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Yoann Damet, de l'Impact aux portes d'une finale à Cincinnati

L'entraîneur-chef du FC Cincinnati Yoann Damet (au centre)

Photo : FC Cincinnati/Facebook

Radio-Canada

Le Rocket de Laval ne pourra jamais se frotter aux Islanders de New York en demi-finale d'une compétition. Mais les coupes, au soccer, permettent à David d'affronter Goliath. Le FC Cincinnati, en Coupe des États-Unis, a même terrassé quelques géants. Trois anciens de l'Impact de Montréal ont vécu cette aventure, dont l'entraîneur adjoint Yoann Damet.

Un texte d’Olivier Tremblay

Cette U.S Open Cup, comme on l’appelle là-bas, en est à sa 104e édition. Les équipes de la MLS y participent, mais elles peuvent croiser des clubs de la USL et de la NASL, en deuxième division, et même des formations amateurs.

Au fil de son parcours, le FC Cincinnati, qui évolue en USL, a battu deux équipes de la MLS, le Crew de Columbus et le Fire de Chicago. Mieux encore, Cincinnati n’a accordé un premier but qu’en demi-finale, dans une défaite de 3-2 en prolongation contre les Red Bulls de New York.

Aucune équipe des divisions inférieures à la MLS n’avait atteint ce stade de la compétition en six ans. Il faut remonter à 1999 pour trouver un gagnant issu du deuxième échelon du soccer nord-américain : les Raging Rhinos de Rochester, dont l’effectif, pour l’anecdote, comprenait un certain Mauro Biello.

C’est dire l’ampleur de l’exploit qui a rassemblé toute une ville autour du club. À sa deuxième saison d’existence, il a tout de même attiré plus de 30 000 spectateurs à trois de ses six matchs de Coupe des États-Unis.

Ce n’est pas pour vivre de telles émotions que Yoann Damet est devenu l’adjoint d’Alan Koch en USL. Mais c’est certainement un beau cadeau.

« L’engouement est énorme dans la collectivité à Cincinnati, souligne Damet, rencontré vendredi à l’occasion d’une rare visite au centre d’entraînement de l’Impact. Comment est-ce arrivé dans cette ville-là? C’est dur de le dire. Mais le soutien des partisans est incroyable. On sent une reconnaissance envers nous pour nos résultats. Il y avait encore 20 000 personnes [mercredi] contre Ottawa. »

C’est le projet sportif qui anime le jeune technicien. Il s’est joint à un club ambitieux qui tient cependant à ne pas prendre de raccourci pour croître. C’est en quelque sorte l’histoire de la carrière de Damet aussi.

D’abord entraîneur dans les centres de formation d’équipes de sixième, quatrième et deuxième divisions en France, où il est né il y a 27 ans, Damet a migré vers l’académie de l’Impact en 2014.

Coordonnateur, préparateur physique, entraîneur, il a gravi les échelons jusqu’au poste de pilote de l’équipe U-18 du club.

Puis, au début de 2017, on lui a fait une offre difficile à refuser.

« Je ne suis pas du genre à faire de l’intérim ou du très court terme, lance Damet. J’aime quand il y a une vision, comme à Cincinnati. J’avais aussi la volonté de goûter au soccer professionnel. La USL est une ligue qui grandit, et on voit au quotidien que le niveau ne cesse de s’améliorer. »

Cincinnati rêve de MLS

Le parcours de sa troupe en Coupe lui donne assurément raison. Et s’il n’a jamais travaillé avec l’équipe première à Montréal, ses amitiés avec Jason Di Tullio, Wilfried Nancy et Yannick Girard, passés du personnel d’entraîneurs de l’académie à celui des professionnels ces dernières années, lui a permis de jauger la qualité de l’élite.

La grande différence entre les deux clubs, pour Damet, se situe dans les installations dont il dispose en Ohio.

« Vu de l’extérieur, le club est gros, mais les infrastructures sont très loin de ce qu’on trouve ici, reconnaît-il. C’est la différence entre la USL et la MLS. Personnellement, je vois aussi des différences dans mon quotidien pour ce qui est des relations humaines que j’ai maintenant et de celles que j’avais ici à l’académie. »

Damet n’est pas le seul ancien Montréalais à Cincinnati. Le défenseur Mélé Temguia et le milieu de terrain Marco Dominguez, qui ont joué au défunt FC Montréal, font partie de l’effectif qui tente actuellement de se tailler une place en séries de la USL.

Temguia et Dominguez, deux anciens de l'académie à Cincinnati

Qu’on soit en première ou en deuxième division, la pression des résultats demeure la même. En début d’année, le FC Cincinnati s’est juré d’obtenir une deuxième qualification de suite pour le tournoi d’après-saison.

Mais ce n’est là que l’objectif à court terme. Les ambitions du club sont autrement plus élevées, et celles de Yoann Damet y sont intimement liées. Il veut aider l’organisation à atteindre cette MLS dont elle rêve.

« Avec la Coupe, nous avons vécu quelque chose qui nous a démontré que nous étions capables d’obtenir des résultats contre n’importe quelle équipe, soutient Damet. Le club ne s’en cache pas : la MLS, c’est important. Il se donne les moyens de l’atteindre. Nous voulons construire un stade, un centre d’entraînement. Il faut s’implanter, petit à petit, à Cincinnati. »

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