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Petits écureuils, gros dégâts

Les écureuils semblent faire de plus en plus de dégâts à Montréal. Photo: Radio-Canada / Martin Thibault
Radio-Canada

Ils font la joie de certains, ils sont même un symbole de Montréal, les écureuils font partie du paysage urbain. Mais ces rongeurs peuvent être passablement nuisibles lorsqu'ils s'attaquent par exemple au filage des moteurs de voiture ou aux structures des maisons. Et il semble que ces petites bêtes font de plus en plus de dégâts.

Un texte de Jean-Sébastien Cloutier

Tout a commencé quand le voyant « Check engine » de sa voiture neuve s'est allumé. Francine Paradis a pris rendez-vous avec son concessionnaire. En s'y rendant le lendemain matin, elle a constaté que quatre voyants étaient allumés. À l'ouverture du capot, le mécanicien a eu un choc : « Oh my God! Viens voir ça! » lui a-t-il crié.

Des débris de laine isolante et des fils coupésLes écureuils ont notamment rongé les fils et mangé la laine isolante dans la voiture neuve de Francine Paradis. Photo : Francine Paradis

Un écureuil s'était amusé. Laine isolante mangée, enveloppes des fils électriques rongées; pas étonnant qu'il y ait eu des courts-circuits. Il a fallu refaire tout le filage. Francine Paradis en a eu pour 9000 $ de réparations, une facture payée par ses assurances.

J'étais complètement paranoïaque parce que l'expert en assurances a dit à mon conseiller : "Tu diras à ta cliente qu'elle fasse attention parce qu'on a eu ça avec un autre client, et les écureuils ont fait la même chose avec la voiture de location!"

Francine Paradis

Francine Paradis constate qu’il y a de plus en plus d’écureuils dans son quartier, Notre-Dame-de-Grâce. Se faire manger ses tomates, passe encore, mais là, c'est trop, dit-elle.

Francine ParadisFrancine Paradis Photo : Radio-Canada

Elle estime que Montréal devrait parfois autoriser l'élimination d'écureuils dans certains quartiers. « C'est déjà une peste et c'était déjà problématique. Mais là, quand ils sont rendus à faire des dégâts comme ça, je pense que la Ville devrait peut-être donner des permissions quand il y en a trop. »

Des plaintes par dizaines

Patrick Durocher vient en aide à ceux qui veulent se débarrasser d'animaux nuisibles. Il n'est pas surpris par la mésaventure de Francine Paradis.

C'est probablement l'huile d'industrie qu'ils mettent sur ces fils qui les attire. Mais des fois, ils vont seulement les gruger comme ça, pour absolument rien. J'ai une résidence à Laval où ils ont causé 15 000 $ de dommages en ayant dénudé tous les fils de la maison comme ça.

Patrick Durocher, propriétaire de Déprédateur Urbain
Patrick Durocher, propriétaire Déprédateur UrbainPatrick Durocher, propriétaire Déprédateur Urbain Photo : Radio-Canada

Selon lui, il y a de plus en plus d'écureuils, et les problèmes qu'ils causent aux propriétés sont de plus en plus nombreux. « J'ai environ 10 appels par semaine pour les écureuils. C’est beaucoup plus qu'avant. Les appels sont reliés surtout aux entrées de structures. Les écureuils créent des dommages aux résidences en grugeant la structure littéralement des maisons. »

Lorsqu'un client l'appelle, la plupart de ses interventions visent à boucher des accès à certaines parties de la résidence à l'aide de grillages métalliques.

Plus d'écureuils?

Qu'arrive-t-il donc avec nos écureuils? Vétérinaire au Biodôme, Jacques Dancosse les a beaucoup étudiés. Selon lui, il n'y a pas de surpopulation d'écureuils à Montréal, mais certains facteurs comme le réchauffement climatique pourraient expliquer qu'ils soient plus nombreux.

« Normalement à Montréal avec notre climat, la femelle écureuil gris, qui a à peu près quatre à cinq bébés par année dans une portée, peut faire une deuxième nichée. Vous savez, l'automne, il fait tellement beau maintenant que cette deuxième nichée d'écureuils peut survivre », explique le vétérinaire.

Jacques DancosseJacques Dancosse, vétérinaire au Biodôme Photo : Radio-Canada

Il ajoute que la quasi-absence de prédateurs en milieu urbain et le fait que les résidents les nourrissent contribuent à leur survie, à les rendre plus forts et aussi moins farouches.

Interdiction de tuer un écureuil au Québec

Le site Internet de la Ville de Montréal rappelle la loi en vigueur au Québec (loi provinciale sur la conservation et la mise en valeur de la faune) : « Une personne ne peut tuer ou capturer un animal qui endommage ses biens s'il lui est possible de simplement l'empêcher de nuire en le privant de son terrier et de ses sources de nourriture ».

On y ajoute que si la situation devient intolérable et que les méthodes préventives sont inefficaces, il est alors possible d'avoir recours aux méthodes de contrôle. Ces méthodes impliquent généralement la capture de l'animal, qui doit être relâché plus loin.

Société