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Photographie du chef de police avec les Soldats d'Odin : des experts commentent

Le chef de police du Grand Sudbury, Paul Pederson, avec des membres des Soldats d'Odin.

Le chef de police du Grand Sudbury, Paul Pederson, avec des membres des Soldats d'Odin.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Alors que certaines personnes applaudissent la prompte réponse du chef de la police du Grand Sudbury, qui a été critiqué pour s'être fait photographier avec les Soldats d'Odin, d'autres s'inquiètent de la présence de ce groupe d'extrême droite dans la capitale du nickel.

Le président du Collège des Fellows de la Société canadienne des relations publiques, Daniel Granger, croit que la réponse du chef de police a été efficace. Il ajoute que sa déclaration semblait sentie.

Je pense que son attitude et le fait qu’il a immédiatement dit qu’il aurait dû être plus vigilant étaient bons. Il n’a pas cherché à blâmer qui que ce soit. Je suis certain qu’il était vigilant auparavant, et qu’il le sera même plus dorénavant.

Daniel Granger, président du Collège des Fellows de la Société canadienne des relations publiques

L'expert insiste sur l'importance de gérer ces situations rapidement avec la rapidité de transmission du matériel sur les réseaux sociaux. 

Raison d'être soucieux, selon un expert

Les Soldats d’Odin ont fait leur première apparition au Canada en mars 2016 à Gimli, au Manitoba, une ville avec un héritage islandais important, explique Yannick Veilleux-Lepage, du Centre pour l’étude du terrorisme et de la violence politique à l’Université St-Andrews en Écosse.

Il explique que le groupe a été fondé par le finlandais Mika Ranta, en 2015. L’idéologie du groupe s’est rapidement répandue en ligne.

Il ajoute que les Soldats d’Odin au Québec semblent se rapprocher davantage de l’idéologie originale du mouvement qu’ailleurs au pays.

Au Canada, le groupe semble plutôt concentré sur la participation dans de divers oeuvres de charité, mais son nom soulève quand même des questions au sein des autorités et des communautés à cause des liens avec le groupe finlandais.

Yannick Veilleux-Lepage, du Centre pour l'étude du terrorisme et la violence politique à l'Université St Andrews

« Leurs pages Facebook, par exemple, sont toutefois remplies de propagande anti-musulmane et anti-immigrante, et on y retrouve toutes sortes de nouvelles douteuses portant sur les crimes supposément perpétrés par ces groupes minoritaires », souligne M. Veilleux-Lepage.

Le groupe sudburois justifie son nom

Le groupe sudburois affilié aux Soldats d'Odin assure qu'il ne partage plus l'idéologie du mouvement. La secrétaire pour les sections de l’Ontario et de Sudbury des Soldats d’Odin, Bobbi Wicklander, explique que leur mission consiste à ramasser des seringues souillées et à faire du bénévolat pour des organismes à but non lucratif.

« On est un groupe d’appui communautaire qui aide les personnes de tous les milieux. On aide avec les soupes populaires, des oeuvres de charité, et on fait des cueillettes de fonds pour aider les familles qui ont été victimes d’incendies, par exemple », dit Mme Wicklander.

Ce qui nous préoccupe, c’est le Canada. On appuie tous les Canadiens, peu importe leur race.

Bobbi Wicklander, secrétaire des Soldats d'Odin de Sudbury

La section sudburoise des Soldats d'Odin a déjà songé à changer son nom. « Au début, on était associés avec eux, mais on n’a pas les mêmes croyances et on n’est plus associés avec le groupe original », assure Mme Wicklander.

On avait sondé nos membres pour demander s’ils voulaient changer le nom, mais ils ont décidé de le garder parce qu’on avait déjà réussi à faire tellement de bien dans des communautés comme Sudbury avec ce nom. Ce serait difficile de retourner à la case zéro.

Bobbi Wicklander, secrétaire des Soldats d'Odin de Sudbury

Elle dit que la faction sudburoise circule en groupe pour des raisons de sécurité. Elle ajoute qu’elle reçoit souvent des commentaires des passants lorsqu’elle marche dans la rue en portant son manteau des Soldats d’Odin.

« Je comprends pourquoi ça arrive. Les gens me regardent de travers, mais il faut apprendre à vivre avec ça quand tu sais que ce que tu fais est positif. Je ne peux pas changer leur perception. Tout le monde a le droit à son opinion », dit Mme Wicklander.

Avec des informations d’Olivia Stefanovich

Nord de l'Ontario

Société