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La dépression post-partum liée au suicide de dizaines de mères

Une jeune femme assise dans les marches d'un escalier, recroquevillée sur elle-même

Une femme déprimée.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une nouvelle étude sonne l'alarme au sujet de la question souvent taboue du suicide parmi les nouvelles mères, qui s'enlèvent la vie sept à huit mois après la naissance de leur enfant, soit bien après la période de quatre semaines généralement attribuée à la dépression post-partum.

Selon l'étude publiée dans le journal de l'Association médicale canadienne, de 1994 à 2008, la mort de 1 mère (incluant les femmes enceintes) sur 19 en Ontario était attribuable au suicide, pour un total de 51 décès. Parmi ces femmes, moins de 40 %étaient suivies pour un problème de santé mentale avant le drame.

L'étude évoque l'isolement et le manque d'accès à de l'aide psychologique comme causes potentielles de ces suicides. Simone Vigod, une chercheuse qui a participé à l’étude, demande à ce que les décideurs mettent davantage de ressources à disposition des femmes enceintes et des jeunes mères pour prévenir ces drames.

D'ailleurs, le taux de suicide parmi les jeunes mères du nord-ouest de l’Ontario était le plus élevé dans la province.

On en connaît peu sur l’ampleur réelle du problème au Canada ou sur les façons d’y remédier.

Étude
Photo de Claire Zlobin au parc.

La mère de famille Claire Zlobin.

Photo : Radio-Canada

Isolement

Claire Zlobin a fondé le réseau d’aide pour parents Life With A Baby. Les parents membres se rencontrent quelques fois par semaine pour faire des activités et ainsi briser l’isolement dans lequel beaucoup se sentent plongés après l’arrivée d’un bébé.

Mme Zlobin raconte qu’elle s’est sentie déprimée lorsque son époux est retourné au travail après la naissance de leur enfant en 2007, alors qu’ils avaient de surcroît déménagé de Toronto à la banlieue.

« Il n’y avait plus que moi et mon bébé à la maison. Je me sentais isolée et anxieuse, en tant que mère pour la première fois, qui ne savait pas trop ce qu’elle faisait », dit-elle.

Patricia Tomasi, une bénévole de l’organisme, a vécu deux dépressions postnatales. Après la naissance de son premier enfant, elle a tardé plusieurs mois avant d’aller chercher de l’aide parce qu’elle n’était pas suffisamment informée sur ce trouble de santé mentale.

Je pleurais de façon incontrôlable. J’étais fatiguée, je faisais des crises de panique et j’étais constamment anxieuse.

Patricia Tomasi, bénévole pour Life With a Baby

Comment prévenir des drames

Dr Simone Vigod rappelle qu'il est important de signaler à son médecin tout historique de problème de santé mentale parce que ces femmes sont plus susceptibles de développer une dépression post-partum que les autres.

Si vous vous sentez submergée, triste ou anxieuse, allez consulter un médecin parce qu’il existe un traitement efficace.

Patricia Tomasi, bénévole pour Life With a Baby

Patricia Tomasi recommande notamment de s’assurer que le partenaire soit bien informé des symptômes de la dépression post-partum : « Il est difficile de reconnaître que quelque chose ne va pas quand vous êtes en pleine dépression. »

Les hôpitaux Mount Sinai et Sunnybrook à Toronto offrent également des programmes pour les mères ayant besoin d’aide.

Toronto

Société