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Un nouveau groupe anti-immigration fondé au N.-B. prend de l'ampleur au Canada

Troy Chisholm et Nick Gallant montrent fièrement le drapeau du groupe The Northern Guard

Troy Chisholm et Nick Gallant montrent fièrement le drapeau du groupe The Northern Guard

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils sont environ 400 à travers le pays, des hommes qui arborent fièrement le logo du groupe The Northern Guard et qui se définissent comme des « défenseurs des valeurs canadiennes ».

Un texte de Catherine Allard

Le groupe anti-immigration, fondé en juin par un Néo-Brunswickois, s'oppose par exemple à l'arrivée des migrants haïtiens qui traversent la frontière américaine.

Le fondateur et président du groupe, Nick Gallant, a accepté de nous rencontrer chez lui, à Salisbury, au Nouveau-Brunswick.

« Je suis en colère parce que les réfugiés et vraiment tous ceux qui ne sont pas des citoyens canadiens abusent de notre système. Nous avons assez de Canadiens dans le besoin et ils devraient être plus importants que les autres, tout simplement », explique-t-il, assis sur une table à pique-nique dans sa cour arrière.

Nick Gallant, 37 ans, est le fondateur et président du groupe The Northern Guard. Il habite à Salisbury au Nouveau-Brunswick.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Nick Gallant, 37 ans, est le fondateur et président du groupe The Northern Guard. Il habite à Salisbury au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

À ses côtés, un autre membre du groupe, Troy Chisholm, abonde dans le même sens.

Je ne suis pas raciste, je suis simplement contre tous les gens qui sont contre mes croyances.

Troy Chisholm, membre du groupe The Northern Guard

Jusqu’à tout récemment, Nick Gallant était le président de la section néo-brunswickoise des Soldats d’Odin (Soldiers of Odin), un groupe d’extrême droite mené par Mika Ranta, un suprémaciste blanc qui entretient des liens connus avec un groupe néonazi.

Les membres du Northern Guard sont pour la plupart d’anciens membres des Soldats d'Odin. « On a voulu se séparer d’eux et c’est pourquoi on a créé The Northern Guard. »

Depuis la création de la page Facebook du groupe, en juin, Nick Gallant remarque que l’intérêt est de plus en plus grand. Vendredi soir, la page privée comptait environ 400 membres.

Avec les médias qui parlent de nous, on a eu 100 nouveaux membres en 24 heures (...) ça démontre qu’on rejoint la minorité silencieuse.

Nick Gallant, fondateur et président du groupe The Northern Guard

« Nous ne sommes pas des racistes »

Officiellement, le groupe se définit comme un organisme sans but lucratif qui a comme objectif d’aider son prochain grâce à des collectes de fonds et des rassemblements communautaires.

Cependant, autour de la table à pique-nique, il est surtout question de l’islam et des milliers de migrants haïtiens qui ont traversé la frontière américaine depuis le début de l’été.

Nick Gallant déplore qu’il soit souvent traité de raciste. Pour lui, le calcul est simple. « Pourquoi un Haïtien peut sauter la clôture avec ses nouveaux souliers Gucci et son iPhone et recevoir un chèque et un endroit où vivre, pendant qu’un ancien combattant qui s’est battu pour notre pays doit mendier pour obtenir quelques cents? »

Troy Chisholm, 46 ans, est membre du groupe The Northern GuardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Troy Chisholm, 46 ans, est membre du groupe The Northern Guard

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Les deux hommes tiennent également des propos très durs contre l’islam et la charia, la loi islamique.

S’ils prennent le contrôle, je ne sais pas ce qui arrivera à mes enfants. De ce que je vois, ils pourraient tuer à peu près n'importe qui. S’ils voulaient qu’on les haïsse, ça fonctionne.

Nick Gallant, fondateur et président du groupe The Northern Guard

« Si on ne fait rien, le Nouveau-Brunswick va devenir un enfer, comme l’Europe depuis que les frontières sont ouvertes », renchérit Troy Chisholm.

Ce groupe est-il dangereux?

La professeur en criminologie à l'Université de Moncton et spécialiste des sectes et des groupes extrêmes, Marie-Andrée Pelland, n’a pas de mal à qualifier de raciste certains propos tenus par des membres du groupe, mais ne croit pas qu'ils posent un danger pour la société.

Elle précise que la loi canadienne permet à ce genre de groupe d’exister, de se rassembler et d’exprimer ses idées.

Ça devient seulement problématique quand les propos incitent à la haine. Par exemple, est-ce que leur discours a poussé des individus à commettre des actes de violence ou du harcèlement?

Marie-Andrée Pelland, professeur de criminologie à l'Université de Moncton

Elle explique que ce genre de groupe n’existait pas dans la région il y a cinq ans et que la présence du Northern Guard risque de donner une crédibilité à certaines idées qui étaient auparavant proscrites dans l'espace public. « Ils disent tout haut ce que certains pensaient tout bas jusqu’ici. »

Le logo du groupe The Northern GuardAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le logo du groupe The Northern Guard

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

« Ces discours sont essentiels pour permettre la discussion en société et réaffirmer la norme et notre acceptation de l’autre. Le problème c’est quand ça devient le seul discours qui est entendu parce qu’on se met à penser que la majorité pense comme ça. C’est là où c’est dangereux parce qu’un individu peut attaquer l’autre parce que la majorité pense comme lui », explique-t-elle.

Marie-Andrée Pelland croit cependant qu’il est encore trop tôt pour évaluer quelles pourraient être les actions prises par ce groupe pour faire avancer leurs idées.

Le chapitre ontarien du groupe prépare une manifestation anti-immigration devant le parlement à Ottawa le 30 septembre.

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