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Projectile reçu au visage : Naomie Tremblay-Trudeau témoigne

Naomie Tremblay-Trudeau a été blessé par le tir d'une bonbonne de gaz lacrymogène du policier Charles-Scott Simard le 26 mars 2015.

L'étudiante avait été blessée lors d'une manifestation

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Naomie Tremblay-Trudeau a témoigné mercredi devant le Comité de déontologie policière, chargé de faire la lumière sur une manifestation devant l'Assemblée nationale qui a tourné à l'affrontement au printemps 2015. L'ex-cégépienne a raconté comment elle avait été blessée au visage après avoir reçu un projectile tiré à bout portant par l'agent Charles-Scott Simard, du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

Un texte de Cathy Senay

« C’était un gros coup. J’ai senti la douleur vivement au début. Je m’inquiétais plutôt pour mes poumons, car j’avais de la misère à respirer. Je me suis couchée par terre et je suis entourée de gens autour de moi. J’entends : " Cachez-la des médias" », a relaté Naomie Tremblay-Trudeau devant le président de l’audience, Me Pierre Gagné.

La jeune femme affirme avoir reçu un projectile et du gaz lacrymogène au visage lors d’une manifestation étudiante contre l’austérité qui a eu lieu juste avant le dépôt du budget provincial, le 26 mars 2015, à Québec. Elle soutient également avoir des trous de mémoire depuis l’incident, car « elle a été sonnée ».

C’était la première journée d’audiences du Comité de déontologie policière. Au cours des prochaines semaines, le comité tentera de déterminer si l’agent Simard, du SPVQ, a utilisé son arme avec prudence et discernement à l’endroit de Naomie Tremblay-Trudeau et d'autres manifestants.

Contre-interrogée par l’avocat représentant M. Simard, l’ancienne étudiante a admis avoir eu conscience qu’un tel rassemblement pouvait tourner à la confrontation avec les policiers. Ce n’était toutefois pas assez pour la convaincre de quitter les lieux de la manifestation. La jeune femme dit qu'elle ignorait comment les choses allaient tourner.

Au début, je ne croyais pas que ça allait tirer.

Naomie Tremblay-Trudeau, ancienne cégépienne

Mme Tremblay-Trudeau a par ailleurs reconnu avoir participé à une manifestation qualifiée d’illégale, deux jours avant celle du 26 mars.


L'agent Charles-Scott Simard accompagné de son avocat Robert DeBlois

L'agent Charles-Scott Simard accompagné de son avocat Robert DeBlois

Photo : Radio-Canada

La scène captée sous différents angles

La procureure du Commissaire à la déontologie policière, Fannie Roy, a pris le temps de présenter des vidéos de l’événement au ralenti, exercice auquel s’est opposé Me Robert DeBlois.

« Dans la vie, ce n’est pas comme ça que ça se passe, a-t-il soutenu. Le décorticage séquence par séquence, ce n’est pas ce que l’œil voit. Et ce n’est pas comme ça que l’agent Charles Scott-Simard a réagi. »

Il a ensuite présenté ce qui sera le cœur de son argumentaire : « On va s’objecter à l’idée que ce policier ait tiré sur Naomie Tremblay-Trudeau. »

Selon Me DeBlois, tout le battage médiatique entourant cet incident a eu des conséquences assez troublantes sur l’agent Simard et sa vie personnelle. Ces conséquences seront expliquées en temps et lieu, a-t-il dit.

L’avocat a aussi tenu à préciser que les cartouches de poudre qui se sont retrouvées dans le fusil à irritant chimique de l’agent Simard dataient de 2014. Le SPVQ les a retirées en raison des particules de poussières jaune-orange qu’elles produisaient après le tir.

Fait à noter, l’avertissement du SPVQ annonçant que la manifestation avait été déclarée illégale et enjoignant aux participants de se disperser en utilisant les trottoirs n’aurait été lancé pour la première fois que vers 18 h 35 le jour du rassemblement.

Québec

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