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Irma : la science derrière l’ouragan

Une image satellite de l'ouragan Irma captée le 8 septembre alors que la tempête se déplace vers la Floride.

Une image satellite de l'ouragan Irma captée le 8 septembre alors que la tempête se déplace vers la Floride.

Photo : Reuters / NOAA National Weather Service National Hurricane Center via Reuters

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'ouragan Irma continue de souffler sur les eaux de l'océan Atlantique, après avoir ravagé les Antilles. Alors que la tempête s'apprête à toucher terre en Floride, les autorités américaines multiplient les ordres d'évacuation, en évoquant sa nature dévastatrice. Mais qu'est-ce qui différencie Irma des autres ouragans?

Pour qu’une tempête tropicale puisse voir le jour, il faut une combinaison de plusieurs éléments qui reposent principalement sur l’air chaud et humide. Les ouragans prennent forme lorsque la température à la surface des océans atteint 26,5 °C.

Ce plateau a déjà été atteint au sud de Cuba et dans le périmètre de Nassau, aux Bahamas, où la température avoisine les 30 °C. Comme les ouragans tirent leur énergie de l’eau chaude, plus la température de cette dernière est élevée, plus la perturbation atmosphérique s'intensifie.

Les zones rouge pâle avoisinent les 28 degrés Celsius alors que les zones  foncées atteignent les 30 degrés Celsius. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les zones rouge pâle avoisinent les 28 degrés Celsius alors que les zones foncées atteignent les 30 degrés Celsius. Irma se pointe à partir de l'est.

Photo : NASA

Le Canada généralement épargné

Des ouragans se forment toute l'année à l’échelle de la planète. Dans l’hémisphère Nord, la saison débute en juin et se termine à la fin du mois de novembre. La grande majorité des ouragans se produit entre la mi-août et la mi-octobre. Comme ils dépendent de la chaleur pour se développer, les territoires bordés d’eaux froides, comme le Canada, sont généralement épargnés.

Cela signifie que l’ouragan Irma, qui vient de semer la désolation dans les Antilles, pourrait encore gagner en intensité au cours des prochains jours et causer des dommages significatifs en Floride.

La zone violacée pourrait recevoir près de 40 cm de pluie. La côte est de la Floride recevra, selon ces projections, plus de 25 cm.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La zone violacée pourrait recevoir près de 40 cm de pluie. La côte est de la Floride recevra selon ces projections plus de 25 cm.

Photo : NOAA

Autre facteur important pour la formation des ouragans : un cisaillement de vent – souvent appelé Wind shear – faible ou nul. Le cisaillement se traduit par la direction et la vitesse que peuvent emprunter les vents. Plus il est élevé, plus il permet de freiner le développement des tempêtes tropicales.

Visitez notre dossier sur les ouragans Harvey et Irma  

Connaissez-vous la force de Coriolis?

En regardant une image satellite, vous avez peut-être déjà eu l’impression que les spirales représentant les ouragans, comme celle en une du présent article, tournent toujours dans le même sens. Au Nord de l'Équateur, les ouragans tournent en sens antihoraire (sens inverse des aiguilles d'une montre), alors qu'au sud de l'Équateur ils tournent en sens horaire. Ce phénomène s'explique en partie par la force de Coriolis qui influence la circulation atmosphérique.

En tournant sur elle-même, la Terre influence la trajectoire des tempêtes et des vents aux tropiques, qu'on appelle les alizés. Tout corps en mouvement durant sa rotation est ainsi détourné de sa trajectoire initiale. Dans l’hémisphère Nord, les tempêtes sont déviées vers la droite alors qu’au sud de l’Équateur, dans l’hémisphère sud, elles sont déviées vers la gauche.

Notre météorologue Pascal Yiacouvakis a répondu à vos questions :

 

L’incertitude, un autre facteur déterminant

Durant la saison des ouragans, les experts utilisent différents types de cartes pour déterminer la trajectoire des tempêtes. Comme il n’est pas toujours possible de prévoir avec certitude le sillage qu’empruntera l’œil de l’ouragan, les autorités prévoient plusieurs scénarios.

Une déviation de quelques centaines de kilomètres peut avoir des impacts considérables sur la nature et les activités humaines.C’est d’ailleurs ce qui s’est produit au cours des derniers jours alors qu’Irma s’est abattue directement sur Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Barbuda, défiant ainsi les pronostics.

Julie Emond, journaliste et géographe, explique à l'animateur de RDI Matin, Marc-André Masson, de quelle façon les vents d'un ouragan touchent une cible.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Julie Emond, journaliste et géographe, explique à l'animateur de RDI Matin, Marc-André Masson, de quelle façon les vents d'un ouragan touchent une cible.

Photo : Radio-Canada

Les conséquences les plus importantes des ouragans surviennent généralement à l’intérieur du même cadran, indépendamment du lieu de naissance de la tempête. Dans l’hémisphère nord, les dégâts surviennent à l’intérieur de l’axe nord-est.

En d’autres termes, puisqu’Irma puise son énergie dans les eaux du bassin des Bahamas, la tempête devrait frapper très lourdement la côte est de la Floride et envoyer de fortes précipitations sur toute la région.

Avec les informations de Julie Emond

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