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Hydro-Québec face au casse-tête de l’acceptabilité sociale

Hydro-Québec et la protection du paysage
Radio-Canada

Le PDG d'Hydro-Québec, Éric Martel, affirme que procéder à l'enfouissement des câbles dans les centaines de projets controversés n'est pas une option envisagée, car elle ferait exploser les prix de l'électricité.

En entrevue à l’émission 24/60, M. Martel a fait savoir que la société d’État avait plus de 400 cas de dossiers qui comportent des enjeux d’acceptabilité sociale.

Le plus médiatisé est celui de Saint-Adolphe-d’Howard, qui conteste le passage de pylônes sur le sommet des montagnes situées près du village. La municipalité estime que cela nuit au paysage de la localité et à son tourisme.

La Régie de l’énergie a tranché en faveur d’Hydro-Québec, dont le patron souligne que le tracé a été modifié plusieurs fois et que les tous les scénarios ont été étudiés, avant d’opter pour les lignes aériennes.

Ce n’est pas le cas de Saint-Adolphe-d’Howard qui est un enjeu, ce n’est pas 40 millions de dollars qui vont faire une différence. La différence, c’est que si demain on le fait là, puis que les 399 autres veulent qu’on le fasse, là on va avoir une explosion des prix.

Éric Martel, PDG d’Hydro-Québec

De plus, nuance-t-il, « le projet est à 2,9 kilomètres [du village de Saint-Adolphe-d’Howard], il ne passe pas au-dessus du lac, il passe dans la montagne. Et on a redesigné des pylônes pour s’adapter, on n’a pas rien fait, on n’est pas assis sur nos lauriers. Quand vous regardez, il y a trois petites têtes de pylônes qui apparaissent et on essaye de les camoufler le plus possible. On est très sensible à ça et on va tout faire pour continuer de minimiser cet impact visuel ».

Un choix coûteux

M. Martel s’est évertué à expliquer que l’option de l’enfouissement n’est pas aussi simple qu’on le pense, car elle a des conséquences directes sur les tarifs d’électricité.

Il explique que « depuis la nationalisation de l’électricité, à Hydro-Québec, on a un pacte social avec tous les Québécois. Une des choses qu’on a dans ce pacte social, c’est de leur offrir les tarifs les plus compétitifs, le plus possible. Ce qu’on réussit à faire jusqu’à maintenant, on a les tarifs les plus bas en Amérique du Nord. »

Si j’offre à tout le monde l’enfouissement, les tarifs d’électricité vont exploser. [...] Quand je suis arrivé en poste, le plus grand enjeu qu’on a mis devant moi comme PDG d’Hydro-Québec […] c’était les tarifs.

Éric Martel, PDG d’Hydro-Québec

De plus, Éric Martel estime que la notion d’acceptabilité sociale va au-delà de la préservation du paysage et inclut, à ses yeux, l’idée de la solidarité.

Rappelant que sa société a conclu l’an passé « 300 000 ententes de paiement » avec des clients, il souligne qu’une « explosion des prix » que générerait le recours à l’enfouissement massif serait dommageable pour cette clientèle vulnérable qui a du mal à s’acquitter de la facture mensuelle.

« À Hydro-Québec, on a une responsabilité d’être empathique avec cette clientèle. C’est difficile de leur dire : ''j’ai accepté de faire de l’enfouissement et c’est vous qui allez payer'' », illustre M. Martel.

« Je ne peux pas, aujourd’hui, complètement ignorer le plan économique », martèle le PDG d’Hydro-Québec, qui reconnaît toutefois que « de plus en plus, il y a un mouvement de masse qui dit [que] les paysages sont importants. Je pense que nous aussi on doit évoluer dans ça. Cette discussion-là va continuer d’évoluer avec les Québécois. »

Société