, maintient le directeur. Il y a des initiatives qui s’amorcent cet automne. » Le CDEA lancera d’ailleurs mardi, lors de son assemblée annuelle à Red Deer, un incubateur mobile pour servir les entrepreneurs partout en province.

Étienne Alary parle au journaliste.Étienne Alary, directeur du CDEA, a repris les rênes de l'organisme et du projet FrancoPreneurs en juin. Photo : Radio-Canada

La plateforme virtuelle, elle non plus, n’a toujours pas été lancée officiellement. Un rapport d’activité datant de l’année dernière révèle que le lancement à l’origine devait avoir lieu en septembre 2016. Un courriel de février 2017 écrit par Donna Kinley, une gestionnaire de DEO, expliquait que le bailleur de fonds préférait ne pas participer au lancement du projet, « étant donné les circonstances actuelles ».

L’équipe de FrancoPreneurs travaille actuellement à l’élaboration de formations en ligne, selon Étienne Alary. Il n’est pas encore décidé si elles seront payantes.

Des employés tenus à l’écart

Dans un rapport d’activités rédigé par le directeur de FrancoPreneurs de l’époque, Carl Charest, à l'intention du bailleur de fonds, celui-ci fait part des efforts pour remettre le projet sur les rails. Plus loin, cependant, une liste de points fait état des obstacles. Parmi eux, « l’impossibilité pour [les responsables du projet] Patricia Auger-Lachance et Carl Charest d’avoir accès aux états financiers de FrancoPreneurs lorsque nécessaire » et le fait que pendant une période de 6 mois en 2016, « [les employés] n’ont jamais eu l’occasion de s'asseoir avec [le président du CDEA] Jean-Philippe Couture et [le prédécesseur d'Étienne Alary] Juste Kagisye pour discuter du projet ».

Jean-Philippe Couture dit que « ce n’est pas son rôle de s’asseoir avec des employés [qui relèvent de la direction générale] ». Il croit que les employés de FrancoPreneurs avaient les ressources nécessaires pour mener à bien le projet et nie le fait qu’ils étaient tenus à l’écart du dossier.

Carl Charest et Patricia Lachance, qui ont depuis démissionné, n’ont pas voulu donner d’entrevue. Donna Kinley, de la Diversification économique de l'Ouest, a dit par courriel que le bailleur de fonds a bon espoir que la nouvelle équipe pourra faire redémarrer le projet.

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