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L’école la plus verte est en Alberta

À l'école Lord Shaughnessy, les élèves font pousser leur propre nourriture.

Photo : Radio-Canada / Laurence Martin

Radio-Canada

Eh oui, vous avez bien lu. Au royaume du pétrole, on apprend aussi à sauver la planète. Du moins, à l'école secondaire Lord Shaughnessy, à Calgary.

Un texte de Laurence Martin

L’établissement scolaire public a été désigné le « plus vert au pays » par le Conseil du bâtiment durable.

Mais comment? Pourquoi? C’est la question qu’on se pose en s’approchant de la bâtisse couleur beige-brun. Pas de murs fabriqués avec des matériaux recyclés ou tatoués de panneaux solaires. Pas d’immense support à vélos à l’entrée.

Seulement une tonne de béton qui rappelle l’architecture brutaliste ou les polyvalentes des années 1970.

Une école verte ou une bonne vieille polyvalente? Difficile à dire au premier coup d'oeil...Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une école verte ou une bonne vieille polyvalente? Difficile à dire au premier coup d'oeil...

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Une fois à l’intérieur, par contre, les initiatives vertes pleuvent.

Les élèves font pousser leur nourriture, des ingrédients qui servent ensuite dans les cours de cuisine ou qui sont vendus aux restaurants locaux. Ils pratiquent l’aquaponie, l’art de cultiver des plantes et d’élever des poissons en symbiose.

En aquaponie, les excréments des poissons servent d’engrais aux plantes qui s’en nourrissent. L’eau est ainsi purifiée par les plantes et réacheminée vers le bassin à poissons. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En aquaponie, les excréments des poissons servent d’engrais aux plantes qui s’en nourrissent. L’eau est ainsi purifiée par les plantes et réacheminée vers le bassin à poissons. En aquaponie, les excréments des poissons servent d’engrais aux plantes qui s’en nourrissent. L’eau est ainsi purifiée par les plantes et réacheminée vers le bassin à poissons.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Ils ont installé des murs végétaux pour améliorer la qualité de l’air dans les salles de classe.

Même le tapis a été fabriqué avec des filets de pêche recyclés.

Même le tapis est « vert » à l'École Lord Shaughnessy.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le tapis de l'école a été fabriqué à partir de filets de pêche recyclés.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Former les leaders de demain

Mais au-delà de ces initiatives, c'est surtout la méthode d'enseignement qui diffère.

L’École Lord Shaughnessy offre un programme spécialisé en énergie et en environnement, et les élèves qui y sont inscrits passent très peu de temps en salle de classe.

Chaque jour, mes élèves arrivent avec une dizaine de propositions. Et si on créait un jardin communautaire dans notre quartier? Et si on demandait au gouvernement d’installer des panneaux solaires dans toutes les écoles de la province? 

Adam Robb, enseignant, École Lord Shaughnessy

Ils ont même travaillé avec la pétrolière Chevron sur leur évaluation environnementale.

De nombreux projets échouent. Normal, répond l’enseignant Adam Robb.

L'enseignant Adam Robb dans sa « classe ». Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enseignant Adam Robb dans sa « classe ».

Photo : Radio-Canada / Laurence Martin

Le but, ce n'est pas de réussir tout le temps, mais plutôt de comprendre tout le travail, toutes les consultations qu'il faut faire si l'on veut changer les choses.

Souvent, j'entends des jeunes qui me disent : "Quand je serai grand, je veux changer le monde!" Mais personne ne leur apprend à le faire.

Adam Robb, enseignant, École Lord Shaughnessy

Le reportage de Laurence Martin est présenté ce soir au Téléjournal à 21 h sur ICI RDI et à 22 h sur ICI Radio-Canada Télé.

Quel impact sur la réussite?

Les élèves apprécient la façon dont ils sont traités. Ils se sentent « utiles ». Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les élèves apprécient la façon dont ils sont traités. Ils se sentent « utiles ».

Photo : Radio-Canada / Laurence Martin

L’approche d’enseignement très terre à terre, qui incite les élèves à faire preuve d’initiative, semble porter fruit.

Plusieurs adolescents, aux prises avec des problèmes de santé mentale, d’anxiété, qui avaient perdu le goût de l’école avant d’arriver à Lord Shaughnessy, s’accrochent. Ils se sentent respectés, utiles.

Ici, tout le monde me traite comme une adulte, responsable. Je sens que je suis capable.

Réan Landry, élève
Ce mur végétal permet d'améliorer la qualité de l'air dans l'école ou dans la salle de classe. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce mur végétal permet d'améliorer la qualité de l'air dans l'école ou dans la salle de classe.

Photo : Radio-Canada / Richard Marion

Parmi eux, Braeden Collingridge, 18 ans, qui souffre d’un important déficit de l’attention.

Ces jours-ci, il passe 10 heures par jour à planter des arbres dans la cour d’école. Il compte s’inscrire à un programme universitaire en horticulture.

« J’ai toujours aimé la nature, les plantes, dit-il, mais je n’avais jamais pensé que ça pourrait être un choix de carrière. »

Comme quoi, à l’École Lord Shaughnessy, on ne veut pas juste changer le monde. On peut aussi donner un sens à sa vie.

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