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Prix du récit Radio-Canada 2017 : les textes préférés de nos lectrices

Les auteures Mélikah Abdelmoumen, Naomi Fontaine, Bibish Marie-Louise Mumbu et Martine Noël-Maw
Les auteures Mélikah Abdelmoumen, Naomi Fontaine, Bibish Marie-Louise Mumbu et Martine Noël-Maw Photo: Mathieu Rivard/Kizzi Estevez/Rachel Shakamay/Tim maw

Il ne reste que 20 histoires vécues en lice pour le Prix du récit Radio-Canada 2017. En attendant de connaître les cinq finalistes (le 12 septembre), voici qui, selon nos lectrices, mérite le prix. Le jury sera-t-il d'accord avec leurs choix?

Le choix de Mélikah Abdelmoumen : Je n'aurai plus treize ans, de Fednel Alexandre

L'auteure Fednel AlexandreL'auteure Fednel Alexandre Photo : Valérie Rancourt

Un émouvant récit d'enfance, magnifique de maîtrise, de finesse et d'économie, mettant en scène des personnages qui prennent chair sous nos yeux, dans toute leur richesse et leur complexité. Un récit bouleversant où se mêlent avec une grande force et une grande subtilité la question de l'histoire d'Haïti, celles du colonialisme et du post-colonialisme français, et, en filigrane, celle de l'immigration au Québec, le tout à travers une ode à la lecture, à la littérature, à leur manière de nous secouer et de nous sauver, selon les âges de la vie.

Mélikah Abdelmoumen

Le choix de Naomi Fontaine : Maman t'attend, de Mélody Prévost

L'auteure Melody PrévostL'auteure Melody Prévost Photo : Colombe Boileau

C’est un texte qui parle d’une fausse couche. Le ton n’est pas trop appuyé et le choix des mots est juste. Sa vision imaginée de l’enfant perdu révèle le sentiment de survie. J’ai aimé le style drastique de l’écriture. Comme seule la mort peut l’être.

Naomi Fontaine

Les choix de Bibish Marie-Louise Mumbu : Le poids de la couleur rose, de Nathalie Lagacé, et Le silence est d'or, de Sophie Fortier

Les auteures Nathalie Lagacé et Sophie FortierLes auteures Nathalie Lagacé et Sophie Fortier Photo : NL/Sage Rebelle photo

J’ai adoré ces deux récits à cause de leur réalisme et de leur intrigue. Les univers narratifs et les thèmes y sont bien exploités. Liberté, féminité, fantasme, psychologie, éducation, conditionnement se mêlent dans un opéra à plusieurs voix. Et la réalité des femmes telle que racontée, leur objectivation dans la société, à tous les échelons, est tellement vécue partout que j’ai été reconnaissante de lire cela. Je viens du Congo, j’ai pas mal voyagé et je réside ici désormais. C’est la réalité des femmes, quelles que soient leurs races ou leurs origines. Certaines la vivront de plein fouet, chez d’autres, elle prendra des chemins escarpés mais elle demeure présente, tenace, malgré l’instruction des pairs, la mondialisation et tous les progrès de la technologie connus : réduire la femme à son vagin.

Bibish Marie-Louise Mumbu

Les choix de Martine Noël Maw : Tu attends la neige Leonard, de Danielle Dussault, et L'Américain, de Jacques Clermont

Les auteurs Danielle Dussault et Jacques ClermontLes auteurs Danielle Dussault et Jacques Clermont Photo : Annick MH de Carufel/Marcel Pigeon

D’abord déroutant, le récit poétique "Tu attends la neige Leonard" devient vite envoûtant. La douleur exprimée par la narratrice m’a transpercée comme le froid de cette triste journée de novembre où le monde a appris qu’il devrait continuer de tourner sans le génie de son plus ardent troubadour. Dans "L’Américain", qui se déroule dans le coin de pays où je suis née, l’écriture habile est maîtrisée au point où on la croirait équarrie à la hache. Ce récit d’une rencontre fortuite avec un Américain comporte des moments qui m’ont donné froid dans le dos.

Martine Noël Maw

Mélikah Abdelmoumen est née au Québec en 1972. Elle est l’auteure de nombreux articles et nouvelles, de plusieurs romans, dont Chair d’assaut (1999, Prix de la première œuvre du Salon du livre du Saguenay), Alia (2006, finaliste au Prix littéraire des collégiens du Québec), Les désastrées (VLB, 2013), et d'un essai, L'école des lectrices : Doubrovsky et la dialectique de l'écrivain (PUL, 2011). Elle tient un blogue (Nouvelle fenêtre) où elle rend compte de ce qu'elle a vu depuis que, en 2009, elle a noué des liens avec des familles roms vivant dans des bidonvilles et squats de la région lyonnaise, en France, où elle a vécu une douzaine d'années. Elle travaille actuellement à un essai libre sur les questions de l'immigration, de l'engagement et de l'écriture.

Naomi Fontaine est née à Uashat, communauté innue voisine de Sept-Îles. Après des études en enseignement à l'Université Laval, elle est retournée vivre chez elle. Auteure, elle désire écrire le visage des Innus et tout ce que leurs yeux ont vécu. Son premier recueil de récits poétiques Kuessipan : à toi, qu’on peut écouter en livre audio sur Première PLUS, a été publié en mars 2011 aux éditions Mémoire d'encrier et sera adapté au grand écran par la réalisatrice Myriam Verreault.  À l’été 2016, elle a rédigé une série de courts billets sur la vie quotidienne et la culture innue pour Radio-Canada.ca

Originaire de la République démocratique du Congo, la journaliste et écrivaine Marie-Louise Bibish Mumbu a immigré par amour au Québec en 2010. Journaliste culturelle, correspondante d’Africultures, elle se consacre de plus en plus à l’écriture, sa passion. Elle est l'auteure, entre autres, de Mes obsessions : j’y pense et puis je crie!, chroniques de la vie quotidienne de Kinshasa, de Carnet de la création, sur le plasticien Francis Mampuya (Éditions de l’Œil), de La fratrie errante (théâtre) et de Samantha à Kinshasa (Recto-Verso, 2015), roman adapté à la scène sous le titre Bibish de Kinshasa.

Originaire de Rouyn-Noranda, en Abitibi, Martine Noël-Maw (Nouvelle fenêtre) vit à Regina, en Saskatchewan, depuis 1993. Elle a été tour à tour coiffeuse, mannequin, puis conseillère en communications et en ressources humaines. À l'approche de la quarantaine, elle a décidé de se consacrer à sa passion première : l'écriture. Depuis, elle a publié une douzaine d'ouvrages pour adultes et pour les jeunes, en plus d'écrire pour le théâtre. Elle a reçu un Saskatchewan Book Award, pour Amélia et les papillons (Hurtubise) et Dans le pli des collines (La nouvelle plume). En 2015, elle a été finaliste du Prix du récit Radio-Canada pour Elle s’appelait Anika Zovak.


Véritable tremplin pour les écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada sont ouverts à tous, amateurs ou professionnels. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours. Notez que les inscriptions sont en cours pour un autre de nos prix de création : le Prix de la nouvelle Radio-Canada 2018.

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