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Un garçon se tient devant sa maison endommagée par l'ouragan, dans le quartier de La Cienaga, à  Saint-Domingue, en République dominicaine. Il est vêtu d'un caleçon jaune et bleu, les bras enlacés autour de ses épaules.

Un garçon se tient devant sa maison endommagée par l'ouragan, dans le quartier de La Cienaga, à Saint-Domingue, en République dominicaine.

Photo : EPA / Roberto Guzman

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pendant qu'Irma poursuit sa route destructrice vers la Floride, l'ouragan a fait place au pillage sur l'île franco-néerlandaise de Saint-Martin, où des policiers et des militaires ont été déployés pour rétablir l'ordre.

Le pillage constitue un problème « grave » dans la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin, dévastée par l'ouragan Irma, a affirmé vendredi le premier ministre néerlandais, Mark Rutte.

« Nous sommes face à des gens qui sont dans le besoin et qui n'ont plus de ressources depuis que l'électricité et l'eau potable ont été coupées », a expliqué un militaire.

Les vols sont « souvent liés à une phase de survie, pour nourrir sa famille. De fait, les commerces ciblés vendent avant tout de l'alimentation de base et des produits de première nécessité », a-t-il poursuivi.

Il semble toutefois que certains pilleurs aient cherché à profiter du drame pour dévaliser des résidences et des commerces éventrés par le passage de l'ouragan.

Une plage dévastée de la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin : des bâtiments ont été détruits, et des arbres balayés sur le sable.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une plage dévastée de la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin

Photo : La Presse canadienne / Gerben Van Es

« Malheureusement, ce n’est pas toujours pour des raisons de besoins d’eau et de besoins alimentaires, parce que moi, quand je suis passée, il s’agissait de téléviseurs. Donc on voit bien comment certains peuvent profiter de la détresse des autres », a déploré la ministre française des Outre-mer, Annick Girardin.

Sur la partie néerlandaise de l'île, un témoin cité par le quotidien Algemeen Dagblad a évoqué « des gens armés de revolvers et de machettes dans la rue ».

« La situation est très grave, personne n'est en charge. »

— Une citation de  Un témoin

Le ministre néerlandais de l'Intérieur, Ronald Plasterk, a confirmé que des pillages avaient eu lieu, et a souligné que des soldats étaient déjà sur place pour tenter d'imposer un retour à l'ordre.

Des troupes supplémentaires sont arrivées vendredi matin à bord de frégates et d'avions militaires.

« Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire parvenir l'aide à la région. Nous n'abandonnerons pas » Saint-Martin, a insisté Mark Rutte.

Des soldats patrouillent les rues de la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des soldats patrouillent les rues de la partie néerlandaise de l'île de Saint-Martin.

Photo : Reuters / Gerben Van Es

La ministre Girardin a indiqué pour sa part que 400 gendarmes avaient été déployés dans la partie française de l'île.

« La plus grande urgence, c'est la question de la santé, de l'arrivée de l'eau et de nos capacités alimentaires qui vont arriver. Et puis la deuxième, c'est l'ordre public », a-t-elle affirmé.

Au total 900 personnes – policiers, pompiers, sauveteurs, médecins, experts – allaient rejoindre Saint-Martin jeudi et vendredi, selon Mme Girardin.

La ministre dit avoir été témoin de pillages « réalisés juste devant [ses] yeux » sur la partie française de l'île. Elle a décrit des scènes « d'une grande tristesse et d'une grande inquiétude ».

Visitez notre dossier sur les ouragans Harvey et Irma 

Les pilleurs devront faire face à la justice

Rétrogradé vendredi en catégorie 4, Irma était classé catégorie 5, la plus haute sur l'échelle de Saffir-Simpson, lorsqu'il a frappé les Caraïbes avec des vents soufflant à plus de 300 km/h.

À Saint-Martin, la population doit survivre sans les premières nécessités, a souligné M. Rutte. L'électricité est toujours coupée, l'eau potable absente, l'essence indisponible, et une partie des routes sont inondées ou envahies par des amas de tôles et jonchées de morceaux de bateaux déchiquetés, d'arbres balayés par les vents, de toitures arrachées et de voitures renversées, de bâtiments en ruine et de végétation détruite.

Ce chaos profite temporairement aux pilleurs, mais ces derniers devront faire face « aux sanctions tout à fait adaptées » à leur crime, a souligné la ministre française de la Justice, Nicole Belloubet.

Un procureur doit arriver sur l'île « dans les meilleurs délais pour recueillir, éventuellement inciter les gens à porter plainte si nécessaire, comme cela semble être le cas », a-t-elle indiqué.

« C'est inadmissible, et la justice sera extrêmement rigoureuse. »

— Une citation de  Nicole Belloubet, ministre française de la Justice

Mais en attendant les renforts, les habitants se sentent livrés à eux-mêmes, selon des témoignages.

Évacuations massives à Cuba et aux États-Unis

Irma se dirigeait vers le sud de l'archipel des Bahamas et devrait toucher la côte nord de Cuba entre vendredi soir et samedi matin. L'île a été placée en état d'alerte, et plus de 10 000 touristes ont reçu l'ordre de quitter leur hôtel ou leur résidence sur les côtes les plus exposées.

Après Cuba, Irma devrait remonter vers la côte sud-est des États-Unis, frappant d'abord la Floride dans la nuit de samedi à dimanche, puis la Georgie et la Caroline du Sud.

Bien qu'il soit maintenant de catégorie 4, l'ouragan demeure extrêmement dangereux, selon le Centre national des ouragans américain.

Le gouverneur de la Floride Rick Scott a appelé les 20 millions d'habitants de l'État à respecter les ordres d'évacuation et à se déplacer à l'intérieur des terres, soulignant qu'Irma aurait « un impact majeur et potentiellement mortel d'une côte à l'autre » de la Floride.

Mar-a-Lago menacée par Irma?

L’ouragan pourrait bien soumettre à un test l’affirmation de Donald Trump selon laquelle son club privé de Palm Beach peut survivre à toutes les tempêtes. L’extravagant palace du président américain a été frappé d’un ordre d’évacuation vendredi matin, selon des médias américains. Située sur une étroite pointe de terre, entre l’Intracoastal Waterway et l’océan Atlantique, Mar-a-Lago est particulièrement exposée aux aléas climatiques. Ses murs, d’une épaisseur d’un mètre, sont toutefois ancrés par des poutres d’acier et de béton encastrées dans des roches de corail, ce qui lui a jusqu’à maintenant évité de subir des dommages importants lors de passages d’ouragans.

Un homme marche parmi les débris, sur la côte nord de la République dominicaine.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un homme marche parmi les débris, sur la côte nord de la République Dominicaine.

Photo : Reuters / Ricardo Rojas

Un bilan provisoire de 22 morts

Jeudi, l'œil de l'ouragan a frôlé les îles britanniques Turks et Caicos, après avoir dévasté les îles de Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Barbuda. Il a tué jusqu'ici au moins 22 personnes, dont une dizaine dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Irma est également passé près des côtes de la République dominicaine et d'Haïti, sans toutefois toucher terre.

Des vents de 285 km/h et de fortes pluies ont frappé la République dominicaine, forçant l'évacuation de 19 000 personnes. Au total, 2135 logements ont été endommagés par les inondations, par des chutes d'arbres et par les rafales de vent, et les autorités ont effectué des coupures de courant préventives.

Le passage d'Irma a provoqué des inondations et a fait plusieurs blessés dans le nord-est d'Haïti, selon les services de protection civile. L'ouragan est passé un peu plus au nord d'Haïti que prévu, ce qui pourrait atténuer son impact sur ce pays des Caraïbes, classé parmi les plus pauvres du monde.

Les pertes et les dommages pourraient totaliser 120 milliards de dollars aux États-Unis et dans les Antilles et les Caraïbes, selon l'agence de modélisation Enki Research.

Dans les Antilles françaises seulement, le coût des dégâts causés par Irma sera « bien supérieur » à 200 millions d'euros, a estimé vendredi le patron de la Caisse centrale de réassurance, réassureur public spécialisé dans les catastrophes naturelles en France.

Il est cependant « beaucoup trop tôt pour donner un quelconque chiffre précis » sur le coût total du sinistre à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, a-t-il ajouté.

« Les dégâts les plus importants d'Irma sont encore à redouter, notamment en Floride où il y a à peu près 100 milliards d'euros de valeur assurée, donc c'est là où on aura le coût global de l'événement », a-t-il insisté.

Selon les Nations unies, quelque 37 millions de personnes pourraient être touchées par Irma.

Jose et Katia dans les pas d'Irma

Sur les îles déjà frappées par Irma, les habitants encore sous le choc font face au double défi de mesurer l'ampleur des dégâts, tout en se préparant au passage d'un deuxième ouragan, Jose, maintenant de catégorie 4.

Avec des vents à 240 km/h, Jose se déplace dans le sillage d'Irma, et pourrait atteindre samedi les Caraïbes et le territoire américain.

Derrière lui, un troisième ouragan, Katia, maintenant de catégorie 2, se dirige vers le Mexique qu'il devrait atteindre samedi matin.

Avec les informations de Reuters, Agence France-Presse, Le Figaro, Le Monde, et Associated Press

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