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Transport scolaire : un cauchemar pour les parents d’enfants en immersion française

Des enfants descendent d'un autobus scolaire.

Le nombre de trajets d'autobus scolaire a été réduit et les arrêts sont plus éloignés à Calgary.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Proulx

Radio-Canada

Les parents d'enfants en classe d'immersion française à Calgary doivent faire face à des hausses de tarifs pour le transport scolaire. De nombreux enfants sont également forcés de parcourir de grandes distances à pied pour se rendre à leur arrêt d'autobus. Certains parents préfèrent donc inscrire leurs enfants dans un autre programme ou même dans une autre école.

Depuis cette année, le transport scolaire est gratuit pour les élèves des programmes réguliers qui habitent à plus de 2,4 kilomètres de leur école. C’est le gouvernement de Rachel Notley qui avait forcé l’abolition de ces tarifs en faisant adopter le projet de loi 1 sur les frais scolaires en mai 2017. Le manque à gagner devait être couvert par des gains d’efficacité et des abolitions de programmes.

La Commission des écoles anglophones publiques de Calgary affirme qu’elle est forcée de trouver de nouveaux moyens de boucler son budget.

Les enfants qui font partie de programmes spéciaux, comme l’immersion française, ne sont pas admissibles au transport gratuit. Ils devront en plus faire face à une augmentation de leur facture de transport. Le montant exact de cette hausse demeure cependant inconnu. La Commission ne leur a pas encore fait parvenir la facture sur laquelle apparaîtra le nouveau prix du transport scolaire.

Le nombre d’arrêts et de trajets d’autobus a également été réduit, ce qui force de nombreux enfants à parcourir de longues distances à pied ou à utiliser le transport en commun.

Abandonner l’immersion pour l’école française

Cette année, la distance jusqu’à l’arrêt d’autobus que doivent emprunter deux des trois fils de Rhisma Somji est passée de quelques centaines de mètres à 2 kilomètres.

« C’est un trop grand trajet à faire chaque jour avec trois enfants, en particulier quand il fait noir en hiver », explique-t-elle.

Une mère et ses trois enfants marchent sur le trottoir d'un quartier résidentiel de Calgary.

Rishma Somji accompagne ses enfants Dean, Gabriel et Tristan à l'arrêt d'autobus.

Photo : Radio-Canada

Elle a donc décidé de ne pas attendre de recevoir la facture de transport scolaire en octobre. Ses fils iront cette année à l’école française plutôt que dans un programme d’immersion dans une école anglaise. Elle a ainsi accès au transport scolaire gratuitement.

La Commission des écoles anglophones publiques de Calgary affirme que l’immersion française est un choix que font les parents et qu’elle n’a donc pas l’obligation d’offrir le transport au même coût.

Le français est aussi la langue officielle du Canada. On a deux langues officielles. Choisir d’envoyer notre enfant dans une école qui enseigne les deux langues, ce n’est pas une juste un choix. Pourquoi est-ce qu’on nous punit avec des frais?

Rhisma Somji

Des factures qui s’additionnent

L’organisme Canadian Parents for French Alberta croit que ces hausses auront un effet négatif sur les familles, en particulier celles qui ont plusieurs enfants dans des programmes alternatifs.

Si on a 5 ou 6 enfants, on va payer pour le transport de 5 ou 6 enfants. C’est cher.

Michael Tryon, directeur de Canadian Parents for French Alberta

Michael Tryon rappelle cependant que de nombreux conseils scolaires de l’Alberta continuent d’offrir le transport gratuitement aux élèves inscrits dans des classes d’immersion. Il croit qu’il est encore trop tôt pour savoir si ces changements auront un effet négatif sur le nombre d’enfants inscrits dans des programmes d’immersion.

Michael Tryon accorde une entrevue dans son bureau.

Michael Tryon, le directeur de directeur de Canadian Parents for French Alberta

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement de l’Alberta a lancé un processus de consultation afin d’étudier d’éventuels amendements à la loi sur les frais scolaires. Les états financiers de la Commission des écoles anglophones publiques de Calgary font l’objet d’un examen de la part du gouvernement provincial. Les résultats de cet examen seront connus cet automne.

Avec les informations de Tiphanie Roquette

Alberta

Éducation