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Un ouragan qui fait trembler même les habitués, en Floride

Des branches d'arbres et d'autres débris jonchent les rues dans plusieurs secteurs de la Floride.

Des branches d'arbres et d'autres débris jonchent les rues dans plusieurs secteurs de la Floride.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

« On s'attend au pire, on espère pour le mieux », a résumé dimanche Nancy Beaudin, qui habite dans une maison mobile de Key West frappée dimanche matin de plein fouet par l'ouragan Irma, en témoignant du drame qui se joue.

« Je me demande si on aura même quelque chose à réparer à notre retour », a-t-elle laissé tomber en entrevue avec Patrice Roy, lors d'une émission spéciale diffusée sur Radio-Canada.

Un sentiment partagé par de nombreux résidents des secteurs qui se trouvent sur la trajectoire d’une tempête qui marquera les mémoires.

« On est bien préparés, mais on ne sait pas à quoi s'attendre, a indiqué pour sa part Charles Saint-Maurice, depuis Clearwater, près de Tampa. Chose certaine : les prochaines 24 heures vont être critiques. »

Comme bien d’autres, Sylvie Lafrance a fui Naples avec sa famille : « J’avais des bidons d’essence dans la voiture, on avait un peu de nourriture dans la voiture pour les enfants. Autre que le trafic, ça s’est bien passé. Mais je voyais des voitures abandonnées sur le côté de la route [sans doute] plus d’essence. »

Elle en a pourtant vu d’autres : « C’est commun, un peu, pour nous, cette espèce de peur d’avoir des ouragans et des tempêtes tropicales, alors on était prêts », a-t-elle raconté.

Quand on a vu que c’était une super tempête, il n’était pas question qu’on reste ici. On a dit : on s’en va! S’il y avait eu des catégories de classement d’ouragans de plus que 5, cette tempête-là aurait été un 6 ou un 7. C’est très, très gros.

Une citation de : Sylvie Lafrance, en entrevue à Radio-Canada
Le niveau des eaux monte à Miami.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le niveau des eaux monte à Miami.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Une femme de Fort Lauderdale, rencontrée par notre envoyé spécial Christian Latreille, a dit croire que plusieurs ne réalisent pas encore l'ampleur de ce qui s’en vient.

« Nous avons été aux prises avec un ouragan de catégorie 3 auparavant [mon conjoint et moi], mais je pense que la région n'est pas bien préparée pour ce qui s'en vient. Ils n'ont aucune idée de ce qui les attend. Mais comme nous avons déjà vécu l'expérience, nous sommes prêts mentalement. Et nous prions pour que notre maison et nos lieux de travail soient toujours là à notre retour. »

J'ai peur de ce que ça va faire aux gens. Une tempête, c'est une tempête, et je prie pour que tout le monde en Floride s'en sorte. On peut remplacer nos biens, pas nos vies.

Une citation de : Une femme rencontrée dans un refuge d’Orlando par l'envoyée spéciale de Radio-Canada, Catherine Gauthier

« On se serre les coudes. On se soutient pour briser la monotonie et faire avancer les choses », a dit un homme réfugié au même endroit.

Les autoroutes de Floride sont congestionnées, alors que les automobilistes ont pris la route en direction du nord pour fuir l'arrivée d'Irma.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les autoroutes de Floride sont congestionnées, alors que les automobilistes ont pris la route en direction du nord pour fuir l'arrivée d'Irma, attendue dimanche matin à Miami.

Photo : La Presse canadienne / Stephen M. Dowell/Orlando Sentinel via AP

Graves inondations appréhendées

Barricadé à Naples, Jacques Julien, dont c'est le cinquième ouragan, est persuadé que sa maison – située tout près de la mer – sera perdue. « Les dégâts, l'eau, l'inondation... On s'attend à avoir de cinq à dix pieds d'eau sur le secteur », a-t-il dit.

« On ne peut pas prédire l'avenir, mais celle-ci, je la crains plus que d'autres, sincèrement », a-t-il reconnu.

Je pense qu'on va survivre, mais il y aura énormément de dégâts.

Une citation de : Jacques Julien, résident de Naples

Jean Murphy, de Port Charlotte, partage les appréhensions de M. Julien. « Ce qui m'inquiète, ce n'est pas tant le vent que l'eau, a-t-il dit. Les bâtisses sont quand même relativement solides, mais l'eau, on ne peut rien faire contre ça. »

Alors qu’il avait prévu de rester chez lui, M. Murphy a finalement décidé de partir « à la dernière seconde », en apprenant que l'autoroute 75 était dégagée.

Le problème c'est : évacuer où? Au début, ça allait à l'est, puis ça allait à l'ouest... Les autoroutes étaient congestionnées, c'était des bouchons. Impossibilité d'avoir de l'essence. Les refuges sont pleins. C'était un peu dérangeant de partir.

Une citation de : Jean Murphy, résident de Port Charlotte

Cette saison des ouragans aura été particulièrement pénible pour sa famille. « Il y a deux semaines, j’étais cloué à mon écran à regarder la tempête à Houston, parce que mon fils habite à Houston. »

Mais il garde espoir : « Une fois que ça va être fini, on va se relever […] Je m'inquiète plus de comment les assurances vont réagir. »

Visitez notre dossier sur les ouragans Harvey et Irma  

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