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Mme Poulet, M. Chaudron… D’où viennent les noms de famille liés à l’alimentation?

Une femme tient son arbre généalogique

L'origine des noms de famille s'explique par des recherches généalogiques.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2017 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils s'appellent M. Tarte, Mme Couteau, M. Chaudron ou Mme Poulet. Des noms de famille réels qui ont permis à leurs détenteurs de développer un bon sens de l'humour. D'où viennent ces patronymes? Radio-Canada a posé la question à une généalogiste.

Un texte de Cécile Gladel

L’émission On n’est pas sorti de l’auberge d'ICI Radio-Canada Première a reçu des citoyens qui portent des noms de famille liés au domaine culinaire. Une situation qui a donné lieu à de multiples anecdotes. Écoutez leur entrevue.

L’origine de ces patronymes plus ou moins répandus est multiple et varie au fil des siècles.

« On ne peut pas déterminer d’après un nom quelle est son origine. Il faut remonter la lignée. L’origine est parfois associée à l’activité [de la première personne de la lignée], mais pas toujours. Le premier Meunier au Québec est une déformation phonétique, pas un homme qui exerçait le métier de meunier », précise la coordonnatrice de la Société généalogique canadienne-française, Dominique Ritchot.

Un métier, une caractéristique physique, un instrument lié au métier, une transformation orthographique ou la décision fantasque du capitaine d’une compagnie militaire peut expliquer pourquoi quelqu’un s’appelle Cognac, Poulet, Couteau ou Laframboise.

Un tableau illustrant l'alimentation lors des jours dit maigre.
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Menu de maigre et ustensiles de cuisine, 1731

Photo : Art Resource, NY / Erich Lessing

« Il se peut aussi que ça soit une déformation en écrivant le nom ou une adaptation pour se fondre dans la population. En France, il y a une grande variété de noms de famille qui se prononcent différemment. Il y avait beaucoup de patois à l’époque de l’immigration au Québec », explique la généalogiste Suzanne Galaise.

De nombreux Québécois sont aussi des descendants de militaires français qui ont immigré et qui portaient des surnoms de guerre qu’ils ont gardés.

« Quand le capitaine de la compagnie décidait que tous les soldats allaient porter des noms de fleurs, des noms liés à la ville d’origine ou des noms d’aliments, c’est ainsi que les surnoms supplantaient les patronymes »

— Une citation de  Dominique Ritchot

Ainsi, le patriarche de la famille Laframboise était un militaire dont le surnom a été transmis à ses descendants.

Une normalisation tardive des noms de famille

La détermination des noms de famille s’est faite progressivement au fil des siècles et ne s’est stabilisée qu’à la fin du 19e siècle. Les surnoms sont aussi devenus les noms.

« On a des noms liés au métier que les personnes exerçaient, ou parfois aux animaux qu’elles élevaient. Il y a les familles Cauchon, Leboeuf, Levacher, Canard, Poisson, Poirier »

— Une citation de  Suzanne Galaise

Elle ajoute que certains noms peuvent aussi être des traductions de l’amérindien.

L’orthographe des noms modifiée

Le nom de famille Poulet est plutôt rare au Québec. Il peut venir d’une immigration récente ou d’une déformation patronymique. Un Paulet (le jeune Paul ou le petit Paul) est devenu Poulet ou Poulette.

Même scénario pour le nom Boulette, qui s’est transformé à partir des noms Boulay ou Boulé. « Il se peut que ce nom descende du nom Boulet ou non, car les noms se transforment avec des écritures différentes. Ça dépend aussi comment les gens le prononçaient et le transcrivaient », précise Dominique Ritchot.

Autre exemple avec le nom de famille Pruneau, qui est plus commun. Selon les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec de 2006, ce nom de famille est au 833e rang des 5000 noms les plus utilisés au Québec. Le premier portant ce patronyme au Québec était Jean Pruneau, arrivé de Limoges, en France, en 1691.

Le certificat de mariage de Jean Pruneau qui se marie avec Suzanne Aymond Emond le 25 mai 1691 à St-François-de-Sales,Argentenay, Ile St-Laurent aujourd'hui St-Fançois,Ile D'Orléans
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Le certificat de mariage de Jean Pruneau qui se marie avec Suzanne Aymond Emond le 25 mai 1691 à St-François-de-Sales,Argentenay, Ile St-Laurent aujourd'hui St-Fançois,Ile D'Orléans

Photo : Archives famille Pruneau

L’origine du nom en France peut être diverse. « Ça peut être un sobriquet. L’étymologie ou l’objet ne déterminent pas l’origine du nom. Ça peut aussi être Bruneau qui a changé. Peut-être qu’il vient d’Agen [en référence aux pruneaux d’Agen] ou qu’il était noir comme un pruneau. Les caractéristiques physiques servaient aussi à nommer les gens », soutient Dominique Ritchot.

Certains noms peuvent aussi être des traductions de patronymes en langue étrangère. Des noms germaniques ont ainsi été changés et francisés pour de simples raisons de compréhension ou d’assimilation.

L’origine de quelques patronymes

-Le patronyme Cognac peut être un surnom associé à l'origine militaire du migrant qui l'a transmis à ses descendants. Il se peut qu'il fasse référence à la ville française de Cognac, en Charente-Maritime. Les patronymes associés sont Colgac, Gladu, Lajeunesse et Léveillé.

-Le patronyme Poulet pourrait être une variation du patronyme Paulet, dont le pionnier, Antoine Paulet, marié à Suzanne Miville en 1655 à Québec, est natif de Dieppe, en Charente-Maritime. Il y a aussi un ecclésiastique, Guillaume Poulet, prêtre bénédictin réfugié en Nouvelle-France entre 1714 et 1718.

-Le pionnier Jean Couteau, originaire de Pons, en Charente-Maritime, marié en 1730 à Québec avec Marie-Josephte Dupuis, écrivait son nom Coutant ou Coutault. Son patronyme s'est éteint, car il n'a pas eu de descendants mâles.

-Le patronyme Boulette pourrait dériver de Boulay, dont l'ancêtre commun, Robert Boulay, marié avant 1658 avec Françoise Grenier, est originaire de Loisé en Perche (Orne).

Source : Dominique Ritchot, Société généalogique canadienne-française

Quelques noms et leur surnom associé au Québec : Cazault dit Bacon, Ricard dit Fleurdorange, Michelon dit Lorange, Fournaise dit Laboucane, Devoyau dit Laframboise, Charpentier dit Lagiroflée, Tessier dit Lavigne, Renaud dit Deslauriers, Besner dit Prêtàboire.
Source : Suzanne Galaise

Des noms famille liés à l’alimentation (Canada 411, cette liste comporte des noms prononcés et portés par des anglophones partout au Canada)

-Poulette
-Poisson
-Chou
-Boire
-Tarte
-Orange
-Radis
-Boudin
-Mouton
-Hamburger
-Coke
-Soda
-Café
-Pita
-Biscotti

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