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Entre trahison et fierté, 141 ans plus tard, le traité numéro 6 toujours d'actualité

Catherine Lemire.

La Fransaskoise Catherine Lemire dit que le traité numéro 6 est toujours d'actualité.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

C'est avec fierté que la Fransaskoise et Autochtone Catherine Lemire a appris que son aïeul, Tahwahpiskeekahppow, a été l'un des signataires du traité numéro 6, qui fête ses 141 ans.

Un texte d'Omayra Issa

C'était un conseiller du chef Red Pheasant, qui a donné le nom à la Première Nation homonyme, située à une centaine de kilomètres au nord de Saskatoon. La mère de Catherine Lemire a retrouvé une copie du traité numéro 6 sur lequel figurent le nom et la signature de son ancêtre.

« On peut voir qu'il y a des conseillers associés à chaque chef. On peut voir le nom de mon ancêtre listé, et son nom est Tahwahpiskeekahppow, qui signifie "homme entre deux montagnes". On voit qu'il a marqué un "X" à côté de son nom comme tous les autres Autochtones qui ont signé ce document », affirme Mme Lemire.

Le traité a été signé près de Carlton et près de Fort Pitt, respectivement le 23 août et le 9 septembre 1876.

Je suis fière de mes racines, j’habite ce vaste territoire. [La signature de mon ancêtre] me donne un lien fort à ce vaste territoire qui a toujours été ma maison et mon chez-moi.

Catherine Lemire, descendante d'un signataire du traité numéro 6

Un traité toujours actuel

La signature de Tahwahpiskeekahppow. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tahwahpiskeekahppow était un des quatre conseillers du chef Peeyahnkahnihkoosit (Red Phesant) qui ont signé le traité numéro 6 au nom de leur communauté.

Photo : Radio-Canada

Le traité numéro 6, négocié pendant la période difficile du déclin des bisons, entre la Couronne britannique et les Cris des plaines couvre une partie de la Saskatchewan et de l’Alberta. Il prévoit notamment une couverture des soins de santé pour les Autochtones.

« Je suis une personne qui a des droits grâce à ce traité », rappelle Catherine Lemire. Elle souligne que le partage des terres prévu dans l’entente reste toujours d’actualité.

La jeune femme, qui habite toujours sur le territoire du traité numéro 6, souhaite que les Canadiens soient mieux informés « sur les implications des traités ».

Trahison et douleur

Le directeur du Bureau du commissaire aux traités de la Saskatchewan estime que le gouvernement canadien a trahi l’esprit des traités.

Harry Lafond, dont l’arrière-grand-père a lui-même signé le traité numéro 6 au nom de la Première Nation crie de Muskeg Lake, estime que le contexte dans lequel les ententes ont été signées était en soi « problématique », puisqu’il portait une « vision du monde basée sur la domination des peuples autochtones », dit-il.

« Lorsqu’ils ont introduit la Loi sur les Indiens dans le Parlement canadien en 1876, les Canadiens ont automatiquement miné les ententes qu’ils signaient à Fort Carlton et à Fort Pitt. »

D’après M. Lafond, ceux qui ont signé le traité numéro 6 croyaient en la bonne foi de leurs partenaires, qui n’ont pas respecté leurs promesses en mettant en place la Loi.

Harry Lafond.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Harry Lafond, directeur du Bureau du commissaire aux traités.

Photo : Radio-Canada

Nous sommes confrontés à une trahison qui fait mal depuis 141 ans.

Harry Lafond, directeur du Burreau du commissaire aux traités

Selon M. Lafond, l’avenir des relations entre le Canada et les Premières Nations repose sur le respect des traités.

 

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