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Pas farouches, les coyotes de Montréal

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Un coyote en captivité

Un coyote en captivité

Photo : Radio-Canada / Découverte

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

De plus en plus de Montréalais signalent la présence de coyotes dans leur quartier. On savait déjà que l'animal sauvage avait élu domicile en ville. Mais ce qui est étonnant, c'est de voir certains coyotes arpenter les zones résidentielles sans se préoccuper de la présence des humains.

Un texte de Vincent Maisonneuve

Le 25 août dernier, vers 21 h, Nicole Mathieu sort de chez elle pour promener son chien. Sur le terre-plein de l’autre côté de la rue, elle se retrouve à moins de 2 mètres d’un coyote.

« J'ai vu le coyote, il était à 6 pieds de moi, dit-elle. Il guettait mon chien, il regardait mon chien. Je me suis dit : "qu'est-ce que je fais?" » Mme Mathieu a beau faire du bruit et taper du pied, le coyote continue d’avancer dans sa direction. « Il n'était vraiment pas peureux ». Devant l’insistance de l’animal, Nicole Mathieu choisit de se réfugier dans le garage d’un voisin. Le coyote ne semblait pas agressif, mais chose certaine, il n’était aucunement intimidé par les humains.

Un coyote aperçu par des résidents à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un coyote aperçu par des résidents à Montréal

Photo : Captée par des voisins de Nicole Mathieu

À Ahuntsic, dans le quartier situé entre le nouveau parc Frédéric-Back et le parc du Boisé-de-Saint-Sulpice, des dizaines de résidents ont signalé la présence de coyotes. Deux fois, Michèle Lesage a été suivie par cet animal. « Je fais beaucoup de plein air et du camping rustique, je sais comment me comporter devant des animaux sauvages, raconte Mme Lesage. « Je grognais, je faisais du bruit, mais clairement, je ne l'impressionnais pas du tout. Il n'avait pas peur du tout. »

Entre le nouveau parc Frédéric-Back et le parc du Boisé-de-Saint-Sulpice, des dizaines de résidents ont signalé la présence de coyotes.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Entre le nouveau parc Frédéric-Back et le parc du Boisé-de-Saint-Sulpice, des dizaines de résidents ont signalé la présence de coyotes.

Photo : Radio-Canada

Une vidéo captée à la fin août à Ville-Mont-Royal démontre à quel point certains coyotes osent s’approcher très près des humains. Devant l’abondance de signalements, les agents de la faune ont dû intervenir. Des dizaines de signalements ont été faits cet été, affirme le directeur de la gestion de la faune pour la région de Montréal, Carl Patenaude-Levasseur.

Mais ce qui est nouveau cette année, « c'est que des coyotes adoptent des comportements plus familiers. Les gens disaient que le coyote s'approchait d'eux. Il cherchait à se faire nourrir, il y a eu des grognements. »

Coyote aperçu à Ville Mont-RoyalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Coyote urbain aperçu à Ville Mont-Royal

Photo : Captée par des résidents de Ville Mont-Royal

Au cours de l’été, deux coyotes ont été abattus, un par un policier, l’autre par un agent de la faune. La Ville a aussi décidé d’embaucher un trappeur. Sur les dix qu’il a capturés au parc Frédéric-Back, sept ont été relocalisés en Montérégie. Les trois autres étaient si mal en point qu’on les a euthanasiés. « Ce n'est jamais souhaitable, mais ici, ce qui primait, c'est l'enjeu de sécurité publique », conclut le directeur de la gestion de la faune.

« Mon but, ce n'est pas de faire éliminer les coyotes, insiste Mme Lesage, c'est de donner de l'information aux gens et de leur expliquer comment se comporter face à un coyote trop insistant. » Elle se demande si les récents travaux d’aménagement au parc Frédéric-Back n’ont pas repoussé les coyotes vers la zone résidentielle.

Carl Patenaude-Levasseur croit quant à lui que les coyotes trop insistants ont été nourris par des humains. Un geste qu’il faut absolument éviter.

Avertissement affiché au parc du Boisé-de-Saint-SulpiceAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Avertissement affiché au parc du Boisé-de-Saint-Sulpice

Photo : Radio-Canada

Même constat dans la plupart des villes d’Amérique du Nord

La présence des coyotes en ville est de plus en plus courante. Avec l’étalement urbain, l’animal, qui a une très grande capacité d’adaptation, a élu domicile dans la plupart des villes du nord de l’Amérique. On en compte par exemple environ 4000 seulement à Chicago!

Carl Patenaude-Levasseur souligne que les coyotes ne vont normalement pas s'approcher des humains. Même en ville, ils restent généralement très discrets. Ils cherchent à éviter les contacts avec les humains en se déplaçant surtout la nuit, et en utilisant, par exemple, les voies ferrées.

Un coyote aperçu par des résidents à MontréalAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un coyote aperçu par des résidents à Montréal.

Photo : Courtoisie

Une enquête (Nouvelle fenêtre) menée par des chercheurs de l’Université de l’Ohio révèle que les coyotes urbains s’alimentent essentiellement de petits animaux sauvages et de fruits. Ils s’intéressent rarement aux déchets ou aux animaux domestiques. Cependant, le coyote adapte facilement son régime alimentaire en fonction de son habitat. Il pourrait donc s’attaquer à un plus petit chien, par exemple.

Ce qui pourrait expliquer pourquoi plusieurs témoins ont croisé un coyote en promenant leur chien. Le coyote peut devenir plus agressif durant la période de reproduction en février.

Peu agressif à l’égard des humains

Les attaques contre des personnes sont extrêmement rares. Les quelques incidents rapportés ont presque tous eu lieu dans le sud de la Californie, dans les quartiers où les coyotes sont installés depuis des décennies. Les autopsies de ces coyotes ont démontré que la plupart des animaux avaient d’abord été habitués à la nourriture de table, soit en fouillant dans les ordures ou parce qu’ils avaient été nourris par des gens.

D'ailleurs, dans les quartiers susceptibles d'héberger des coyotes, il est préférable de disposer de ses sacs poubelles dans des contenants rigides.

Le coyote peut vivre jusqu’à 15 ans en captivité. À l’état sauvage, très peu atteignent l’âge de trois ans. L’animal pèse généralement entre 11 kg et 15 kg (25 livres et 35 livres), mais peut atteindre 19 kg (42 livres). Certains vont vivre en meute et occuper un territoire dont la surface varie entre 5 et 10 km2.

Les coyotes solitaires se déplacent beaucoup plus : leur territoire peut atteindre, même en ville, jusqu’à 25 km2, soit la superficie de l’arrondissement d'Ahunstic-Cartierville.

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