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Université franco-ontarienne : miser sur le rayonnement de Toronto pour attirer des professeurs

Un professeur avec des étudiants assis derrière leur ordinateur
Un professeur dans une salle de classe Photo: Escola Espai
Radio-Canada

La future Université franco-ontarienne (UFO) devrait accueillir ses premiers étudiants en 2020 et prévoit avoir embauché près de 20 professeurs d'ici là. D'où vont venir ces professeurs et comment les attirer dans une université à ses débuts?

Un texte de Camille Feireisen

« D'où vont-ils venir? De partout! » assure l'ex-commissaire aux langues officielles Dyane Adam.

Elle dit ne pas être inquiète quant à l'embauche de professeurs francophones qualifiés d'ici l'ouverture de l'UFO. Elle a même déjà reçu des candidatures et des avis d'intérêt, ajoute-t-elle.

« Nous avons beaucoup de professeurs universitaires de langue française à Toronto, mais également des personnes qui n'ont pas de postes, parce que les universités n'embauchent pas nécessairement. Nous avons aussi reçu des offres de gens intéressés du reste de l'Ontario et du Québec », précise-t-elle.

Les embauches se feront également à l'étranger, car l'intérêt est bel et bien là, assure Mme Adam.

De son côté, Solange Belluz, directrice des relations gouvernementales, institutionnelles et internationales du Collège universitaire Glendon de l'Université York, rappelle que l'embauche de professeurs francophones qualifiés amène son lot de défis.

À commencer par attirer des professeurs dans une université qui n'en est qu'à ses débuts.

« Ça va dépendre de quel type de rémunération ils vont offrir aux professeurs, de l'environnement, mais aussi du plan de carrière, quelles possibilités ont-ils, au niveau de la recherche par exemple, s'il y a un fonds, etc. », souligne-t-elle.

Un autre défi de taille concerne davantage le niveau de qualification, selon elle.

Un des gros défis pour cette université sera de trouver l'équilibre entre les compétences linguistiques et les compétences de disciplines.

Solange Belluz, directrice des relations gouvernementales, institutionnelles et internationales du Collège universitaire Glendon de l'Université York

Car ce n'est pas tout d'avoir suivi une formation, enseigner dans la langue de Molière peut également s'avérer compliqué, rappelle-t-elle. « Ce n'est pas facile d'enseigner en français, surtout si on a fait ses études ou son doctorat en anglais », indique-t-elle.

Cela va donc beaucoup dépendre des programmes universitaires et spécialisations qui seront enseignés, d'après Mme Belluz.

Les premiers programmes seront multidisciplinaires et porteront sur les thèmes suivants : « pluralité humaine, environnements urbains, économie mondialisée et cultures numériques ». L'éducation et le droit ont été évoqués, mais les détails viendront plus tard.

Les qualifications n'inquiètent toutefois pas Mme Adam, qui estime que les ressources sont présentes à Toronto, notamment avec l'arrivée d'immigrants. « On va avoir d'autres défis que peut-être d'autres régions n'ont pas, mais c'est celui qui m'inquiète le moins », plaisante-t-elle.

Projections du nombre de membres du corps professoral Photo : Radio-Canada/Rapport pour une université de langue française en OntarioProjections du nombre de membres du corps professoral Photo : Radio-Canada/Rapport pour une université de langue française en Ontario Photo : Radio-Canada

Des professeurs débutants franco-ontariens

L'UFO pourrait en revanche constituer un vivier intéressant pour les jeunes professeurs franco-ontariens, accompagnés de mentors des universités partenaires, comme celle d'Ottawa ou de Ryerson, d'après Mme Belluz.

Il faudra toutefois une figure de proue pour porter le projet. « Cela prend du leadership, car les professeurs acceptent de joindre une équipe parce qu'ils croient en la vision du doyen », conclut-elle.

Étapes :

  • 2018-2020 : démarrage du projet d'université, formation d'un conseil des gouverneurs, embauche d'une dizaine de professeurs
  • 2020-2021 : accueil des premiers étudiants
  • 2028-2029 : la nouvelle université atteindrait sa maturité et pourrait former un réseau provincial grâce à des partenariats avec d'autres établissements d'études postsecondaires

Selon les estimations du conseil de planification, l'UFO devrait compter sur 102 professeurs pour 2000 étudiants d'ici 2029.

Toronto

Éducation