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Éric Tétrault, candidat libéral dans Louis-Hébert, jette l'éponge

Éric Tétrault

Éric Tétrault

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Dans la tourmente en raison d'allégations de harcèlement psychologique et d'intimidation datant de l'époque où il était directeur des affaires publiques chez ArcelorMittal, Éric Tétrault renonce à sa candidature sous la bannière libérale, en vue de l'élection complémentaire du 2 octobre prochain dans la circonscription de Louis-Hébert, à Québec.

En entrevue exclusive à Radio-Canada, M. Tétrault a affirmé avoir pris sa décision en raison de l'impact qu'a sur sa famille la controverse dont il fait l'objet.

J’ai parlé à mon fils de sept ans vers 16 h 30, aujourd’hui, et j’ai vu que même à un si jeune âge, il encaissait. Et ce ne serait pas drôle pour lui, ni pour ma femme ni pour mon autre jeune fils. Je me suis dit : ''on ne fera pas ça, on va arrêter ça maintenant''.

Éric Tétrault

Même s'il s'est montré combatif ces derniers jours et dit être encore « prêt à [se] battre », M. Tétrault a fini par jeter l'éponge. « Le poids sur la famille est vraiment dur à porter, dit-il. Pour eux, ça fait un mois que ça dure, parce que quand je suis arrivé dans la campagne, on avait décidé que j’étais coupable de quelque chose. J’étais coupable par association. »

Éric Tétrault a reconnu avoir mal agi à certaines occasions, avoir été « carré » et « abrasif », mais il a démenti les allégations de harcèlement psychologique et de menaces. Il a souligné qu’ArcelorMittal n'avait retenu aucune plainte contre lui au terme de son enquête. Toutefois, il a constaté que cela ne semblait pas suffisant aux yeux de l'opinion publique.

« J’ai donné toutes les explications possibles et impossibles. J’ai expliqué la situation en détail, j’ai bien dit ce qui s’était passé, j’ai bien dit qu’il n’y avait jamais eu de plainte au dossier, mais que malgré ça, si des gens se sont sentis lésés, que je leur offrais tous mes regrets, toutes mes excuses », a-t-il indiqué.

« La perception demeurait négative »

« Comme on dit toujours, en politique, c’est la perception qui domine, a-t-il poursuivi. Ce que je voyais, c’est que la perception demeurait négative. […] Ça aurait été difficile de continuer, même si j’avais beaucoup de détermination à le faire, mais quand la famille n’est pas heureuse, ça vous parle. Pour moi, ça a toujours été la famille d’abord. »

En 2017, en politique, on demande aux gens de n’avoir jamais rien fait dans leur vie. J’ai bien vu que les gens acceptent plus ou moins ces choses-là aujourd’hui. C’est une autre raison qui m’a incité à me retirer.

Éric Tétrault

Le retrait était, aux yeux de M. Tétrault, la bonne décision à prendre malgré le soutien des libéraux, car, « à l’évidence, ça aurait été une course difficile où il aurait fallu toujours s’expliquer ». « Je ne voulais pas passer trois semaines à m’expliquer là-dessus. Moi, ce que je voulais faire comme campagne, c’est trois semaines où on débat des enjeux », a-t-il souligné.

Éric Tétrault dit avoir communiqué avec le cabinet du premier ministre, mais n'a pas parlé directement à Philippe Couillard. Il nie par ailleurs avoir subi une quelconque pression du premier ministre ou de son cabinet pour renoncer à sa candidature.

« Je ne regrette pas mon aventure, j’adore la politique, je vais continuer à suivre ça de très près », a confié le désormais ex-candidat libéral, qui a eu des mots élogieux à l'égard de Philippe Couillard.

En soirée, le Parti libéral du Québec a confirmé le retrait d'Éric Tétrault et a refusé de le commenter.

Mauvais départ

Outre les allégations de harcèlement psychologique, Éric Tétrault devait faire face dès le début de la campagne à des attaques sur son intégrité.

Révélée par la commission Charbonneau, sa présence, lors d’un concert de Céline Dion en 2008, dans la loge de Lino Zambito avec l'ex-ministre Nathalie Normandeau a été soulevée.

Celui qui a été interrogé par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans le cadre d'une enquête sur le financement politique, a dû également préciser qu’il n’avait plus de lien avec l'ex-ministre fédéral Alfonso Gagliano, dont il a été le porte-parole, et l'ex-maire de Terrebonne Jean-Marc Robitaille.

L'annonce du retrait d'Éric Tétrault survient quelques heures à peine après que le candidat de la Coalition avenir Québec, Normand Sauvageau, eut également annoncé son retrait de la course.

Réactions du Parti québécois et de Québec solidaire

Réagissant au retrait des candidats libéral et caquiste, le chef du Parti québécois, Jean François Lisée, a demandé au PLQ et à la CAQ d'expliquer « pourquoi ils n'ont pas été en mesure de trouver des candidats méritant le respect des électeurs, alors qu'ils ont eu six mois pour le faire ».

La désignation de ces candidats, puis leur retrait, tout cela doit être vu par les électeurs de Louis-Hébert comme un grave manque de respect envers eux.

Jean François Lisée

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, a qualifié les deux partis de « blanc bonnet, bonnet blanc ».

À force de recruter dans les mêmes milieux, les deux partis se retrouvent avec les mêmes problèmes.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé,

« La confiance aveugle de la CAQ et du PLQ envers les hautes sphères du milieu des affaires et leur foi absolue envers les grands patrons et les banquiers les empêchent de voir l'essentiel et de poser les bonnes questions à leurs candidats », a-t-elle déclaré dans un communiqué qui a été envoyé avant l'annonce du retrait de M. Tétrault.

Le scrutin du 2 octobre vise à combler le siège laissé vacant par le départ du député libéral Sam Hamad.

Lors des élections générales d'avril 2014, M. Hamad avait obtenu près de 50 % des voix, devant le candidat de la CAQ (environ 26 %) et celui du Parti québécois (18 %).

Avec les informations de La Presse canadienne

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