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Les chefs autochtones prudents devant la division du ministère des Affaires autochtones

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, regardant la nouvelle ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott en point de presse
La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, regardant la nouvelle ministre des Services aux Autochtones, Jane Philpott Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Radio-Canada

Un peu partout au Canada, la refonte du ministère des Affaires autochtones est accueillie d'un bon oeil mais aussi avec une dose de scepticisme chez les chefs.

Carolyn Bennett se chargera désormais des règlements de traités alors que l’ancienne ministre de la Santé, Jane Philpott, se concentrera sur le bien-être des Autochtones, voire de leur santé.

Remaniement sans consulter les Autochtones

« Les deux ministres sont docteures et elles sont passionnées par leur travail auprès des communautés autochtones », indique le chef régional de l’Ontario à l'Assemblée des Premières Nations, Isadore Day, qui demeure très critique quant à la façon dont le remaniement a été exécuté.

N’importe quelle transformation du gouvernement devrait nous inclure. »

Isadore Day, chef national de l'Ontario

Selon lui, les Autochtones devraient être tenus au courant et le gouvernement devrait non seulement allouer plus de ressources mais aussi travailler sur son capital politique.

« Ça a beaucoup à voir avec les consultations, les obligations, la reconnaissance des droits et la juridiction, estime-t-il. Le gouvernement fédéral devra faire beaucoup plus que scinder un ministère pour régler ces questions. »

Deux femmes bien au fait, selon l’ancien ministre Tootoo

Pour le député du Nunavut Hunter Tootoo, ce changement sera bénéfique pour le Nord.

« Les priorités et les défis seront partagés », dit celui qui s’était retrouvé à la tête des Affaires autochtones quand les Libéraux ont pris le pouvoir en 2015. Il se rappelle que le ministère était « énorme, étendu et complexe ».

Carolyn Bennett et Jane Philpott connaissent bien les enjeux du Nord, selon lui. « Ce n’est pas comme si on devait sensibiliser une nouvelle personne à ces problèmes. »

Le chef national déné Bill Erasmus qualifie la scission de « bon coup ».

« Nous avons toujours dit que c’était très difficile pour le Canada de travailler avec nous parce qu’ils sont déchirés entre deux stratégies, explique le chef originaire de Yellowknife. D’une part, ils reconnaissent nos droits et nous aident à regagner notre autonomie. De l’autre, ils poussent pour le développement du Nord avec de gros projets qui minent nos droits. »

Cela nous laisse la chance de séparer les enjeux et de les regarder différemment.

Bill Erasmus, chef national déné

La nouvelle est aussi accueillie de façon positive à l’autre bout du pays, mais elle suscite également une part d’incertitude et de prudence.

« Nous ne sommes pas encore sûrs de l'impact que cela aura pour nous ou pour le Congrès des Peuples autochtones dont nous faisons partie, concède la chef Lisa Cooper à la tête du Conseil autochtone de l’île du Prince Édouard. Jusqu’à ce qu’ils mettent de la chair autour de l’os, nous ne saurons pas s’il s’agit d’un bon coup ou du statu quo. »

Même son de cloche du côté de la Confédération micmaque de l’île.

« Avoir un ministère qui aide les Premières Nations à se gouverner est très positif », dit son directeur Don Mackenzie dans un courriel à CBC. « En même temps, il pourrait y avoir une crise de croissance quand le gouvernement mettra en place les nouvelles structures. »

Avec ce remaniement, le gouvernement Trudeau cherche à démanteler les structures « coloniales » et à construire des relations fortes avec les Premières Nations, les Métis et les Inuits.

La recommandation de diviser les responsabilités découle de la Commission royale sur les peuples autochtones en 1996 qui avait été créée durant le conflit d’Oka pour rétablir des relations justes entre Autochtones et non-Autochtones.

Avec les informations de CBC

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