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  • Archives
  • La Série du siècle, bien plus qu’une série de hockey

    Montage d’archives, 1972
    Radio-Canada

    Le 2 septembre 1972, en pleine guerre froide, s'ouvre à Montréal ce qu'on appellera plus tard : la Série du siècle. Pendant un mois, les meilleurs joueurs de hockey professionnels du Canada affrontent ceux de l'URSS. La fièvre du hockey s'empare du pays et Radio-Canada, diffuseur officiel de l'événement, est aux premières loges.

    Plus qu’une série de hockey, la Série du siècle représente à l’époque un prolongement de la guerre froide. Le duel entre le Canada et l’URSS sur la patinoire est vivement attendu. Comme en témoigne le vox pop de notre montage d’archives, nombreux sont ceux qui prédisent une victoire facile pour l’équipe du Canada. Pourtant, les Soviétiques donneront des sueurs froides aux Canadiens et les rebondissements seront nombreux.

    Bien que l’équipe canadienne soit solide, elle est amputée de plusieurs hockeyeurs de grand talent. En raison du monopole de la Ligue nationale sur la Série du siècle, les joueurs de l’Association mondiale ne peuvent y participer. Nos archives montrent Pierre Elliott Trudeau qui dit avoir fait pression pour que Bobby Hull puisse se joindre à l’équipe. Hélas, ce télégramme du premier ministre à Hockey Canada ne permettra pas à l'attaquant vedette de sauter sur la glace contre les Soviétiques.

    Richard Garneau, Jean-Maurice Bailly, René Lecavalier et Lionel Duval, en discussion.Émission spéciale sur la Série du siècle réunissant les journalistes Richard Garneau, Jean-Maurice Bailly, René Lecavalier et Lionel Duval Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada couvre tous les matchs en direct tandis que la série tourne au drame national. Dès le premier match, les Soviétiques imposent leur jeu et infligent une cuisante défaite aux Canadiens. Une humiliation suivie de deux autres défaites, d’une victoire d'Équipe Canada et d’un match nul. Cette lutte serrée ne fait qu’alimenter la ferveur du public. Ils sont de plus en plus nombreux à suivre la Série du siècle, qui s’étale sur un mois.

    Le 28 septembre 1972, près de la moitié de la population canadienne est rivée à son petit écran pour regarder le match décisif. Sur place, l’équipe de journalistes sportifs de Radio-Canada peine à réaliser l’ampleur qu’a prise l’événement. Dans notre montage d’archives, vous verrez Richard Garneau, Jean-Maurice Bailly, René Lecavalier et Lionel Duval qui discutent de cet engouement-surprise.

    Le huitième et dernier match est diffusé en après-midi au Canada. Que ce soit à la maison, au bureau ou dans les bars, les Canadiens cessent toutes leurs activités pour être témoins de ce moment d’anthologie. D’un océan à l’autre, la victoire de l’équipe canadienne aura l’effet d’un tremblement de terre. Quelques jours plus tard, les joueurs d’Équipe Canada sont accueillis en héros.

    Le 1er octobre 1972, les joueurs d’Équipe Canada sont accueillis en héros à l’aéroport de Dorval. Dans cette émission spéciale improvisée (dont nous vous proposons un montage), on sent toute l’exaltation du moment. Les commentateurs sportifs Lionel Duval et Jean-Maurice Bailly trépignent d’impatience en attendant que l’avion qui ramène les joueurs d’Équipe Canada se pose. Parmi la foule de journalistes et de partisans qui s’entassent directement sur le tarmac, il règne une confusion complète.

    Après 13 heures de vol, les journalistes René Lecavalier et Richard Garneau sont les premiers à sortir du DC-8 d’Air Canada. Suivront ensuite, acclamés par plus de 20 000 partisans, Serge Savard, Phil Esposito, Paul Henderson, Rodrigue Gilbert, Yvan Cournoyer et les autres membres de l’équipe canadienne de hockey. En pleine campagne électorale, Pierre Elliott Trudeau ne manque pas de monter à bord du camion pour célébrer avec l’équipe.

    Les joueurs rentrent à la maison après avoir réussi à remporter les trois dernières parties de la série en territoire soviétique. Ils se préparent à défiler. Dorénavant, on demandera : où étiez-vous lorsque Paul Henderson a marqué son but? Ce but dramatique comme les mille autres rebondissements feront de la Série du siècle l’un des plus grands événements sportifs de l’histoire.

    Quelques anecdotes sur la Série du siècle

    • Avant la série, des éclaireurs soviétiques assistent à tous les entraînements d’Équipe Canada. Les Canadiens n’en font pas autant. Ils se contentent d’observer une seule session d’entraînement et un match préparatoire. Même si les deux éclaireurs des Maple Leafs de Toronto remarquent leurs habilités, les Soviétiques camouflent leur jeu et laissent croire qu’ils ne sont pas à la hauteur.
    • Le plus important match de l’histoire a bien failli ne jamais avoir lieu. Un différend sur le choix de l’arbitre est réglé au tout dernier moment. Les Canadiens refusent de voir la rencontre être arbitrée par les deux arbitres ouest-allemands, qu’ils jugent favorables aux Soviétiques. Ils sont prêts à boycotter le match. Finalement, grâce à l’intervention des diplomates, chacune des équipes choisit son arbitre.
    • Lors du huitième match, Alan Eagleson, l’un des organisateurs de cette série, se couvre de ridicule. Quand le Canada marque son cinquième but, la lumière rouge ne s’allume pas. Il est persuadé que les Soviétiques refusent le but. Fou de rage, il doit être maîtrisé par deux militaires. Des membres de la délégation canadienne viennent le tirer d'embarras. En traversant la patinoire pour rejoindre le banc d’Équipe Canada, il tend le doigt d’honneur.
    • Selon un sondage de La Presse canadienne, Nouvelles Télé-Radio (NTR)/Canadian Press et Broadcast News, le but historique de Paul Henderson s’est classé au huitième rang des plus importantes nouvelles du 20e siècle au Canada. L’événement devance l’élection du Parti québécois et l’entrée de Terre-Neuve dans la Confédération.
    • Lors de la descente de l’avion, quelques joueurs de l’équipe initiale manquent à l’appel. Après le cinquième match, insatisfaits de leur utilisation, Vic Hadfield, Richard Martin et Jocelyn Guevremont claquent la porte du vestiaire et retournent à la maison. Deux jours plus tard, Gilbert Perreault déserte lui aussi.
    • La rondelle du but gagnant de Paul Henderson est portée disparue. Les images vidéo du dernier match montrent que c’est le défenseur Pat Stapleton qui l’a ramassée. Or, ce dernier jure l’avoir refilée à son coéquipier Bill White, qui nie tout. Le mystère s’obscurcit lorsque Stapleton, qui réside à Strathroy, en Ontario, affirme qu’il détient toujours la rondelle, mais que ses petits-enfants s’en sont servi pour jouer au hockey dans la rue… Le fameux disque de caoutchouc peut donc se trouver dans n’importe quelle entrée de garage entre Strathroy et Toronto!
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