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« Je le fais pour ma fille » : une ex-prisonnière retourne aux études

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Megan Mandes.

Megan Mandes surmonte les préjugés et accède à des études postsecondaires après près de deux ans en prison.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Megan Mandes est une femme exceptionnelle qui défie le destin. Neuf mois après sa sortie de prison, la jeune femme a commencé en septembre ses études postsecondaires au Collège Yellowhead Trail à Edmonton.

Un texte d'Omayra Issa

La femme autochtone de 28 ans est originaire de la Première Nation crie de Muskeg Lake, en Saskatchewan et est mère d'une fillette de 7 ans.

Elle s'est lancée dans l'aventure estudiantine sur un coup de tête, après sa libération, en suivant l’exemple de sa meilleure amie, qui voulait faire des études collégiales.

« Nous avons postulé ensemble. Nous avons été acceptées le même jour et avons reçu du financement. Maintenant, nous allons étudier ensemble. C’est incroyable. Je n’y avais pas trop pensé », affirme-t-elle avec un grand rire.

J’adore étudier. C’est un nouveau départ.

Megan Mandes

Force et résilience

Megan Mandes, c'est la joie de vivre, le bonheur d'être entourée par les gens qu'elle aime et le don de surpasser les défis.

Je veux avoir une vie extraordinaire. Je veux donner de l’amour, de la lumière et de la positivité à tout le monde.

Megan Mandes

Pourtant, la jeune femme revient de loin.

Elle a passé 18 mois dans le centre correctionnel Pine Grove, à Prince Albert, pour entrée par effraction dans un dessein de commettre une agression.

Elle a vécu pendant plusieurs années dans l'enfer de la dépendance à l'alcool et aux drogues, et était membre d’un gang de rue.

Megan Mandes (à droite) en compagnie de sa meilleure amie et de sa mère Deanna Ledoux (à gauche) dans la bibliothèque du Collège Yellowhead Trail.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Megan Mandes (à droite) en compagnie de sa meilleure amie Angelin Crier Gadwa (au milieu) et de sa mère Deanna Ledoux (à gauche) dans la bibliothèque du Collège Yellowhead Trail.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Mme Mandes est issue d’une famille marquée par les séquelles des pensionnats autochtones. Son arrière-grand-père, son grand-père et sa mère ont tous fréquenté le pensionnat autochtone St. Michael's, près de Duck Lake, en Saskatchewan.

« Megan a grandi avec une histoire de dysfonctionnement générationnel dans sa famille. Elle a été placée dans un établissement comme ses proches », explique sa mère, Deanna Ledoux.

Défenseuse autoproclamée des droits

Megan Mandes a été remarquée par l’organisme de défense des droits des prisonnières, la société Elizabeth Fry en Saskatchewan, peu de temps après son incarcération.

« Elle s’est démarquée par son énergie et son éloquence. Elle était déterminée à faire quelque chose de sa vie », affirme la directrice, Sue Delanoy, qui l’a rencontrée lors d’une visite régulière à Pine Grove.

Pendant que Mégan était derrière les barreaux, elle aidait ses compagnes à étudier et à mieux connaître leurs droits, dit Mme Delanoy. « Elle se voyait un peu comme une voix à donner aux autres femmes et s'est autoproclamée défenseuse attitrée. Elle remettait le système en question », ajoute-t-elle.

Mme Delanoy est convaincue que Megan Mandes a tiré les leçons de ses erreurs et qu'elle est déterminée à ne plus retourner en prison.

La prison l’a rendue plus forte. Elle est devenue plus résistante et elle fera de bonnes choses pour la communauté.

Sue Delanoy, directrice de la société Elizabeth Fry en Saskatchewan

Mme Delanoy croit que la plus grande contribution de Megan Mandes est d'avoir motivé les autres prisonnières à garder espoir.

La culture au cœur de la délivrance

Megan Mandes a passé des mois en isolement, cloîtrée dans une cellule étroite pendant 23 h sur 24.

Megan MandesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Megan Mandes participe à des pow-wows chaque semaine depuis qu'elle a été relâchée de prison.

Photo : Soumis par Deanna Ledoux

Pour ne pas succomber au désespoir, elle faisait la danse des clochettes pendant des heures, la danse mythique des femmes autochtones. « C’est une danse de guérison. On la ressent dans son cœur et dans son âme », précise-t-elle.

J’écoutais la radio et je dansais sans cesse pendant des heures.

Megan Mandes

Megan Mandes dit qu'elle ne veut plus revivre l'enfer de la dépendance aux drogues et à l'alcool. Depuis sa sortie de prison, en janvier 2017, elle danse dans des pow-wows toutes les semaines, une manière de s'ancrer dans ses nouvelles résolutions et de pratiquer sa culture crie.

Je le fais pour moi et pour ma fille. Je veux donner un exemple à tout le monde.

Megan Mandes

À la fin de ses études, Megan compte visiter la Grèce en compagnie de sa mère, de sa fille et de ses amis pour voir l’océan. Son plus grand rêve est de devenir entrepreneure.

Megan MandesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Megan Mandes et sa fille Jazzleen préparent leurs goûtés de la journée.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Elle conseille aux femmes incarcérées et à celles qui sortent de prison de ne pas avoir peur, d'aller au bout d’elles-mêmes et de suivre leurs rêves.

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