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Deux consortiums autochtones espèrent acheter le chemin de fer vers Churchill

Le port de Churchill, au Manitoba

Le port de Churchill, au Manitoba

Photo : Radio-Canada / Lyzaville Sale

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les consortiums autochtones Missinippi Rail et One North s'unissent en vue de l'achat du port de Churchill et de la voie ferrée menant à cette localité du nord du Manitoba, mettant ainsi de la pression sur le gouvernement fédéral pour qu'il règle le dossier avant l'hiver.

La seule voie d'accès terrestre vers la localité arctique est hors service depuis mai.

Missinippi Rail s'était déjà entendu avec l'actuel propriétaire des installations, OmniTRAX, pour l'achat du port et du chemin de fer pour la somme de 20 millions de dollars.

Toutefois, le porte-parole de Missinippi, le grand chef Arlene Dumas, annonce s'être entendu avec One North en vue de l'achat conjoint des infrastructures.

Les deux groupes ont envoyé une lettre au premier ministre, Justin Trudeau, indiquant qu'ils souhaitent maintenant travailler ensemble. Celle-ci est signée par le grand chef Dumas, ainsi que par le chef de la Nation crie d’Opaskwayak, Christian Sinclair, et le maire de Churchill, Mike Spence, soit les deux dirigeants de One North.

« Il faut que ce soit un modèle d’entreprise qui prend en considération les intérêts de toutes les parties », affirme le chef Sinclair, qui ajoute qu’il croit comprendre qu’Ottawa est prêt à aller de l’avant avec une première esquisse de plan, mais qu’il existe toujours quelques petits détails à régler.

Le temps presse

En raison de graves inondations et des glissements de terrain causés par les eaux des crues en mai, le service ferroviaire entre Amery, à 46 km au nord-est de Gillam, et Churchill a été suspendu pour une période indéterminée.

Churchill n’est plus accessible par voie terrestre depuis cette période. Les prix des aliments sont montés en flèche, et de nombreux résidents sont de plus en plus préoccupés par l’avenir de leur village et se demandent s’ils seront capables d’y rester.

Entre 20 à 60 millions de dollars de dégâts ont été occasionnés par les dégâts subis par la ligne ferroviaire.

Des parties qui s'opposent

Le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, a publié vendredi un communiqué affirmant que le gouvernement fédéral a exigé d'OmniTRAX qu'elle paye les réparations.

« La société OmniTRAX inc. est tenue légalement de réparer la ligne et ses voies », a précisé le communiqué, tout en soulignant que le contrat signé avec Ottawa, en 2008, oblige l’entreprise américaine à « exploiter, à entretenir et à réparer l’ensemble de la ligne ferroviaire de la Baie d’Hudson [NDLR : une filiale d’OmniTRAX] avec diligence et dans les délais prescrits jusqu’au 31 mars 2029 ».

Des représentants d’OmniTRAX ont déjà indiqué que le chemin de fer est un « service public », et le directeur commercial de l’entreprise, Peter Touesnard, a confirmé que l’entreprise américaine n’a les ressources financières nécessaires ni pour réparer la voie ferrée et rétablir le service avec Churchill ni pour rouvrir le port arctique.

Selon les experts, il faut absolument commencer les réparations au plus tard début septembre si tout doit être terminé avant l’arrivée de l’hiver.

Le maire Spence, qui copréside l’organisme One North avec le chef Christian Sinclair, déclare que « même si le temps presse, [ils] sommes bien positionnés », ajoutant que c’est maintenant au gouvernement fédéral et à OmniTRAX d’agir.

« Une fois qu’ils auront conclu l’affaire entre eux, ce sera à notre tour de passer aux actes », remarque Mike Spence.

OmniTRAX à bord

Dans un courriel envoyé à CBC, OmniTRAX avoue qu’elle est « en communication régulière avec le chef Dumas et [qu’elle est] très contente d’apprendre qu’il a entrepris une démarche partenariale avec d’autres Premières Nations intéressées ».

L’entreprise affirme également qu’elle est en pourparlers avec Ottawa afin d’« assurer […] un prompt retour d’un service ferroviaire fiable et sûr aux communautés touchées ».

Le bureau du premier ministre Justin Trudeau n’a toujours pas répondu aux appels de Radio-Canada.

Selon les informations de Sean Kavanagh, CBC News

 

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